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3 utilisateurs inconnus

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Auteur
 Sujet :

THEORIE DU PROJET URBAIN ? DE QUOI PARLE T'ON ?

 
n°1
di cinarca
Architecte et Rêveur!
Posté le 20-04-2002 à 00:52:45  profilanswer
 

Théorie du projet urbain ? De quoi parle t on ?
 
Les réflexions sur la ville principale développées ici le sont sans développement. Pourquoi ?  
Parce que ce thème est une foutaise qui s exprime par la langue de bois de technocrates cyniques et incompétents à penser la ville autrement qu en orchestrant frileusement les lobbies du complexe politico industriel.  
Seuls les Architectes peuvent éventuellement dessiner la ville, la dessiner seulement car se sont les groupements humains qui la font et la défont. N en déplaise aux urbanologues !  
Nous nous garderons donc de faire la démonstration de l absurdité d une telle entreprise. Sauf si en recourant à la rhétorique de « l inversion dialectique » nous ridiculisons la vanité de ce vocable abscons, gaget des conseillers frustrés du Ministère de l équipement : le projet urbain !  
 
Voici donc :  
 
La Théorie du projet urbain n aurait donc de sens que par l urbanité d un projet théorique qui projetterait d urbaniser la théorie ?  
Qu est le devenir des villes? Peut t on le savoir sans se demander en préalable quelles seront les villes du devenir ?  
Quelle est la ville de demain? Et si on se demandait quel est le demain de la ville ?  
Comment abordez-vous le projet urbain? Jamais sans aborder d abord l urbanité d un projet !  
 
Tout ce qui précède n était pas des images justes convenons en, mais justes des images pour en finir avec l inhumanité glacée de concepts inopérants qui s écroulent comme château de cartes devant l émotion procurée par la harmonie des lieux : tel que la Piazza dell Pallio de Sienne, le parc Guell de Gaudi, les beaux espaces publiques de la capitale du Punjab de le Corbusier, le grand erg occidental ;les exemples sont innombrables. Bref le « vide interne », dont parle Lao Tseu !  
 
Les principales réflexions sur la ville et son développement ne seront donc à notre avis jamais  
développées ici.

mood
Partenaire
Posté le 20-04-2002 à 00:52:45  profilanswer
 

n°2
AL
Respire le Grand aR !
Profil : Directeur
Posté le 20-04-2002 à 10:32:28  profilanswer
 

Par rapport à ce questionnement sur la ville sur lequel j'aimerais revenir plus tard, je me suis souvent posé la question "politique et architecture".
 
Alvar Aalto disait que l'architecture était un mélange savant de "ruins, ballustrades and politics" c'est à dire de ruines, de ballustrades et de politique, ce que moi même j'aime traduire par sensibilité, usage et fonctionnalité.
 
Il est aussi intéressant de considérer le rapport privilégié qu'ont eu des architectes dans l'aboutissement de leurs projets grâce au soutien politique. Le corbusier aurait il eu pu construire l'unité d'habitation de Marseille sans le soutien du ministre de la construction, Tony Garnier a t'il pu amorcer le quartier des états unis sans Hédouard Hérriot, on connaît aussi très bien les idées politiques de Oscar Niemeyer qui lui a permis de construire le siège du parti communiste, et je ne veux même pas revenir sur l'épisode du stade de France.
 
Les grands projets sont nécéssairement politiques, le projet urbain dans ce sens devient aussi politique.
Sur ce, j'aimerais vous exposer ensuite une réflexion que j'ai mené sur les outils du projet urbain et architectural.
 
@+

n°4
di cinarca
Architecte et Rêveur!
Posté le 05-05-2002 à 00:35:41  profilanswer
 

Lire ci dessous un article de Michèle Champenois publié dans Le Monde du  04.05.02  
 
 Christian de Portzamparc, l'art de la rue
 
L'auteur de la Cité de la musique milite pour une ville ordonnée et ouverte, où l'espace public est offert à tous en partage.  
Le Monde | 04.05.02  
 
Comme d'autres, le 1er mai, Christian de Portzamparc était dans la rue. La veille, au téléphone, quand on l'interroge sur "la ville, grande absente de la campagne", l'architecte a d'abord envie de ne pas se mettre en avant. Ce n'est pas crainte de s'engager ("Je m'étais prononcé pour Jospin" ) mais discrétion. "D'autres ont travaillé plus que moi, sur le terrain. Il y a des échecs, il y a des réussites. Longtemps, on a cru que la réhabilitation des quartiers difficiles serait la solution. On observe, et c'est un peu désespérant, que la forme urbaine ne peut pas tout... Pourtant..."
 
Rendez-vous est pris pour le 2 mai. Requinqué par le succès de la manifestation, Christian de Portzamparc nous reçoit dans son agence, sur les hauts du 14e arrondissement. Entre les maquettes et les projets (Rennes, Berlin, Luxembourg) et les peintures (les siennes, abstraites et colorées), il développe son approche de la ville, la réflexion qui l'a conduit à se démarquer et du dogme moderne et du retour à l'individualisme pavillonnaire. Il propose une troisième voie. La ville, Age III, combinaison harmonieuse d'urbanité et de densité, avec une continuité de la rue, et des respirations amples, des percées, des ouvertures, qui ménagent la surprise, ordonnent la diversité.
 
La ville, ses frontières invisibles, sa cartographie sociale, Christian de Portzamparc ne les oublie pas. Dans la maturité de ses trente ans de pratique, l'auteur de la Cité de la musique ne renonce ni à l'architecture ni à l'urbain. Ni à la forme libre des édifices qu'il module, des volumes qu'il modèle, et qui lui ont valu d'être le premier lauréat français du prix Pritzker, puis d'épater le Tout-Manhattan avec son immeuble-sculpture sur Madison Avenue. Ni aux projets urbains : il s'efface derrière les chantiers proposés à d'autres architectes, selon son plan d'ensemble. Comme dans le secteur Masséna à Paris, près de la Bibliothèque de France, ou à la porte d'Asnières, autour d'un parc. Son rôle est de donner existence à la rue, à la place. "On ne sait plus partager", dit-il en montrant les plans d'un ensemble à Montpellier, en bordure de la ville. "J'arrive, je vois des vignes, des oliviers, un paysage. Je veux garder cela, l'offrir aux futurs habitants. Au lieu de maisonnettes et de jardinets sur tout le terrain, je propose quelques petits immeubles, décalés pour dégager le paysage. En 1991, ça ne plaisait pas au promoteur ; aujourd'hui, il nous rappelle, il pense qu'il y a une demande."
 
