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1 utilisateur inconnu

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Auteur
 Sujet :

Appropriation d'un espace urbain

 
n°102
kali
Posté le 20-06-2003 à 22:22:50  profilanswer
 

On a plusieurs fois abordé les notions d'urbanité, d'espace public, d'appropriation de l'espace... dans différents post, notamment récemment pour les graffiti. Qu’est-ce que pourrait être l’appropriation d’un espace ? Dans doubles-jeux Sophie Calle, photographe et artiste situationniste par excellence, nous apporte une réponse possible ; elle à tentée (et réussi pendant une semaine…) a adopter un espace public. Avant tout performance artistique, cette situation apporte une véritable réflexion critique sur l’espace urbain. À noter que ce post aurait du ce trouver à la fois ici (Urbanisme, projet urbain), dans Art et artistes, Photographie ou Littérature
 
***
 
Dans le livre Léviathan, paru aux éditions Actes Sud, l’auteur, Paul Auster, s’est servi de certains épisodes de la vie de Sophie Calle pour créer un personnage de fiction prénommé Maria. Séduite par ce double, Sophie Calle a décidée de jouer avec le roman de Paul Auster pour mêler à son tour, et à sa façon, réalité et fiction.
 
Une partie (qui en compte VII) de Doubles-jeux, Édition Actes Sud, 1998.
 
Une des nombreuses façon de mêler la fiction à la réalité, ou comment tenter de devenir un personnage de roman. Puisque, dans Léviathan, Paul Auster m’a prise comme sujet, j’ai imaginé d’inverser les rôles, en le prenant comme auteurs de mes actes. Je lui ai demandé d’inventer un personnage de fiction auquel je m’efforcerais de ressembler.
 
--
 
Livre VII
GOTHAM HANDBOOK
New York Mode d’emploi

 
Manuel d’instructions de Paul Auster à l’usage personnel de Sophie Calle concernant la façon d’embellir la vie à New York.
 
Sourire
 
(…)
 
Parler à des inconnus
 
(…)
 
Ne pas ignorer les mendiants et sans-abris
 
(…)
 
Adopter un lieux
 
(…) Choisis un endroit dans la ville et mets-toi à y penser comme s’il t’appartenait. Peu importe où, et peu importe quoi. Un coin de rue, une entrée de métro, un arbre dans le parc. Assume cet endroit comme si tu en étais responsable. Nettoie-le. Embellis-le. Penses-y comme à une extension de ce que tu es, comme à une partie de ton identité. (…). Vas-y tous les jours à la même heure. Restes-y une heure à observer tout ce qui s’y produit, à noter tous ceux qui y passent, s’y arrêtent, ou y font quoi que soit. Prends des notes, prends des photographies. Enregistre ces observations quotidiennes, et vois si tu apprends quelque chose à propos des gens, du lieu ou de toi-même. Souris aux gens qui y viennent. Chaque fois que c’est possible, parle-leur. Si tu ne sais pas quoi leur dire, commence par leur parler du temps. (...)
 
Paul Auster, 5 mars 1994
 
---
 
L'adoption d'un lieu public par Sophie Calle:
 
(...) Dernière clause : ADOPTER UN LIEU PUBLIC. Je choisi la cabine téléphonique située au carrefour des rues Greenwich et Harrison. C’est une cabine double. Je m’approprie le côté droit. Pour l’embellir, j’achète du Glass Plus pour nettoyer les vitres, du Brasso, pour faire les métaux, une bombe de peinture vert pré, six blocs-notes, six crayons, un miroir, un tube de colle, deux chaînes d’environ 4 mètres, deux cadenas, un bouquet de roses rouges, sept cartes postales, un cendrier, deux chaises pliantes et un exemplaire du dernier numéro de Glamour Magazine.
Dans la nuit du mardi 20 septembre 1994, je prends possession de la cabine téléphonique. Je commence par épousseter et astiquer. Deux hommes m’observent. L’un d’eux me demande : « Vous faites aussi les carreaux à domicile ? » Dois-je inaugurer la corvée du SOURIRE ? Je préfère remettre cette besogne à demain (…). Cinq minutes se sont à peine écoulées, et déjà mes craintes sont confirmées : ils me prennent pour une cinglée.
Tant pis. J’attaque le sol que je peins en vert, je dispose les cartes postales, le miroir, le cendrier, les fleurs et j’enchaîne les sièges.
En démonstration de ma capacité d’accomplir au pied de la lettre ces bonnes actions qui me sont demandée, je recouvre le sigle NYNEX – le nom de la compagnie de téléphone de New York -, qui orne la cabine, d’une affichette sur laquelle sont imprimés en noir sur fond vert les mots HAVE A NICE DAY – bonne journée, mais en plus mièvre -, l’inévitable expression américaine qui ponctue chaque échange et m’irrite le plus après ENJOY. (…).
 
