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1 utilisateur inconnu

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Auteur
 Sujet :

Insertion dans le site ?

 
n°23
di cinarca
Architecte et Rêveur!
Posté le 30-04-2003 à 10:45:00  profilanswer
 

Le site est ce qui permet de voir ce qui n'est pas lui, mais ce qui est construit sur lui ;  
en ce sens il est un peu non-lieu.
Pourquoi donc l'œuvre construite n'appartiendrait-elle pas au site ?
Le site ne précède pas l’œuvre :  
c'est la création de l’œuvre qui précède ipso facto le site  
et qui définit les relations d'appartenances réciproques.  
Le site "magnifique" du Pont du Gard n’existait pas avant la construction du pont !

 
Un bel  exemple : la Villa Malaparte à Capri par Adalberto Libera !
 
à lire dans NOTeBOOK :
http://www.aroots.org/notebook/article121.html

mood
Partenaire
Posté le 30-04-2003 à 10:45:00  profilanswer
 

n°24
AL
Respire le Grand aR !
Profil : Directeur
Posté le 30-04-2003 à 17:32:39  profilanswer
 

Cette villa est magnifique, il n'y a rien à dire de plus...
 
Je dirai que c'est un peu comme Kahn qui dit que ces batiments n'existent pas tant que la lumière ne vient pas les nourir, le site n'existe que pour l'Homme lorsqu'il l'a identifié, et notamment lorsqu'il a mis en avant le Génie du lieu
 
Le Génie du lieu, il est devant, dessus , à côté, dessous, en bas...l'Homme le sent, mais ne le voit jamais, il décide alors de créer un abri pour que lui même y habite mais en espérant surtout que de temps en temps, le Génie vienne s'y recueillir.
 
Un lieu est un espace que l'on reconnaît.

n°25
AL
Respire le Grand aR !
Profil : Directeur
Posté le 05-05-2003 à 22:31:47  profilanswer
 

A signaler une nouvelle carte postale aROOTS :  
 
A envoyer sur http://www.aroots.org/index.php?page=cartes
 
Envoyez la à vos amis accompagné d'un texte chaleureux IN SITU!

n°80
di cinarca
Architecte et Rêveur!
Posté le 16-12-2003 à 22:24:28  profilanswer
 

J’ai toujours pensé que le travail de l’Architecte c’était :
de la ville à la petite cuillère
et  à propos de    " PAYSAGE"    en surfant sur le Web j’ai trouvé plein de chose…
entre autre ça :
 
" Inventé " en Occident à l'Aube de la Renaissance par les peintres,
le paysage semble promis à une mort prochaine :  
il ne serait plus la représentation majeure que la civilisation occidentale
 au XXIe siècle se ferait de l'espace et, plus profondément, de son identité.  
Pourtant, le paysage explose dans toutes les disciplines  
et dans le vocabulaire le plus courant.  
De là cette question naïve mais fondamentale : qu'est-ce qu'un paysage ?

 
puis ça :  
 
Le mot "paysage" n'existe pas en latin et le concept ne se traduit pas..  
La "terre"  a pu intéresser les Romains à différentes échelles mais  …

 
Et un nombre incalculables de liens :
 
http://www.terra-antiqua.levillage [...] ation.html
 
http://tlrdoc.free.fr/pages/kessler.htm
 
http://www.alienor.org/expo/sculpture-paysage/
 
http://www.univ-nancy2.fr/RECHERCH [...] tz2002.htm
 
http://www.cndp.fr/magarts/paysages/edito.htm#top
 
http://www.villadestetivoli.com/index.htm
 
 
ect …

n°81
Monica Fra​ngulea
Posté le 17-12-2003 à 10:37:45  profilanswer
 

A Rhodes ...
 