Endurance, long terme. "Avec le privé, c'est impossible, il leur faut un retour sur investissement. Le rôle de la collectivité publique est essentiel.". Public-privé : une autre application concrète de cette distinction rejoint les préoccupations aiguës de l'époque. Comment améliorer le civisme, redonner aux habitants une responsabilité et une fierté du lieu où ils habitent ? "La leçon politique de cette élection, c'est que très rapidement, on perd le contact. Les syndicats, dans notre métier, ce sont les comités d'habitants. Nous en avons tous rencontré. Mais le dialogue est vite faussé : il y a ceux qui en sous-main font passer leur message gauche-droite, il y a ceux qui s'intéressent parce qu'ils ont le temps, et il y a ceux qui ne sont là que pour défendre le statu quo. Ceux que les Anglo-Saxons appellent les NIMA, not in my backyard, faites ce que vous voulez, mais pas chez moi.
 
 
"L'ARCHITECTURE NE PEUT PAS TOUT"
 
" Il faudrait comprendre ce que veulent dire ceux qui ont voté FN. Les sociologues connaissent bien ce phénomène : des gens habitent des pavillons, chacun pour soi, et qui voient, à côté, le grand ensemble, menaçant comme une invasion, et pour qui, croient-ils, la collectivité concentre tous les efforts." Alors que, justement, cette réhabilitation est indispensable, comme a pu l'expérimenter Portzamparc, rue Nationale, à Paris. La ville n'est pas apparue dans la campagne... Sans doute, dit-il, "parce que l'architecture et l'urbanisme ne font qu'amplifier la guerre des classes. Ils n'en sont pas la cause. Il faut se souvenir qu'à Harlem et dans certaines banlieues de Chicago, ce sont des quartiers fort bien conçus, harmonieux au départ, qui étaient devenus des ghettos délabrés. L'architecture ne peut pas tout".
 
Retour sur un XXe siècle qu'il faudrait comprendre pour le dépasser. "D'abord, le "big bang" urbain de la première après-guerre, dans toute l'Europe, un effet retard de la révolution industrielle. Les campagnes se vident, les agglomérations grandissent. On le voit aujourd'hui à Istanbul ou à Sao Paulo, 1 000 habitants de plus par jour. Dans les années 1950, la réponse de la construction industrialisée, entreprise prométhéenne de conquête de l'espace. Les architectes décrivent volontiers cela comme un phénomène qui aurait échappé à tout contrôle. Ce n'est pas vrai. On a voulu organiser la population, selon un mode de vie idéalisé, une certaine idée du confort, du progrès. Mais il y a un deuxième temps : la démographie se tasse, les grands efforts de la collectivité s'arrêtent, la planification est décriée. On déclare que les tours et les barres, c'est une parenthèse de cauchemar, qu'il faut la refermer. Qu'il faut refaire comme avant. On dessine de faux villages, des bastides, on organise une coexistence farouche. Et maintenant, on risque des ghettos de riches."
 
"Ce qui s'est passé, c'est qu'on a oublié la rue. Pendant deux mille ans, la ville, comme l'ont inventée les Grecs et que les Romains ont adoptée, a été bâtie par rapport à la rue, à la place, un espace public dessiné en premier, et préfigurant la forme du rassemblement humain. Ceux qui ont voulu tuer la "rue-corridor", dans les années 1925, avec Le Corbusier, grand architecte passionnant mais piètre urbaniste, avaient l'idée que le futur ne peut être que radical." Christian de Portzamparc veut la ville de l'Age III : règle commune, espace public ordonné et diversité architecturale. Des volumes harmonieux, des îlots ouverts, une distinction claire entre public et privé.
 
On lui demande des conférences, il est sollicité par des villes américaines qui le veulent comme chirurgien de leurs blessures et qu'il récuse, après quelques essais de confrontation avec la dureté des promoteurs à œillères. "Quand j'ai dit, Age III, ça a d'abord énervé. On m'a trouvé régressif. C'était dans les années 1980. Ce n'était pas une théorie. La forme urbaine s'exprime difficilement par le langage. Il faut la créer et parler ensuite. Il faut mettre un frein au libéralisme économique dans la construction, parce que le temps de la ville n'est pas celui du retour sur investissement tel que l'entendent les financiers. C'est un investissement, mais pour la cité, pour la mixité sociale, pour que chacun puisse être fier de dire où il habite."
 
Michèle Champenois
 
 
--------------------------------------------------------------------------------
 
Biographie
 
 
1944 : Naissance à Casablanca.
 
1975 : Ensemble de la rue des Hautes-Formes, Paris-13e.
 
1994 : Prix Pritzker d'architecture.
 
1999 : Immeuble de LVMH à New York.  
 
2002 : Chantier : ambassade de France à Berlin.

n°9
carlo sarn​o
Posté le 02-07-2002 à 20:38:46  profilanswer
 

L'architecte urbaniste peut affronter l'urbanisme par l'humilité.
L'urbaniste il faut raisonner comme un homme normal, ne pas comme un maitre absolu. L'urbaniste affronte la vie dans sa complexité , l'habiter collectif , pour le bien de tous les hommes.  
Est une mission difficile... l'important est de remplir son devoir.
 
Carlo

n°10
AL
Respire le Grand aR !
Profil : Directeur
Posté le 02-07-2002 à 23:43:25  profilanswer
 

L'architecte ne doit-il pas AUSSI suivre cette voie?

n°11
carlo sarn​o
Posté le 03-07-2002 à 20:58:30  profilanswer
 

Ciao Al,
 
parle-moi simplement de " aussi " ... pour comprendre mieux !
 
Cordialement, Carlo

n°12
AL
Respire le Grand aR !
Profil : Directeur
Posté le 04-07-2002 à 00:41:56  profilanswer
 

Citation :

L'urbaniste affronte la vie dans sa complexité , l'habiter collectif , pour le bien de tous les hommes.  
Est une mission difficile... l'important est de remplir son devoir.