Mercredi 21 septembre 1994
 
(…) Quatre hommes et deux femmes se sont arrêtés pour regarder. Quatre fois, on m’a demandé si j’étais la responsable des lieux et, après avoir répondu par la négative, j’ai eu droit aux commentaires suivants :
— C’est du vandalisme.
— C’est peut-être le petit « chez moi » d’un SDF.  
 
(…)
 
Jeudi 22 septembre 1994
 
(…) Je fixe le magnétophone sous le téléphone (…). Entre 12 h 00 et 13 h 00, neuf coup de téléphone.
 
(…)
 
A 12 h 55, un homme arrive en courant et s’empare d’une rose. Il dit que c’est pour une dame. Il suggère en passant que j’ajoute du whisky et des coussins. (…)
 
***
 
Pour en savoir plus sur la personnalité de Sophie Calle sur la revue des ressources

mood
Partenaire
Posté le 20-06-2003 à 22:22:50  profilanswer
 

n°103
heptarts
Posté le 21-06-2003 à 15:31:24  profilanswer
 

hum..... très interessant tout çà...

n°104
toku
Posté le 21-06-2003 à 18:16:01  profilanswer
 

dis donc Kali ca serait pas un debut sur la communication de ton Tpfe .. parce que si je ne m'abuse si ton sujet traitait bien de cela .. les voies d'explorations sont inombrables ...  
 
dailleurs tu vas devoir projetter ou ecrire un essai ?? bon en tout cas NY sacre terrain dinvestigation, une metropole pareil !  
 
au fait la suite ?? elle est dans le livre de P.A ?

n°106
kali
Posté le 21-06-2003 à 21:21:27  profilanswer
 

Non, en fait ça avait plus à voir avec le post sur les graffiti...  
 
Quant à mon site de tpfe, il est à Paris (et oui... lol). Le dernier projet surlequel j'ai bossé se trouvait à NY et c'est clair que ça donne envie...
 
Concernant la suite du Gotam Handbook, comme je l'ai indiqué ci-dessus, elle se trouve dans:  
 
Sophie Calle — Doubles-Jeux, Actes Sud, 1998.
 
Doubles-jeux regroupe VII livres concernant différentes situations vécues par Sophie Calle. Je vous conseille vraiment la lecture de ces VII livres uniques: une fois commencé on ne peut s'arrêter...

n°107
Naya
Posté le 22-06-2003 à 14:50:23  profilanswer
 

Pour ce qui est de l'exemple initial...il m'apparait comme une illustration d'une appropriation de l'espace en chaine...car au final, c'est par l'intervention de Sphie Calle qu'il y a eu les echanges enytre lieu et le personnes...peut on dire que l'appropriationde l'espace est une reaction en chaine??? une sorte de maladie positive???
 
par exemple:
 
Ne pas ignorer les mendiants et sans-abris  
 
c'est commencer a se rendre compte de ceux qui se sont deja approprie les lieux...l'appropriation passerait elle par une comrehension de l'appropriation d'autrui???
 
Pourquoi la difficulte d'appropriation de certaind lieux??? (certaines cites...etc.) Le graf...appropriation ou rejet du lieu??? Car finalement si le mur appartennait au graffeur...le peindrait il??? mais du moment ou il le peint..;ce mur n'est pas plus a lui puisque quelqu'un peut revenir...
 
qu'est ce que le graff alors?  
 
