Je suis en auto, sur l’autoroute, je traverse une interminable conurbation j’écoute France Culture …j’écoute… une belle voix monocorde, grave dit :
" ... j’ai fait le lien entre l’espace de tout le monde, l’agora, et l'espace du peuple de la ville idéale de Piero Della Francesca , oui vraiment … Mais ça c’est pour ce qui est de la façon d’être, c’est pas l’espace. C’est pas la notion d’espace. Parce que l’espace public, espace, évidemment, je suis architecte et pour moi c’est la forme. Je pense que c’est notre problème, les gens qui font de l’urbanisme, ce que je leur reproche, c’est de faire des statistiques, des théories, de la comptabilité, et de ne jamais se poser vraiment le problème de la forme, et de rejeter à un moment donné la responsabilité de la forme sur celui dont c’est le métier de la faire. Parce que je crois moi qu’à un moment donné la ville, il faut la faire, il faut oser la dessiner, la ville s’est toujours dessinée. Vraiment dessinée sur une planche à dessin. Ou façon de dire, mais un autre exemple, là je parle encore de voyage, quand j’étais encore étudiant en architecture, je suis allé à Sienne, en Italie, et j’ai débouché sur la place de Sienne par en bas. Je suis arrivé dans des ruelles du Moyen-âge et je suis arrivé dans un lieu incroyable, là c’est pas les gens, c’est l’espace, c’est le dessin, c’est la forme… "