 
 
L'architecte est nécessairement un bon urbaniste et un bon urbaniste devrait nécessairement être un bon architecte.
Je pense que l'architecte a réellement ce devoir à accomplir...Un projet avant d'être l'oeuvre d'un "artiste" est d'abord et avant tout la "mission" d'un architecte. L'architecte a ce devoir des créer des lieux : des lieux pour vivre, des lieux pour se rencontrer, des lieux pour voir, pour chanter : des lieux pour HABITER.
J'aime écrire ce mot en lettres capitales car il est, j'en suis convaincu l'essence même de l'architecture.
Que ce soit l'architecte, l'urbaniste, le paysan, le maçon...qu'importe...
 
Aujourd'hui, le programme est une donnée tellement forte et pesante que la notion d'HABITER a tendance à s'effacer.
Le Louvre n'était-il pas une "MAISON" avant d'être un "MUSEE"?
Mais le Louvre dans son essence ( les aROOTS!) est toujours d'être un HABITAT ...ses caractéristiques ont changé, il est passé d'un HABITAT privé à un HABITAT public..Demain qui sait ce sera un hotel...
 
ps : La forme qui suit la fonction...j'ai jamais compris... :roll:

n°13
carlo sarn​o
Posté le 05-07-2002 à 23:44:09  profilanswer
 

Merci Al pour la clarification,
 
lieux pour habiter ... bien...
mais pour bon habiter on doit savoir bon vivre !
 
L'architecture et l'urbanisme sont comme la vie,
si la vie est bon...l'architecture et l'urbanisme est bon!
 
La forme et la fonction suivent la vie. Je pense a Kevin Linch que dans le livre "Projeter la ville" parle de la qualité de la forme urbain.
 
D'accord! ... Le vrai projet urbain doit suivre la vie  :wink:  
 
Cordialement, Carlo

n°14
carlo sarn​o
Posté le 06-07-2002 à 16:29:08  profilanswer
 

Le vrai projet urbain doit suivre le vrai amour pour la vie
 
On doit projeter un lieux pour habiter avec amour
 
Maintenant est complet... bien!
 
Pardon Al...
Cordialement, Carlo

n°127
yacine ben​oit
Posté le 24-06-2003 à 17:02:24  profilanswer
 

Bonjour , pour ma part , j'ai apprécié l'article sur christian de portzemparque , je pense que ça critique du néolibéralisme est fondée, l'urbanisme ne peut pas se baser sur des données de production , ni sur la retabilité , bien qu'el en dépende d'un certain coté .Mai ma question est , qu'est-ce que la vrai vie , et le vrai amour ?que vous citez plus haut ?
Est'il possible d'éxercer sa profession d'architecte ou d'urbaniste en dehors des cadres de la rentabilité , pour justement apporter une qualité de vie plus humaine aux hommes ?

n°135
AL
Respire le Grand aR !
Profil : Directeur
Posté le 25-06-2003 à 22:09:48  profilanswer
 

C'est difficile en effet face aux enjeux politiques, économiques... Mais je pense que l'architecte a, comme je l'ai entendu dire de Vacchini, la volonté de faire des choses bien.  
Cette célèbre pharse de Mies " I don't want to be great, i want to be good" devrait résonner dans l'esprit de tous. Quand on ça dans la tête, non seulement le plaisir émerge, mais surtout la qualité en ressort grandement.
 
Faire de l'aRchitecture, c'est certes répondre à un tas de contraintes, mais c'est aussi un plaisir, et c'est peut être dans ce registre que notre travail se compare à celui de l'artiste, "nous voulons toujours faire des chefs-d'oeuvre!".

n°147
carlo sarn​o
Posté le 08-07-2003 à 15:44:46  profilanswer
 

Oui Yacine ... est notre devoir !!!  
 
La vrai vie de l'architecte  et le vrai amour est apporter une qualité de vie plus humaine aux hommes .  
Cela est la finalité de la profession !
 
Cordialement Carlo

n°148
DuD
Posté le 09-07-2003 à 19:18:15  profilanswer
 

qui détient la vérité???
 la qualité de vie..reste très subjective...  
je parlerai plus simplement de mise en oeuvre d un projet de 'cadre' (en 3d, voir plus) laissant la qualité de vie s exprimer 'librement', c est a dire par tous et dans l intéret de chacun, appropiation du quotidien par les comportements et les actions ayant pour essence et fin un sentiment d existence... une façon de dire ici j HABITE (speciale dedicace a AL) .. ici c est chez moi... et demain la bas sera chez moi aussi, puisque j observe, j pense (ou pas, c a d je SENS), et j agit déja en ce lieu par ces actions morales (spirituelles peut etre..).. et si j en ai l envie je peux m y exprimer par des moyens captables par tous, "accessibles et notables"... pensables .. ou en ts cas qui donnent a réagir, c est a dire a vivre??
 
  Bref ...

n°487
otilbap
Posté le 25-10-2004 à 22:33:50  profilanswer
 

Bonjour,
 
Al tu dit:

Citation :


L'architecte est nécessairement un bon urbaniste et un bon urbaniste devrait nécessairement être un bon architecte.


 
Je suis d'accord avec la deuxième partie de ta phrase, mais pour ce qui concerne la première, les contre exemples sont malheureusement trop fréquents...
 
Et je voudrai réagir à la question de yacine...

Citation :


Est'il possible d'éxercer sa profession d'architecte ou d'urbaniste en dehors des cadres de la rentabilité , pour justement apporter une qualité de vie plus humaine aux hommes ?


 
Le cadre de la rentabilité est une contrainte parmi d'autre (pos, plu, sécurité...)...tu sais que si tu laches une pomme, elle tombe... la gravité est elle aussi une contrainte! En revanche c'est une série de contraintes qui modèle le projet, mais je ne pense pas que ces paramètres seront l'essence de la "projettation", sinon ton architecture sera bien pauvre!
 
Il faut prendre en compte les réflexions des urbanistes, mais aussi celles des autres acteurs (ingénieurs, historiens, sociologues...) de la conception sans oublier que les espaces que l'architecte modèle ne seront plus les siens: N'OUBLIONS PAS LES USAGERS... sinon allez construire des pierres tombales ou...des sculptures que des super musées vous achèterons!
 