Comment creer des lieux "appropriables"??? (je veux dire...question à l'architecte...un lieu qu'on pourrait s'approprier aurait il une definition?

n°108
kali
Posté le 22-06-2003 à 19:19:43  profilanswer
 

Le graffeur à conscience qu'il agit dans l'illégalité, et c'est avant tout ce qu'il recherche. L'expérience de Sophie Calle est différente puisqu'elle assume totalement son intervention. Concernant l'appropriation il ne s'agit pas de dire je vais bomber mon tag sur ce mur et comme ça il sera à moi (d'ailleur un mur n'est pas un espace), mais doit plutôt être compris comme une revalorisation absolu de l'espace public. Dans ce sens un réponse possible serait le petit texte de Paul Auster situé plus haut concernant l'adoption d'un espace, ou plutôt une responsabilisation de l'espace par l'usager.
 
Concernant l'architecte sont rôle à jouer dans cette problématique est plus limité, car la disparition de l'espace public est avant tout une décision politique, comme je l'avais évoqué ici (les photos d'un nouvel espace urbain policé) et

n°109
Naya
Posté le 22-06-2003 à 19:32:13  profilanswer
 

O.K. l'architecte ne fait que repondre a la demande...politique ou economique...la je suis d'accord...dans ce cas a koi sert l'architecture?Elle n'a donc plus de sens? Debattre de la qualite des espace publics serait de  branlette intellectuelle (desole pour la vulgarite...ce n'est pas mon genre...je vais cherche une meilleure expression..mais je ne vois pas).
Je n'ai pas de reponse mais juste un espoir de me dire qu'il ya peut etre un moyen de crere des espace libres..sans controle absolu qui pourrait creer des liçeux propices a l'appropriation...si tu compare La Rive Gauche a un espace policier...ce serait comme le comparer a Grigny..a quand le deal a Paris-Rive-Gauche???
 
Je fais des raccourcis...un peu...ce que je veux dire c'est que l'une des qualites..et qualite majeure d'un espace public ou semi public c'est la liberte d'appropriation qui peut en emaner...comme pour un logement...si on ne peut meme pas tourner son lit sous peine de ne plus pouvoir passer...le logement n'est pas assez flexible et on peut le conciderer comme un habitat fliquee car qq d'autre a decide pour nous comment on tournera son lit.
Il en est de meme pour les espaces qu'on partage avec autrui...si les rapport sont fixes...ils sont pauvres...
 
Le graffeur je pense revendique sont droit a y laisser son empreinte a defaut de ne pouvoir agir autrement sur un lieu...
 
qu'est ce que l'intervention de l'architecte sur un espace public???

n°110
kali
Posté le 22-06-2003 à 20:11:58  profilanswer
 

Citation :

dans ce cas a koi sert l'architecture?Elle n'a donc plus de sens?


L'architecture parle de fondamentaux, comme l'habiter... Tout le reste est affaire de spécialistes: économistes, homme politique, préfet de police...

n°111
Naya
Posté le 22-06-2003 à 20:42:52  profilanswer
 

mais comment habiter...c'est bien aussi une affaire d'economie, de securite incendie, une histoire politique...etc...l'architecte et bien entre tout cela.
 
Repondre betement a une demande economique ou politique...on n'a pas besoin d'architecte...un ingenieur suffit....non???  
 
Dans le cas des grands ensembles par exemple...c'est evidemment une grande machinerie de l'Etat qui s'est mise en marche...l'architecte, comme souvent, n'avait pas vraiment son mot a dire, du moins pas celui qui n'etait pas d'accord avec l'urbanisation des ZUP, ZAC et co. Mais il y a eu des ensembles reussit comme des ensembles rates...
 
Aujourd'hui dans le cadre de la creation de lieux publics...on fait la meme chose...dire que ce n'est que de l'essorts des specialistes me choque...car oui...on peut le resumer ainsi. Mais quelle est alors la contribution de l'architecte???Ne serait ce pas a lui de pouvoir glisser dans le meandres de la loi et de la rigueur demande...voir du controle demande...d'y glisser une flexibilite?Une liberte ? Une possiblite de s'accrocher a un espace sans les possibles qu'il offre??? Ou mieux vaut repondre uniquement a la demande..;jusq'au moindre detail...ne plus laisser ce flou si poetique de l'espace public???
 