Des oppinions ?

n°82
salta
Posté le 17-12-2003 à 12:35:06  profilanswer
 

Indépendamment de la qualité architecturale de l'insertion proposée (immeuble), il me semble que ces photos mettent surtout en évidence que ce n'est plus le bâti qui permet d'identifier le paysage ; ça pourrait presque être un bord de mer à La Baule, ou sur la côte méditerranéenne française (ou autre).
Que devient le lien entre paysage et identité (sans tomber dans un régionalisme passéiste) ?
 
Alors ? La couleur du ciel peut-être ... comme témoignage de la lumière ...

n°83
kali
Posté le 17-12-2003 à 13:40:10  profilanswer
 

l'image est en double, ou bien est-ce un jeu, genre "cherchez les 7 erreurs".
 
sinon j'aimerais bien la même photo mais pris depuis le large.. je suis allé à Rhodes, mais il y a pas mal d'année, j'ai plus trop de souvenir...
 
concernant ce que tu as dit Salta (paysage et identité), je pense que ce genre de problématique ce pose aujourd'hui absolument partout; c'est un processus que l'on nomme globalisation et qui ne date pas d'aujourd'hui... (bon il reste toujours la possibilité de se faire parachuter en plein milieu de la jungle papouasienne).

n°84
toku
Posté le 17-12-2003 à 13:45:20  profilanswer
 

Citation :

genre "cherchez les 7 erreurs".


 
héhé t'abuses la héhé tas pas vu le montage sur la premiere image avec le projet en rose saumon ;. :)  
 
sinon je pense que l'identite dun projet par rapport a son contexte s'appele le regionalisme critique  mais on nen a deja parle avec Vitorio Gregotti sur le Post de Porto Portugal ou Tavora et Siza ont su l'appliquer

n°85
kali
Posté le 17-12-2003 à 13:50:44  profilanswer
 

oups... euh oui, oui le projet rose saumon... ok
 
bon ça confirme ce que je disait, avec une vue plus frontale, je ne l'aurais pas raté...

n°86
toku
Posté le 17-12-2003 à 14:03:08  profilanswer
 

si tu las rate cest peut etre une preuve que le photo montage est de bonne qualité :)

n°87
kali
Posté le 17-12-2003 à 14:08:10  profilanswer
 

oui en même temps l'est pas bien gros le montage: environ 5% de la surface photo... ;)

n°88
Monica Fra​ngulea
Posté le 17-12-2003 à 14:47:42  profilanswer
 

autrement ... vue de la mer ...
 
Et ce n'est pas somon ... je vous presente la technique de presentation au client, pas le project...le project c'ect jolie,laissez-moi ...

n°89
kali
Posté le 17-12-2003 à 15:15:49  profilanswer
 

et bien maintenant on le voit bien... ;)

n°90
toku
Posté le 17-12-2003 à 15:26:08  profilanswer
 

Monica il serait peut etre aussi pertinent de nous expliquer la démarche de ton projet, parce que construire un front de mer, il faut au moins avoir des convictions par rapport a l'atout ou le défaut paysager que tu vas creer

n°91
DuD
Posté le 17-12-2003 à 18:24:53  profilanswer
 

ça s insere pas mal dans le ... paysage ...
qu est c que j vais faire de mon diplome .. moi ... si j en decroche un .. un jour..

n°92
toku
Posté le 17-12-2003 à 18:28:17  profilanswer
 

tu trouves que ca sincere bien dans la paysage ?? ca depend comment on definit 'paysage' ici c'est sur un front de rue en beton ca sincere pas mal

n°93
Naya
Posté le 17-12-2003 à 23:17:20  profilanswer
 

Plus que d'accord avec Toku...Je trouve que le paysage urbain est pas terrible...donc oui ça s'incère bien dans celà.  
 
Mais si la question de Monica est sur la technique de présentation au client...oui...rien à redire.  
 