Trés belles idée (reformulée) de Loos: Une peinture peut plaire à tout le monde mais pas l'architecture...

n°491
carlo sarn​o
Posté le 30-10-2004 à 10:52:30  profilanswer
 

Cher Dud , pour moi la Vérité existe , in general , et in particulier aussi dans l'Architecture et l'Urbanistique :
Le vrai projet urbain doit suivre le vrai amour pour la vie ,
pour le dir avec Otilbap les vrai exigences des Usagers
On doit projeter un lieux pour habiter avec amour !!!
Cordialement , Carlo :wink:

n°492
mvdr
Posté le 30-10-2004 à 14:19:19  profilanswer
 

"ON DOIT PROJETER UN LIEU POUR VIVRE AVEC AMOUR"
 
OUI, ms on peut avoir le plus bel urbanisme, la plus belle reflexion , la mixite des sentiments de l homme fait qu il est difficile de definir la notion de VERITE  ds la conception d architecture ou d urbain...
moi , ce que je trouverai interressant c est de parler de la confrontation de l architecture avec l element vegetal comme element architectural a part entiere ,   pour donner un exemple y a qu a voir la maniere dont vive les berlinois , au rythme des saisons , alors qu aujourd hui on ne parle plus de vegetation que comme un decor.......................

n°494
alazen
Posté le 01-11-2004 à 02:26:52  profilanswer
 

tu as peut-etre raison mais jeudi dernier j ai vu un projet(contenant des bureaux),ou la lumiere était gérée par un mur d'ormes...en effet devant la facade du batiment, il y a des ormes qui en été filtrent la lumiere(et ammene une couleur verte assez etonnante  du reste...) et en hiver quant les feuilles sont tombées laisse apparaitre cette lumiere si particuliere qu'est la lumiere hivernale...et si j ai bien compris la vegetation est architecture dans ce projet! non?
bernard huet a dit:"en architecture la vérité est rarement exact"
et aussi:"la vérité est une affaire de croyance"....

n°534
-- Romain ​--
Posté le 18-11-2004 à 16:21:36  profilanswer
 

Il faut considerer l'economie comme une contrainte.
 
L'architecture, et l'urbanisme,pour moi, c'est créer de l'émotion, créer des espaces agréables, créer un abris ou l'on se sent bien... tous ça, on doit pouvoir le réaliser apres avoir resolut toutes les contraintes.

n°535
-- Romain ​--
Posté le 18-11-2004 à 16:24:14  profilanswer
 

si vous voulez discuter de tous ça avec moi
 
sur MSN : mon adresse : romain.moranis@caramail.com

n°807
Edmo
Posté le 06-04-2005 à 03:54:49  profilanswer
 

"L'architecte est nécessairement un bon urbaniste "
 
Suis-je le seul a etre choque par cette phrase ??
 
En matiere d'urbanisme, il s'agit avant tout d'etre modeste car les problemes les a la ville sont d'une tres grande complexite, couvrant bien des domaines (architecture oui, mais aussi urbanisme, sociologie, economie, criminologie, culture, etc..)
 
Non, les architectes ne detiennent pas tous la cle d'un bon urbanisme loin de la...

n°808
oulaaa
Posté le 06-04-2005 à 06:09:09  profilanswer
 

Je ne suis pas d’accord, les domaines que tu cites sont tous autant des clefs de travail qu’utilise l’architecte. A la différence, que l’architecte peut amener une part d’humanisme, et d’esthétisme. Contrairement à un urbaniste qui est lui un technocrate, peu soucieux du caractère esthétique et privilégie la norme, la technique, (le rond point  :rocket:  )…
Je crois, que les architectes ont justement leur place dans la conception à grande échelle qu’est l’urbanisme. Le problème est que nous sommes, ceci depuis, la prise du pouvoir de la technocratie (Face aux ingénieur des ponts et chaussées), écarté de ces problèmes. Bien heureusement, cela commence à bien changer depuis, quelque années. La société moderne et la ville automobile ont perdu pieds, et se sont intoxiqués, asphyxier. Les architectes sont encore trop peu présent pour permettre une ré oxygénation de notre patrimoine urbain. Et permettre à la ville, justement, de jouir pleinement de leur potentiel de bien être.
 
Pour finir, l'architecte vois en la ville un "sujet" et l'urbaniste lui un "objet".
 
C'est ce qui pour moi les distingue et leur donne leur orientation et méthode de travail.

n°810
cnevians
Posté le 06-04-2005 à 09:13:33  profilanswer
 

tout à fait d'accord avec toi oulaa...
 
je rajouterais...malheureusement ..
que j'ai rencontré des urbanistes...
formés à l'université.. (jamais tenu un crayon ..)
analyse blabla divers .. 2 tomes..
tout ça pour poser des sucres... sans même parler sociologie ou autres...
c'est triste quand même ..
 
d'ailleurs petite question trés simple...
 
est l'urbanisme qui donne l'Architecture..?
ou l'architecture qui donne l'urbanisme ?
 
réfléchissez à _ça..
et vous verrez que depuis 30 ans ça s'inverse....
va-t-on refaire les erreurs d'il y a 40 ans ?

n°811
oulaaa
Posté le 06-04-2005 à 10:01:26  profilanswer
 

Quand tu dit 30 ans tu pense aux villes nouvelles ?
 
Parce qu’elles ne sont pas toutes en échec, quand même…

n°815
cnevians
Posté le 08-04-2005 à 00:01:02  profilanswer
 

nonpas toutes...
mais une bonne partie...
simplement ne pas refaire des erreurs pour 30 ans maintenant en corrigeant n'importe comment les erreurs d'il y a 40-50 ans ...
c'est tout ;-)

n°816
oulaaa
Posté le 08-04-2005 à 20:09:47  profilanswer
 

C’est clair...
 
Mais comment être sur de ne pas ce tromper?
 
On peut prévoir, estimer, supposer, imaginer, tout ceci grâce aux connaissances actuelles, mais être sur de ce que sera les besoins dans 30 ans…  
 
Même si justement c'est notre rôle, les facteurs politique et social sont dé plus aléatoire non ?
 
Tient une question que je me suis toujours posé ; elle peut semblée idiote, mais bon, je la pose quand même :
 
Est-ce la société qui créée l’urbanisme ou l’urbanisme qui créé une société ?

n°817
Tomtom
Posté le 08-04-2005 à 22:54:35  profilanswer
 

Citation :

Contrairement à un urbaniste qui est lui un technocrate, peu soucieux du caractère esthétique et privilégie la norme, la technique,


 
Ahhhhhhhhhhhhhhhh............................
 
Tu m'as tué.
 