Si ce n'est plus possible...je pense que ce serait la mort de la ville...or..il me semble qu'elle reussit a vivre...mais a vrai dire...je n'y crois pas moi meme mais j'espere avec une ferme utopie de pouvoir y croire.

n°113
kali
Posté le 22-06-2003 à 21:30:43  profilanswer
 

Citation :

Repondre betement a une demande economique ou politique...on n'a pas besoin d'architecte...un ingenieur suffit....non???


 
c'est exactement ce que je viens de dire....
 
*****
 
Une maison sur une plage...
 
Une ferme dans le queensland australien...
 
Un temple Shintoïste à Hakodate...
 
UNE GROTTE POUR S'ABRITER...
 
ça, c'est de l'architecture...

n°115
Naya
Posté le 22-06-2003 à 21:48:26  profilanswer
 

Ta maniere de repondre me suggerer qu'il est toujours question de repondre betement a une demande economique ou politique...et qu'il n'y a pas d'autre solution....je me trompe???
Donc on n'a pas besoin d'architectes??? C'est cela????
 
Ma question initiale (par rapport au travail de S. Calle) etait..comment creer un espace riche en possibilites d'appropriation...et ta reponse est de me dire que l'architecte ne fait que repondre a une demande bien concrete...d'ou son intervention limitee dans ce cadre la
 
...je me demande si une reponse intelligente etait possible..car une reponse bete de la part de l'architecte suggere son inutilite...donc est ce que l'architecte a moyende repondre intelligement...quelle est alors la marge de manoeuvre???

n°117
kali
Posté le 22-06-2003 à 22:24:40  profilanswer
 

C'est vrai que la discussion à un peu dérapée lol..
 
Pour répondre à ta première question: il ne s'agit pas de répondre bêtement mais disons que les décisions n'appartiennent pas à l'architecte... donc effectivement pourquoi faire appel à un architecte. Le problème principal devient alors le problème du rôle de l'architecte.
 
Pour la seconde question (concernant le travail de Sophie Calle): à partir du moment ou l'objectif avoué est de supprimer purement et simplement l'espace public, le rôle de l'architecte devient plus que limité. Donc plus que l'architecte c'est d'abord l'usager (Sophie Calle..) qui à la posibilité de creer un espace riche en possibilites d'appropriation...
 
Je voudrais préciser que le terme appropriation peut prêter à confusion dans le cadre actuel: on peut à la limite parler d'appropriation en tant qu'approprier c'est-à-dire de rendre propre à un usage particulier; mais en aucun cas dans le sens de l'action de s'approprier quelquechose, c'est-à-dire de faire quelque chose sa propriété. De ces deux sens, seul le premier peut être je pense évoqué, le second est plus certainement considéré par les graffeurs, et n'est pas viable puisque par définition l'espace public appartient à tous.

n°118
AL
Respire le Grand aR !
Profil : Directeur
Posté le 22-06-2003 à 23:52:36  profilanswer
 

Citation :

Une maison sur une plage...  
 
Une ferme dans le queensland australien...  
 
Un temple Shintoïste à Hakodate...  
 
UNE GROTTE POUR S'ABRITER...  
 
ça, c'est de l'architecture...


 
Exactement, et ce sont justement ces fameuses racines de l'architecture, les aROOTS!

n°120
kali
Posté le 23-06-2003 à 13:10:53  profilanswer
 

Une grotte... croquis de Sverre Fehn.

n°210
kali
Posté le 27-11-2003 à 00:47:08  profilanswer
 

Sophie Calle est à Beaubourg depuis 1 semaine et jusqu'au 15 mars 2004:
 
M'as-tu vue.

n°211
Naya
Posté le 27-11-2003 à 22:30:18  profilanswer
 

tu l as vu?
moi j ai essayé d y aller pour "l'ouverture"...le 18..avec invit..pas moyen...une queue de ...45min..environ..;catastrophique. Découragée je suis repartie et depuis je n ai pas trouvé le temps de m y déplacer.
 
Ca vaut la peine? (question bête mais question qd même, pouvant aider flemmarde de qualité)

n°212
kali
Posté le 28-11-2003 à 21:03:01  profilanswer
 

c'est toujours mieux d'attendre pour ce genre d'expo (surtout quand elle dure 4 mois), le 1er jour c'est toujours plein de monde. Je ne l'ai pas encore vue mais je compte bien y aller bientôt...


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