Mais ce n'était pas le sujet initial il me semble

n°94
heptarts
Posté le 18-12-2003 à 09:43:40  profilanswer
 

L'insertion dans le site, c'est un peu quelquechose de pipo que l'on pose comme préalable à la vrai existence du bâtiment dans le site, en croyant qu'à priori, on peut en juger la pertinence, alors que ce n'est que purement arbitraire et relatif à la sensibilité de chacun.
Je crois que je préfère 'jeu avec le paysage', c'est beaucoup plus porteur et surtout beaucoup moins contraingnant. On parle de globalisation en essayant de montrer que tout se fait à peu près de la même manière partout, mais ce n'est pas nouveau, et en même temps, quelle peut-être l'attitude à avoir. On va pas continuer encore pendant des siècles à utiliser le béton sous prétexte que c'est presque devenu une tradition, alors que dans certaines régions françaises où la construction en bois était une véritable tradition, aujourd'hui, on ne peut même plus le faire.

n°95
kali
Posté le 18-12-2003 à 10:25:30  profilanswer
 

Citation :

quelle peut-être l'attitude à avoir


 

Citation :

Fuck the context

n°96
DuD
Posté le 18-12-2003 à 14:24:42  profilanswer
 

just for my toku... j avais pas vraiment lu le debut du débat .. et c'était juste un peu cynique...  
bref c etait du " oh tiens c joli au moins ça.." 'fin bref, rien pour faire avancer l'débat...  
 
et ouai herparts!! le BETON...  rose noir ou blanc...  
 y en a pour tous les gouts!!   apres faut en faire qq chose... loin d etre evident pour trop...
ciao

n°97
toku
Posté le 18-12-2003 à 14:31:37  profilanswer
 

PUTAIN TU ME MANQUES TROP MON POTE. .
 
jai rematé des photos de charette de Porto et javais le coeur lourd ;.. héhé  
 
je sais quon na ete cynique mais comme il ny avait aucune question au prealable je pense quon na pas jugé bon de lancer un débat  
 
ciao mon poto

n°98
AL
Respire le Grand aR !
Profil : Directeur
Posté le 19-12-2003 à 00:29:43  profilanswer
 

L'insertion dans le site...
 
A vrai je n'aime pas trop ce terme car il veut tout et ne rien dire.
(Un jour je marchai et je me suis inséré dans la foule et alors?)
Le terme qui me plait, est celui d'habiter le site.
Habiter c'est s'orienter dans un lieu et l'identifier par ses limites, ses relations et son contenu.
l'aRchitecture révèle le génie et participe à une logique qui est celle du lieu : un lieu en pente, un lieu désertique, un lieu urbain...ou encore un lieu un bord de mer.
Sur le projet de Libera, habiter au bord de mer est , je trouve très signifiant. Il signifie que l'Homme a souhaité habiter au bord de cette falaise et a révélé le GENIE de ce lieu. l'aRchitecture rappelle la position de l'Homme entre le Ciel et la Terre, la position de l'Homme face à l'Horizon...bref ce que je veux dire, c'est que l'aRchitecture transforme le lieu. Le projet ne s'est pas inséré dans le lieu il a crée.
 
Le rôle de l'aRchitecture est de créer des lieux.
 
Le second exemple est une invitation à répondre à la question : qu'est-ce que habiter au bord d'un front de mer?
Ceux qui sont nés, qui ont grandi et travaillé au bord d'un cours d'eau savent ce que cela veut dire.  
 
"Un jour viendra où la mer, si belle soit elle, s'en ira là où elle pourra encore briser ses larmes..."

n°99
kali
Posté le 19-12-2003 à 09:54:12  profilanswer
 

Et lorsque Libera oeuvre pour le régime fascite que veut-il signifier ?
 