Citation :

caractère esthétique


 
C'est quoi l'esthétisme? C'est faire des jolis pers? En quoi l'urbaniste peut-il prendre en compte le "caractère esthétique"? Il a au au contraire trop cherché par le passé à faire du joli.  
 
Fuck le joli.  
 
Le caractère esthétique c'est quoi? C'est faire un joli chateau et des places et avenues tellement grandes qu'elles rendent l'effet monumental complètement raplapla? (cf. Camillo Sitte) C'est le château de Versailles? Petit four perdu sur un plateau d'argent patiné?
 
L'urbanisme de plan masse c'est justement ca. La recherche du joli. Et ca marche? Non.
 
Parce que le joli ne prend pas en compte la dimension essentielle de l'urbain: le TEMPS. Or le temps, c'est la transformation, la souplesse, le mélange, l'abandon, la destruction, la reconstruction, l'invention de la ville chaque jour, son adaptation continuelle aux évolutions sociales. L'urbanisme qui fonctionne est un urbanisme qui se plie à ca. C'est une condition sine qua non.  
 
Donc, le processus plutôt que le plan masse. Le plan masse vient en dernier, à la fin, pour exprimer ce que peut être, à un instant t, une materialisation du processus. Il peut d'ailleurs se projeter à différents moments, s'attacher à différentes probabilités d'évolution. Le plan masse peut-être dématerialisé.
 
Partir du plan masse est un simplification criminelle. Qui parfois fait du joli. Ca peut-être un très beau projet, là n'est pas la question. La question, c'est est-ce que ca fonctionne? Comment faire pour que cela fonctionne mieux?
 
Tu peux te permettre de faire un bâtiment qui est très beau mais ne fonctionne pas, ou qui n'a pas d'usage, ou dont l'usage est tel qu'il peut être beau sans autre fin. Dans un projet urbain, ce n'est pas possible.
 
Brasilia. Très beau. Très belles photos. Mais une redoutable machine à exclure. Les classes les plus riches (la minorité) dans la ville officielle. Les autres, ceux que l'on ne voit jamais, en dehors. Dans ce qui ressemble à une ville comme les autres, à des quartiers comme tant d'autre au Brésil. Les favelas de Brasilia valent celles de Rio ou Sao Paulo. Lucio Costa a été le premier à le reconnaître. Il a tenté une simplification de la ville, un simplicisme de ses mécanismes, les réduisants à des flux, à des surfaces, à des "gestes architecturaux". Il a réduit la ville à un truc stupide, plat et morne.
 
On se branle devant la cathédrale ou le parlement, mais qui parle de ceux qui crèvent de faim, sans qu'on ne fasse rien pour eux, dans les bas-fonds de Brasilia? Personne...
 
Tout ça pour du joli.
 
Fuck le joli.
 

Citation :

privilégie la norme, la technique


 
Est-ce être technocrate que de proner une approche qui, enfin, se préoccupe de la strucutre foncière, des structures politiques qui ont en charge la gestion de la ville.
 
Il est temps de foutre par la fenêtre cette connerie d'idée reçue selon laquelle la gestion de la ville est distincte de son élaboration. Ces deux termes sont d'ailleurs assez dictatoriaux.
 

Citation :

formés à l'université.. (jamais tenu un crayon ..)  


 
C'est bien là le problème. L'université, dans le système rançais il faut le préciser, ne forme que des technocrates.
 

Citation :

"L'architecte est nécessairement un bon urbaniste "  


 
Tu as raison, c'est faux. L'architecte doit être un urbaniste et l'urbaniste un architecte. Il doit aussi se précoccuper de philosophie politique. Mais ce n'est pas le cas. Mais les technocrates tiennent les clés de la ville. Et appliquent les méthodes qu'on leur a foutu dans le crane.
 
Alors c'est à nous de prendre le pouvoir. C'est à nous, et à personne d'autre, de faire changer les choses. Vous croyez que quelqu'un va venir nous dire: "ah oui, votre approche est intéressante, on va vous laisser carte blanche". Personne. La savoir doit prendre le pouvoir. Barcelone (qui a peut-être sombré depuis dans le surplus de communication), Curitiba... Qui a métamorphosé ces villes? Les techniciens? Un jour on a dit à des archi, des urbanistes, venez appliquer votre pensée? Non, un jour ces mecs ont pris la direction de la ville et on changé les choses.
 
Désolé d'en revenir à Rennes, mais ici il y a une agence d'urba, l'audiar, qui chapeaute à peu prêt tout. L'éminence grise de la métropole. Ici, les villes sont obligées, oui, obligées, de construire avec une certaine densité et une certaine qualité environnementale. Les villes bâtissent leur projet urbain sous l'égide de l'agence. D'où vient tout cela sinon de l'audiar?
 
Ca ne m'étonnerait pas si le prochain maire venait de là.
 
Comment peut-on prétendre connaître une ville en 6 mois? Les projets urbains élaborés par d'obscurs bureaux d'étude grassement payés sont à foutre par dessus bord. La ville doit prendre en main son destin elle-même. L'importance d'une conscience et d'un gouvernement local, légitime, issu et représentant du peuple. L'importance du local. Le ministère de la ville? C'est les maisons borloo, des subventions à l'aveugle comme si partout c'était la même chose, les mêmes problèmes.
 
Regardez l'état de Londres après que le Greater London Council fût passé sous le rouleau compresseur du tatchérisme. Le gouvernement local laminé. Toute légitimité locale bafouée. La ville livrée aux mains avides des promoteurs.

n°818
oulaaa
Posté le 09-04-2005 à 02:14:44  profilanswer
 

Pourquoi tu t’excites comme ça man ? lolll  je te tue ? lolll  
 
Je ne dis pas que faire du « joli » est la méthode unique pour faire de l’urbanisme… Heureusement, car on serai vraiment mal barré, bien sur,  que de multiples facteurs doivent être pris en compte pour exécuter une étude urbanistique. «  L’esthétisme en fait parti », au même titre que la politique, la sociologie, l’économie, l’histoire, …  
(D’ailleurs, « esthétisme » ne veut pas nécessairement dire « beau »… De plus, le joli n’est pas non plus nécessairement visuelle…)
   
Tu part dans une explication, sur la quelle on sera tous plus ou moins d’accord. Je ne vois pas où j’ai dit le contraire. Et oui, la ville ne se fait pas en 1 jour … (ah bah cela me rappel vaguement quelque chose…)  
L’urbanisme a besoins de tous ces choses, mais, vu par un urbaniste cela manque a mon sens d’humanisme. Jusqu’à maintenant, les urbanistes ont pensés les villes en fonction de la circulation et pour la circulation (automobile), l’architecte lui met la place de l’homme en premier dans sa réflexion, le moyen de transport ne vient qu’en suite.  c'est bien de vouloir penser; au foncier, à la politique.  
 il ne faut pas oublier que la ville est faite pour l'homme, donc il serai pas mal de penser aussi à l'echelle humaine.  
 
