A l'occasion d'un concours d'affiche pour une fête "populaire" et "artistique", la fête du plateau, dont le thème est cette année "environnement urbain".
Marseille ville monochromique
Marseille ville polyculturelle, polyéthnique, preuve et exemples de possibles mélanges multiples, et un environnement architecturalement monochromique.
On se réjouit du détournement d'architecture et d'environnement urbain, lorsqu'on pense apercevoir une appropriation d'espace typique d'un ailleurs imaginé. On se réjouit de l'appropriation ponctuelle d'une culture différente tout en oubliant que cette manifestation n'est peut-être qu'une mauvaise interprétation des choses, une sorte de non-choix imposé d'office.
Cette appropriation est peut-être une voie inéluctable dans une ville qui se refuse à elle-même (qui se refuse de ce qu'elle est).
Quelles architectures pour quelles cultures ?
Quels espaces pour quelles expressions ?
Multiéthniques elle l'est, mais la pluralité ne dépasse guère le stade du discours.
On souhaiterait voir d'autres formes, d'autres couleurs, d'autres appropriations en même temps... pas comme un patchwork reconstitué sous contrôle, mais des existences en partage.
Marseille rêve de se comparer à un ailleurs, quand il suffit, simplement, de lui donner droit de citer ici.
Marseille ne souffre pas d'un manque d'occasions et de lieux d'expressions, mais dans sa trame, son visage, on ne lit pas, on constate... une partie de l'identité disparaît derrière des murs qui ne lui correspondent pas.
Marseille est une ville architecturalement monochromique, où la révélation d'existences différentes ne s'observent que dans les couleurs des tags et des enseignes lumineuses, traces précoces et provisoires d'une appropriation qui ne trouve pas la latitude nécessaire pour se développer.
Marseille on la voudrait d'avantage multiple dans son architecture, que dans la conséquence de sa cessité que l'on nomme périmètre de restauration urbaine, le bout de ville dans la ville, le ver dans le fruit... Symbole d'une volonté de conservation d'une partie d'identité désormais résolue et dévolue au capital; capital séduction pour un petit bout d'urbanité passé par les miracles de la chirurgie esthétique à géométrie invariable.
Ne soyons pas complice en pensant lutter par quelques manifestations qui n'arrivent à s'inscrire que dans les lieux trop étriqués pour l'ouverture d'esprit.
Il faut d'avantage d'architectures, d'avantage de lieux communs qui rendent intelligibles et possibles les débordements culturels, dans d'autres traces que les détournements de décor.
A Marseille, il faut une architecture polychromique, preuve d'un bouillonnement culturel; preuve d'un mélange culturel; preuve d'une sagesse culturelle.
Marseille est une ville qui accueille, elle doit enfin offrir...