J'ai remarqué qu'il était souvent citer par certains ici, serait-il une sorte de modèle pour ceux-la (je veux dire pas uniquement pour son travail spécifiquement architectural) ?

n°100
di cinarca
Architecte et Rêveur!
Posté le 19-12-2003 à 11:41:23  profilanswer
 

Sur les ambiguïtés de Adalberto Libera  
consulter :
 
http://www.aroots.org/notebook/article34.html

n°101
di cinarca
Architecte et Rêveur!
Posté le 19-12-2003 à 16:45:02  profilanswer
 

Rem Koolhaas a écrit: "Fuck the context !" :roll:  
Et dans NOTeBOOK
on peut lire :  
l’ "...esthétisation du chaos et de la violence urbaine,  
corollaire du libéralisme sauvage et de l'inégalité sociale,  
va de pair avec l'absence d'Architecture…"
:!:

n°102
AL
Respire le Grand aR !
Profil : Directeur
Posté le 21-12-2003 à 05:57:25  profilanswer
 

Citation :

Et lorsque Libera oeuvre pour le régime fascite que veut-il signifier ?


 
Certainement qu'il fallait de l'aRchitecture en cachette...

n°107
morpheus
Posté le 24-04-2004 à 00:30:47  profilanswer
 

Rappel utile: Koolhaas n'a pas dit "Fuck context" !!!  :twisted: !
Mais "Bigness fuck context" ... ce qui est bien différent...  sincèrement, croyez-vous que RK fucke le contexe??? Si la lecture tronquée de sa célèbre sentence vous arrange, alors allez-y...

n°108
AL
Respire le Grand aR !
Profil : Directeur
Posté le 24-04-2004 à 22:59:58  profilanswer
 

Citation :

Rappel utile: Koolhaas n'a pas dit "Fuck context" !!!  :twisted: !
Mais "Bigness fuck context" ... ce qui est bien différent


 
En effet...

n°109
Naya
Posté le 24-04-2004 à 23:10:01  profilanswer
 

comme me l'a dit Toku un soir...il parait que Koolhaas aurait dit: "fuck the contexte " a été sorti de son context

n°110
heptarts
Posté le 26-04-2004 à 12:11:55  profilanswer
 

Si l'objet du projet est de construire un centre de formation pour ramasseur de poubelles au centre d'un terrain de stockage à l'intérieur d'un centre de tri des déchets, qu'est-ce qui devient le contexte ?
En dehors des considérations sensiblement écologistes.
 
Si le contexte est vide ? Qu'est-ce qu'il devient ?
Si le contexte est un lieu où il fait toujours nuit noire sans jamais de lune ? Qu'est-ce qu'il devient le contexte ?
Si je n'aime pas le contexte qui m'environne, qu'est-ce que cela devient de le nier ? Même si c'est le plus beau paysage pour tous les habitants de ce contexte ?

n°111
kali
Posté le 27-04-2004 à 00:28:51  profilanswer
 

le pragmatisme n'épargne personne...
 
koolhaas peut aussi être consensuel... quand il s'adresse à une armée de réactionnaires:
 
en France: c'est: les gros bâtiments fuck le contexte... et koolhaas joue le jeu...
 
Quand il fait une conférence en Chine, comme il y a peu, il se charge personnellement d'enc**** le contexte...
 
comme quoi, effectivement, tout est question de contexte...

n°127
serge
Posté le 19-07-2004 à 21:43:59  profilanswer
 

Bonjour Monica,  
 
Je me permet de t'écrire pour une question un peu plus personnelle....vu ton nom et ton apparence je pense que tu viens de l'europe de l'est. Est -ce que je me trompe ??? mon problème est simple, j'ai des amis architectes bulgares, qui aimeraient travailler en France, dans mon cabinet, mais je n'ai pas encore trouvé le moyen pour que ca se fasse légalement. Comment toi t'as fait pour travailler en Gréce (si c'est pas trop personnel) ? as -tu un diplome d'architecte étranger ? ou peut-etre t'es mariée en Occident et t'as ainsi obtenu le droit de travail
 
merci pour ton aide , Serge

n°128
archineil
Posté le 11-08-2004 à 15:37:54  profilanswer
 

l'objet a besoin de son environnement pour exister...
La photo montre que...vu comme ca....ca ne veut rien dire!!

n°173
oulaaa
Posté le 20-03-2005 à 03:59:54  profilanswer
 

Attention à l’utilisation du terme de paysage a tout va. Tout n’est pas paysage !!  
 Il ne faut pas confondre l’environnement, le lieu et le paysage.  
 