 
Je disais simplement et je persiste à le dire qu’un urbaniste est un homme de chiffre, de normes, de lois, de techniques etc.… Et c’est bien « un technocrate », mais cela n’est pas une tare, il en faut, cependant, delà à leur donner toutes les cartes… on a vu ce que cela donnait…
Tout comme laissé toutes les cartes à un architecte seul, on a vu également ce que cela donnait… il n’y a pas de miracle, la pluridisciplinarité est la seul solution valable.

n°819
AL
Respire le Grand aR !
Profil : Directeur
Posté le 09-04-2005 à 05:37:22  profilanswer
 

Pour compléter un peu tout ce que vous avez dit, et je pense que sur le fond vous êtes bien sur la même longueur d'onde.
 
Je reviens sur le PLAN MASSE.
 
Un plan n'a de valeur que s'il est accompagné des moyens qui permettent d'y aboutir. Ces moyens prennent en considération toute la complexité de la ville : le temps, l'argent, le pouvoir politique, la sociologie...etc... et c'est dans ce travail que l'architecte a un rôle a jouer car il est un véritable généraliste.
 
Ces moyens peuvent se définir par exemple par :  
 
- la gestion du parcellaire
- la définition de typologies d'habitat
- la définition de l'espace public
- la définition des espaces collectifs
- la définition des espaces privés
- la définition des espaces verts et paysagers
...etc.... toutes ces définitions peuvent être plus ou moins bien réglementées à travers des outils tels que les ZAC par exemple.
 
C'est ce que l'on peut appeler GERER la ville.
 
Le rôle de l'architecte urbaniste est de proposer des moyens, car qu'on le veuille ou non la décision finale appartient au pouvoir politique.
L'architecte (et son équipe, économiste, urbaniste, paysagiste...Etc..)propose, le politique dispose.
 
Dans ce jeu, l'architecte a un autre pouvoir, c'est celui de la SEDUCTION.
A lui de savoir l'utiliser...

n°820
Tomtom
Posté le 10-04-2005 à 00:07:23  profilanswer
 

Citation :

Je ne dis pas que faire du « joli » est la méthode unique pour faire de l’urbanisme…


 
C'est même pas une méthode du tout... Le prince Charles et ses pseudos faux villages victoriens a le joli en ligne de mire, lui aussi. C'est l'enfer de l'urbanisme.
 

Citation :

Je disais simplement et je persiste à le dire qu’un urbaniste est un homme de chiffre, de normes, de lois, de techniques etc.… Et c’est bien « un technocrate », mais cela n’est pas une tare, il en faut, cependant, delà à leur donner toutes les cartes… on a vu ce que cela donnait…  
Tout comme laissé toutes les cartes à un architecte seul, on a vu également ce que cela donnait… il n’y a pas de miracle, la pluridisciplinarité est la seul solution valable.


 
Quelle est la frontière entre l'architecture et l'urbanisme? Il n'y en a pas, tout simplement. C'est une ligne artificielle qui est tracée aujourd'hui, qu'il faut faire sauter à tout prix.
 
Si, dans ton projet, tu n'es pas capable de jouer aussi des normes et des techniques, alors en tant qu'urbaniste, tu n'as rien compris. Tu feras un joli plan masse, une jolie maquette qui ne sera de toute façon pas comprise pas ceux à qui tu en auras délégué la gestion. Et ils te répondront: "ca c'est pas possible mon bon monsieur, faut faire autrement". Et comme un con, tu feras autrement parce que tu n'aura pas les moyens de leur dire que non, il faut modifier ci et ca, organiser la gestion comme ci, comme ca.
 

Citation :

Un plan n'a de valeur que s'il est accompagné des moyens qui permettent d'y aboutir.


 
Justement c'est là qu'est le problème, si tu définit d'abord ton plan, et qu'ensuite tu te demande comment y aboutir, c'est déjà niqué. Par exemple ton projet peut partir de la structure foncière ou de la typologie, ou de la nature de l'espace public. En fait non, il émane de tout ça à la fois, pour aboutir à un plan masse, qui n'est rien d'autre qu'un truc informatif. Dans la réalité, ton processus peut donner autre chose, formellement.
 
Il s'agit donc de passer d'une logique de plan masse, figée, à une logique de processus, qui intègre conception et gestion de l'espace dans un tout.
 
Il est plus urgent de penser la structure foncière que la plan masse.
 
Il faut fondre l'architecte et l'urbaniste. Ou plutôt l'urbaniste est nécéssairement un architecte, quelqu'un qui a une experience de l'espace. Mais il est plus qu'un archi, car son domaine de compétence est beaucoup plus large. Il est beaucoup plus polyvalent. C'est un vrai généraliste de la ville.
 
C'est un homme ou une femme impliqué dans sa ville. Ce ne peut être un consultant d'un obscur bureau d'étude.

n°821
AL
Respire le Grand aR !
Profil : Directeur
Posté le 10-04-2005 à 02:12:35  profilanswer
 

Citation :


 
Il s'agit donc de passer d'une logique de plan masse, figée, à une logique de processus, qui intègre conception et gestion de l'espace dans un tout.
 


 
Ce n'est pas ce que l'on fait aujourd'hui? A ton avis pourquoi la sélection préalable se fait avant tout sur les méthodologies?

n°825
Tomtom
Posté le 10-04-2005 à 15:50:19  profilanswer
 

J'en suis ravi.
 
Mais comment ca marche? Pourquoi de nombreuses villes continuent de se couvrir de lotissements à la con?
 