Le « pays » défini un lieu, un espace donné dans lequel un spectateur ou un individu quelconque évolue et peut se mouvoir. Alors que, le « paysage » lui, est la manière dont on  perçoit cet espace, de lui donner un sens, la façon dont on regarde l’espace dans le quel on se trouve.
 
Mais le « pays » et le « lieu »,   peuvent tout autant être considérés comme différent. Le« pays » est la manière dont un groupe observe et utilise son territoire. Cette vision est d’ordre fonctionnel et utilitaire, c’est la perception du paysan qui ne vois que le coté économique du territoire. Le « lieu » lui, est une autre manière de percevoir et utiliser le territoire, en cela, c’est son coté touristique ou de loisir qui importe.
 
Pour le paysage attention l’histoire, la linguistique et l’anthropologie ont irréfutablement établi que la notion de paysage n’existe ni partout ni toujours. Il y a eu des civilisations non paysagères des civilisations où l’on ne savait pas ce que c’est que le paysage : de mots pour le dire, pas d’images qui le représentent, pas de pratique témoignant qu’on  l’apprécie…. Bref pas de paysage. il faut d’abord se donner des critères de comparaisons objectif. A. Berque  a empiriquement adopté les quatre suivant, pour distinguer les civilisations paysagère de celle qui ne le sont pas :
1- usage d’un ou plusieurs mots pour dire « paysage » ;
2- une littérature (orale ou écrite) décrivant des paysages ou chantant leur beauté ;
3- des représentations picturales de paysages ;
4- des jardins d’agrément.
C’est le premier de ces critères qui est le plus discriminant, et l’histoire montre qu’effectivement il implique les trois autres.
Il est évident que pour une personne qui a grandie, évoluée, et c’est cultivée dans une société paysagère comme la notre, il est très difficile d’admettre que certaines civilisations ne savent pas mettre en évidence le paysage de leur environnement. On pourrai bien entendu, penser qu’ils ressentent des émotions faces à leur environnement, et que malgré le fait qu’il n’est pas de mots pour dire « paysage », il possède des mots propres à eux pour expliquer les beautés qui les entourent.  
Cependant, je prendrais les quatre critères exposés par Berque comme étant « un postula », ainsi une société doit répondre à ce postula pour confirmer sa « nature » paysagère.  
Tous les hommes aussi, au même titre que les sociétés ne sont pas aptes à saisir l’existence d’un paysage, et capable de le comprendre ou de le lire comme il se doit. Ainsi, une personne inculte et appartenant à une société paysagiste pourrait ne pas connaître et reconnaître un paysage qui se trouve dans l’environnement même où il évolue ; c’est le cas du paysan ou encore du Savoyard chez Sézanne.  
A.Berque  encore lui l’explique très bien :
« Les gens (y compris les historiens de l’art, des ethnologues, des philosophes et d’autre connaisseurs de la chose culturelle) croient volontiers que tout être humain jouit de la beauté des paysages, et que la nature en elle-même ne peut qu’être belle.
(…), si l’on essaie de prendre du recul par rapport à soi-même d’imaginer comment le monde est perçu dans d’autres cultures, à d’autres époques, dans d’autres milieux sociaux, l’on finit par se rendre compte que c’est Bashô qui avait raison.
[« Suis la nature ! Retourne à la nature ! et pour cela, sors de la sauvagerie, éloigne-toi des bêtes ! » ( Itaki wo ide, chôjû wo hanarete, zôka ni shitagoi, zôka ni haere), cette phrase célèbre figure dans l’introduction « D’oi no Kobuni » de Bashô]
Le sens de la nature, et plus particulièrement le sens du paysage, pour une large part, sont une élaboration culturelle ; c’est-à-dire qu’on les apprend. Il faut « sortir de la sauvagerie », acquérir certaines manières de dire, de voire, de sentir, et alors seulement l’on pourra jouir du paysage, apprécier la nature comme il convient. ».

 
 La culture est bien la solution sine qua non de l’appréciation et de la reconnaissance d’un paysage. Oscar Wilde le résume très bien de manière ironique : «  où l’homme cultivé saisit un effet, l’homme inculte attrape un rhum ». ( j'adore ce type !!! )  
 
L’environnement lui constitue un ensemble de données que l’on peut analyser, dont on peut faire l’inventaire, en dehors de toute appréciation esthétique ; ce qui fait qu’il n’équivaut pas au paysage.  
L’environnement est dont a considérer que comme quantifiable et mesurable, et qu’il n’existe que par son utilité.
 
Pour finir je dirai que le paysage est une manière de lire et d’analyser l’espace, de se le représenter, au besoin en dehors de la saisie sensorielle, de le schématiser afin de l’offrir à l’appréciation esthétique, de le charger de significations et d’émotions. En bref, le paysage est une lecture, indissociable de la personne qui contemple l’espace considéré. Evacuons donc ici, la notion d’objectivité.  
Lorsque je parle de lecture du paysage le terme ne doit pas nous induire en erreur. Car, l’appréciation et la construction d’un paysage ne doit pas se restreindre au seul sens de la vision. En effet, tous les autres sens doivent être en éveil, le toucher des pieds sur le sable et l’eau venant les caresser, permet une meilleure construction du paysage de bord de mer ;de plus, l’appréciation des météores tel que le vent, la neige, la pluie, le brouillard, est ressentie par nos parties dénudées.  
 
Bon je vais m’arrêter la car je vais commencer a vous saouler, lollllllll. Et puis il se fait tard je n'ai pas vu l'heure tournée.  8O  
 De plus, mon discours devrait plutôt faire l’objet d’un post particulier. Mais à lire vos post je n’est pas pu me retenir. Mdrrrrr

n°174
kali
Posté le 20-03-2005 à 10:21:06  profilanswer
 

Ton exposé est intéressant et tout ce que tu dis est juste. Mais tes descriptions ne font référence qu'au paysage naturel. C'est ce que fait Augustin Berque quand il parle du Japon où la notion de paysage est exclusivement lié à l'environnement naturel et où les japonais entretienent une relation quasi mystique avec la nature. Mais il y a aussi une autre catégorie qui est le paysage urbain. Paysage urbain qui n'est pas (plus) une simple analogie formelle entre la nature et la ville.  
 
Effectivement à l'origine le lieu et le paysage sont 2 choses différentes. Ce que nous montre les nombreuses "écoles" qui nous ont habituées à penser l'architecture en fonction du lieu en imaginant qu'il nous donnerait les solutions pour aborder le projet: le contextualisme de l'école de Francfort (notamment Frampton), la phénoménologie (Steven Holl), le Genius Loci (Aldo Rossi), l'influence Bergsonnienne (Moneo)...
 
Mais aujourd'hui si tu regardes attentivement les différents projets d'architecture, on à tendance comme tu le dit à utiliser facilement ce terme de paysage. Mais je ne pense pas que ce soit totalement innocent; parce que ce terme à pris une nouvelle dimension, le lieu est devenu paysage, qu'il soit naturel ou artificiel et n'est plus un fond neutre sur lequel se détache des objets architecturaux isolés; il devient l'intérêt principal de l'architecte; le paysage perd totalement son inertie, qui était auparavant sa principale caractéristique pour  devenir à son tour un objet projectuel et artificiel. Il n'est plus un simple décor mais devient un véritable instrument. Le projet architectural est composé avec le paysage et celui-ci s'architecturalise créant de nouvelles dynamiques, situées à mi-chemin entre la croyance moderne de domestiquation formelle (l'artificiel) et la relation primitive avec la matière brute (le naturel).  
 