Je prends l'exemple du quartier de Beauregard à Rennes. Des milliers de logements prévus autour d'un joli parc (vraiment bien). Une exigence "durable" pour les bâtiments. Mais pourtant, un manque total de densité. Surtout, un quartier monofonctionnel. Des logements, encore des logements et toujours des logements... Les bureaux? Parqués dans des immeubles spécifiques, loin. Les commerces? Dans un ghetto dont ils ne sortiront pas... Les immeubles n'ont aucun rapport à la rue, des petits jardinets en rez-de-chaussée font tampon et la rue n'est qu'une succession de haies. Malgré la qualité des immeubles pris individuellement, le quartier fait froid dans le dos, au sens figuré comme au sens propre (on est congelé sur place).
 
Si je suis en colère, c'est parce que l'immense majorité de la production est sans grande qualité.

n°826
oulaaa
Posté le 10-04-2005 à 18:06:51  profilanswer
 

Tu as raison sur ce point… Je crois (et je me trompe peut être) que ces lotissements qui naissent de plus en plus, sont la conséquence ; d’une part, du « zoning », et d’autre part, de l’utilisation de cette méthode d’urbanisation par des sociétés de promotions sans vergogne.  
De plus, le rêve de chacun est de devenir propriétaire de son petit bout de terrain. Tout ceci contribue, à cette accumulation de zone pavillonnaire calquée plus au moins sur les états unis. Et une volonté de profits, réalisés sur les rêves du tout à chacun.
 
L’argent + empressement des populations + acceptation des villes = lotissements dont tu nous parle…
 
Les architectes tentent tant bien que mal à survivre a cela en réalisant quelques maisons dans ces dits lotissements, dont la créativité est d’ailleurs de tout façon dictée et imposée par les promoteurs…

n°827
heptarts
Posté le 10-04-2005 à 20:06:26  profilanswer
 

tatatatatatat....
Rêvons un peu, une société de construction de villas te demande de designer des modèles qu'elle se chargera de promotionner et de vendre, en te laissant le soin de choisir l'architecture, avec une point de style d'avant histoire de convenir au plus grand nombre, et en te laissant le choix des matières couleurs et formes...
Quel est ton choix... ???
 
La culture est une part de rêve que nous nous offrons le luxe de consommer aussi...
La voiture également...
Les voyages aussi... parce que tu te rends dans un pays où tout est 20 moins cher qu'ici, c'est toi qui joue sur la part de rêve des autres...
 
Allons, arrêtons de se voiler la face... Ce n'est pas tant la forme qui nous dérange, mais le fait qu'elle n'émane pas de nous. Combien d'architectes ont initié des lotissements, promotions ou autres... Sont-ils condamnables ?
Après de longues réflexions (?!), il me semble finalement que ces maisons, finissent par remplir un vide que nous architectes, n'arrivont pas à remplir. Le culte.
Le culte de la famille, le culte de l'histoire passée, le culte de la persistance... En fait, puisque nous nos formes ne répondent à aucune histoire, celles des promoteurs le font... Tout çà n'est pas encore bien clair pour moi, mais par la force des choses, je suis obligé aujorud'hui de me poser ce genre de question.
 
La ville, la rue... Tout çà n'est pas un problème de jardins ou de clôture, mais de distance.
N'est ce pas chaleureux ces immeubles de londres un peu plus haut et un peu plus loin que l'alignement de la rue. sans confrontation directe, sans vue directe, mais pour autant je peux entrevoir...
Le problème n'est pas le fait de nier la rue, comme on pourrait le penser, mais de repliement sur soi. Ce qui est à moi, ce qui est de moi...

n°830
Tomtom
Posté le 10-04-2005 à 23:32:29  profilanswer
 

Citation :

Et une volonté de profits, réalisés sur les rêves du tout à chacun.


 
La manipulation des rêves du citoyen lambda... Pitoyable... L'instrumentation de ces rêves, du rêve de "ma maison, mon jardin, ma voiture, mon chien..." Lorsque les promoteurs comprendront qu'il y a autant de pognon à gagner en faisant du durable, on pourra discuter. Ou est-ce à nous de le leur faire comprendre?
 

Citation :

Quel est ton choix... ???


 
C'est la tentation... Evidemment. Mais même si Tadao Ando concevais ces maisons, la forme urbaine resterait la même: "nothing but shit". Ca sera "ma maison Tadao Ando, ma voiture, mon jardin, mon chien"
 

Citation :

Ce n'est pas tant la forme qui nous dérange, mais le fait qu'elle n'émane pas de nous.


 
Je suis encore étudiant, donc pas encore confronté à la dure réalité de gagner sa soupe, mais je préfère crever que de construire ça. Puisse-je garder au moins ca... Sinon j'aurai tout perdu.
 
En revanche, je serais ravi de bosser avec un promoteur pour une reflexion durable. De petits terrains, une forme urbaine réfléchie, étudier l'articulation avec la rue, laisser au temps une porte d'entrée...
 

Citation :

Sont-ils condamnables ?


 
Je reconnais que le choix est difficile, quand tu as trois gosses, entre perdre ton âme et bouffer tous les jours...[/quote]

n°832
xp
Posté le 11-04-2005 à 18:49:06  profilanswer
 

Heptars a dit

Citation :

Allons, arrêtons de se voiler la face... Ce n'est pas tant la forme qui nous dérange, mais le fait qu'elle n'émane pas de nous.



si c'est vrai je trouve çà grave.

 
Pour l'architecte, il est évident qu'analyser les choses avec un égo surdéveloppé à ce point ne peut pas conduire bien loin.C'est sans doute un frein pour évoluer , et aimer vraiment l'architecture des autres (pas par jalousie!).  
 
Si l'on est sérieux, ce qui dérange c'est la surconsommation d'espace et sa banalisation: poches urbaines infranchissables, couloir végétal autour de la maison...
 
Il y a bien deux échelles: celle de la ville et celle de l'architecture de la maison.
Ce qui me gène ce n'est pas que les choses soient faites par d'autres mais qu'elles soient faites sans cohérence urbaines par des marchands.

n°834
smouze
Posté le 11-04-2005 à 23:11:36  profilanswer
 

Bonjour à tous, ceci est mon intronisation première en ce lieu où les échanges sont forts intéressants.
 
J'aimerai rebondir sur la critique du zoning et des lotissements.
En tant qu'urbaniste (pour Oulaaa, au passage, tenir un crayon s'apprend certainement plus vite qu'acquérir une culture et une approche diversifiée des réalités et fonctionnements de la ville), je pense que la mono-fonctionnalité à laquelle cela conduit pour un même espace n'est pas salutaire et suis en cela d'accord avec vous.
 