Les projets sont nombreux à travailler des nouvelles topographies à partir de lieux naturalisés et de paysages architecturalisés (projets sur des grandes surfaces, prise en compte des horizons, travail de sols, projet végétalisés, travail sur les textures, les transparences, les plis, les rugosités, projets camouflés, emballés, sérigraphiés, enveloppés...). Un double mouvement, du paysage au projet et du projet au paysage, qui fait naître une dimension écomonumentale qui fait intervenir le temps dans l'architecture comme vecteur de transformation du vivant: architecture éphémère, impermanente, flexible, évolutive, qui utilise des matériaux qui s'altèrent naturellement (acier cortène...), et qui amène de nouvelles transversalités avec le Land Art (Christo, Mario Merz, Joseph Beuys...), la géographie, l'anthropologie, la biologie...
 
À mon avis c'est  de ce nouveau paysage qu'il serait intéressant de discuter ici.

n°175
oulaaa
Posté le 21-03-2005 à 02:49:05  profilanswer
 

Je suis entièrement d’accord avec ce que tu dis, cependant, j’aimerai tout de même nuancer une chose.
J’’aimerai commencer en disant que ce que j’ai dit et ce que je vais te dire n’est qu’une pensé exclusivement personnel et comme j’ai l’habitude de dire je ne détient pas la science infuse. ‘ Ceci pour répondre à certain qui dans différent post, voient dans certains de mes propos une volonté d’affirmation et de négation du discours de l’autre). De plus, je citerai la chose suivante «  à chacun sa vérité ». lol
 
Je ne pense pas avoir parlé du paysage naturel en particulier, mais du paysage en règle générale. Le paysage naturel et le paysage urbain ne sont que des notions, avec d’autres qui forme les identités du paysage. (Paysage historique, paysage culturel, paysage technique…)
La question que je mettais en avant était sur l’existence ou non d’un paysage ? Tout ce que l’on regarde peut-il être considéré comme paysage ? A cette deuxième question je dis non !  
Tu semble pensé comme nombres de personnes,  que même à  l’heure actuelle aucune différence ne peut être faite entre le lieu et le paysage. (Si je me trompe, je m’en excuse d’avance).  Les véritables études sur le paysage ne sont que très récentes d’ailleurs.  
 
Le paysage n’existe que par un processus, de mise en art, «  d’artialisation » du lieu. Comme je l’ai dit et suivant les principes 2 et 3 de A Berque, c’est l’art qui créer un paysage qu’il soit naturel ou urbain. Par cet approche artistique (littéraire ou picturale), le lieu devient un paysage. Ceci est aussi vrai en ce début de millénaire. La lecture et le terme de paysage ne sont possibles qu’à partir du moment où il a une référence artistique possible et connu. Bien sur, nombres de ces références aujourd’hui sont considérées comme acquise de part, l’émancipation des connaissances, l’évolution de l’éducation, des médias etc.…
D’ailleurs à ce sujet il me vient une citation de A. Roger :
« Le pays, c’est en quelque sorte, le degré zéro du paysage, ce qui précède son artialisation »  
 