Mais pourtant, est-ce que cette vision négative n'est pas d'abord une déception pour les penseurs de la cité, ceux (nous) qui ont pour sacerdoce d'imaginer, de chercher le meilleur équilibre, le compromis le plus juste entre fonctionnalités, qualité de vie et atténuation des grands maux de la ville et des agglomérations (pollution, étalement, cloisonnement, individualisme, privatisation des espaces...) ?
En fonction de l'échelle à laquelle on se situe, le bien des uns est le mal des autres. Nous voulons défendre la qualité de vie, soit, mais celle de qui ? Les nombreux propiétaires de maisons individuelles trouvent que ce mode de vie est de grande qualité, même s'il génère les maux cités plus haut, et observables plus à l'échelle d'une agglomération, voire du département que de la verte banlieue pavillonnaire.
 
Pour moi, ces banlieues ne ressemblent à rien, pas de centre, pas de périphérie, juste des labyrinthes, quelques commerces, des équipements culturels et sportifs... une commune sur-mesure pour la famille de cadres-sup avec 2,3 enfants, 2 voitures, qui profite de loisirs de proximité, etc...
Remarquez, on y vit très confortablement, et les habitants n'ont pas le sentiment de ne pas avoir de lien social... contrairement à l'image véhiculée, selon laquelle aisés = égoîstes = pas de lien social.
 
C'est peut être encore un délire de concepteur de vouloir à tout prix que dans un voisinage tout le monde se parle, s'échange ses plans de tomates, ou boutures de fleurs, demande des nouvelles des enfants... cette urbanité à la Sansot n'est-elle pas plus le fait d'une forte densité urbaine, justement, qui veut que l'anonymat pousse à la rencontre, sur les lieux publics, de l'autre ?
 
Quant au zonage... je ne saurais trop vous conseiller le dernier ouvrage de David Mangin "La ville franchisée"... magistral et vraiment intéressant !
Voilà un (rare) architecte-urbaniste méritant entièrement la considération de ses pairs (des deux disciplines).
 
 
 
 
 
 
 
[i][/i][b][/b]

n°835
Tomtom
Posté le 12-04-2005 à 00:35:04  profilanswer
 

Tout d'abord bienvenue à toi sur les forums ARoots.
 

Citation :

C'est peut être encore un délire de concepteur de vouloir à tout prix que dans un voisinage tout le monde se parle, s'échange ses plans de tomates, ou boutures de fleurs, demande des nouvelles des enfants...


 
Je reprendrai une phrase de Alain Cluzet pour qui la ville doit permettre le maximum de socialité sans l'imposer. Difficile combinaison. Il est évident que la nostalgie pseudo-rurale, basée sur une féérisation de l'ordre du fantasme de la vie rurale passée n'est pas à l'ordre du jour. C'est de l'ordre de la contre-utopie.
 

Citation :

Les nombreux propiétaires de maisons individuelles trouvent que ce mode de vie est de grande qualité, même s'il génère les maux cités plus haut, et observables plus à l'échelle d'une agglomération, voire du département que de la verte banlieue pavillonnaire.


 
Un jour où l'autre, ils en sont aux aussi victimes...
 
Le plus gros problème que ce type d'urbanisation induit, c'est la perte du rapport citoyen à la ville. On ne se considère plus comme un citoyen, au même tire que n'importe quel autre, qui a envers la collectivité des devoirs, accompagnés de droits. On consomme de la ville, considérée comme un produit, l'espace et les services dont on a besoin. Les zones mono-fonctionnelles permettent une telle consommation à la demande. Je ne subit pas le centre-ville, je consomme de la ZA.
 
C'est le syndrome LA. Une ville tellement éclatée que la communauté (au sens citoyen, rien à voir avec une utopie baba-cool), n'a plus de sens. On consomme les voies de communication , les services collectifs dont on a besoin. La dernière étape est en train de se passer devant nos yeux, la création au sein de l'aire métropolitaine de LA de communanutés autonomes, qui prennent en charge les services minimaux, évitant ainsi aux riches de payer pour ces dangereux pauvres, laissant à la métropole le soin de s'en occuper, surtout à moindre coût.
 
La dernière étape est évidemment la confrontation entre une masse de pauvres sous-éduqués et de plus en plus pauvres, et une minorité de riches barricadés dans les gated-communities. C'est l'explosion de ce modèle urbain, inéluctable si rien n'est fait.
 
LA a déjà commencé à péter. La municipalité, pas le biais de la Métropolitan Transit Authority tente de limiter les dégats en mettant en service un service de transports rapides de surface pour tous. Mais sans coordination avec l'urbanisation, ce qui n'est pas le cas actuellement, la MTA ne fera que donner des coups d'épée dans l'eau. Et je le regrette...

n°836
xp
Posté le 12-04-2005 à 09:25:03  profilanswer
 

Salut Smouze!
 
Je crois  qu'il est un peu trop facile d'expliquer que les archi sont un peu allumer et partagent leurs boutures de fleurs, élevès par des bisounours, ils voudraient dicter le bonheur des autres ...
 
Pour les plus mauvais peut etre, mais pour les autres cela n'est pas vrai.
 

Citation :

Quant au zonage... je ne saurais trop vous conseiller le dernier ouvrage de David Mangin "La ville franchisée"... magistral et vraiment intéressant !  
Voilà un (rare) architecte-urbaniste méritant entièrement la considération de ses pairs (des deux disciplines).


 
Vu le projet des halles de Paris....je dirais qu'il s'agit d'un projet concensuel, mou et sans esprit...tout ce que je n'aime pas en urbanisme...quand un projet transpire la peur à ce point..la peur de la ville, de la voiture, des gens, des étrangers, des réglements.
 Un urbanisme qui compte ses electeurs.
Parceque l'on n'a pas attendu Mangin pour faire la ville, et encore moins pour y reflechir.Mangin est le stéréotype meme de l'architecte urbaniste francais qui fait rire par ces prises de positions conservatrices...le monde entier...si si
 
C'est un peu notre Mireille Mathieu .

n°838
oulaaa
Posté le 12-04-2005 à 23:49:26  profilanswer
 

(pour Oulaaa, au passage, tenir un crayon s'apprend certainement plus vite qu'acquérir une culture et une approche diversifiée des réalités et fonctionnements de la ville), ...
 
Et encore dessiner n'est pas non plus donné à tout le monde...


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