Comme tu le désirais, parlons plus particulièrement du paysage urbain, même si pour ma part je crois que le paysage naturel existe encore de nos jours, certes il est quasi inexistant voir extrêmement minime dans notre société moderne. Cependant, le monde est vaste et l’homme n’a pas encore mis son empreinte sur tous les territoires de notre planète. (Voir des autres planètes). Et des paysages sont certainement encore à inventer.  
Donc en ce qui concerne le paysage urbain, … non !!  Je parlerais plutôt, si tu me le permet de la « modernité », plus que de l’urbain. Car le paysage urbain m’obligerai à commencer par parler de l’antiquité, qui ne possédait pas de paysage à proprement parlé, mais de « proto-paysage ». (Un sujet que je pourrai développé plus tard si tu le désir.)
Notre paysage occidental est indissociable de cette modernité, car, ce n’est sans doute pas un hasard si l’invention de la peinture de paysage est contemporaine à celle de la perspective et de sa codification albertienne. La période Renaissance fut porteuse en modernité, en effet, les pensées collectives évoluent fortement durant toute cette époque. Les regards portés sur le monde, sur l’espace, sur la nature et sur l’homme ont considérablement été modifiés. On peut dire en quelque sorte que la modernité a engendrée la notion de paysage et a crée la peinture de paysage.
  Cependant, l’évolution de cette modernité qui était à l’origine de la notion de paysage, semble avec le temps « tuer » le paysage. Je m’explique !  Les progrès apportés aux villes des civilisations industrielles et européennes, ont dénaturées les paysages (d’origine avant même d’en créer un nouveau). Puis cette évolution de la modernité a scindée en deux groupes les pensées de notre civilisation. D’un coté les cartésiens, physiciens, et hommes de sciences, soucieux et intéressés par l’ « objet » et de l’autre les paysagistes ou les écologistes qui s’applique à réfléchir sur le « sujet » de nature. Le fossé, c’est d’ailleurs considérablement creusé au cours des années, dans un premier temps à la première révolution industrielle, puis avec l’arrivée dans le domaine artistique du mouvement moderne. La peinture du mouvement moderne c’est complètement désintéressé du sujet; « nature ». C’est sans doute pour cette raison que l’on a  parlé pendant un moment de « la mort du paysage ».
En effet, j’ai dit précédemment que c’est grâce à l’art et aux artistes que le paysage pouvait prendre naissance. Ainsi, si ces artistes ne s’appliquent plus à rendre et à représenter la nature et par cela le paysage, la naissance de nouveaux paysages ne peut exister. Malgré tout, il me faut mettre une réserve à cette affirmation, car tout d’abord la peinture n’est pas le seul mode de représentation d’un paysage, puis, notre société est de plus en plus une société de l’ « image ». De plus, les progrès techniques, la modernité de la fin du 20ème siècle, montrent que les paysages ne sont pas encore morts et restent, plus que tout, encore en vigueur. Tout ceci, grâce à ces nouvelles technologies que sont : l’ordinateur, la photographie, le cinéma. Les images de synthèses, peuvent être à mon sens et dans une certaine mesure, servir de substitut aux peintures de paysages. Ceux sont des moyens modernes de représenter de nouveaux paysages, par exemple, grâce à celles-ci et par là aux ordinateurs, nous avons la possibilité de créer des paysages imaginaires dignes de ceux que nous décrivais Jules Verne. De plus, la conquête de l’espace et l’évolution des techniques nous permettent de découvrir des paysages qui ne se trouvent même pas sur notre propre planète. Enfin, je commence a extrapolé sérieux… Et encore une fois, je n’arrive pas a m’arrêté, donc je vais m’auto censuré, de plus, j’ai peur d’avoir débordé légèrement du sujet.  
Ton discours partait d’ailleurs plus sur le coté éphémère du « paysage architecture », que sur l’identité du paysage lui-même. Mais, je te promets de réfléchir là-dessus, et d’en discuter avec toi. La demain je bosse et il se fait tard…. Lollll  
 
@+ oulaaaaaaaaaaaa

n°303
artefact
Posté le 10-05-2006 à 21:55:32  profilanswer
 

Je trouve ce post vraiment très intéressant même s'il est assez compliqué et j'aimerai bien que la discussion continue en particulier sur la question de l'insertion dans un site ou sur la notion de paysage. Peut-être que la conversation continue sur un autre post dans ce cas-là pouvez-vous me précisez lequel ?  
 
Merci

n°387
andouille2​3
Posté le 23-01-2008 à 19:36:28  profilanswer
 

Insertion, intégration, inscription ?
 
Site, lieu, paysage ?
 
"On se promène sur ou dans un site, jamais dans un paysage" puisque le paysage nécessite une posture exceptionnelle (contemplative ?) et donc une distance.  
 
"paysage urbain" ou "paysage en ville" ?
Le "paysage urbain" n'est-il pas un abus de langage pour dire contexte/environnement visuel urbain?.
Est qu'en ville on n'est pas la plupart du temps dans du contexte urbain. Et qu'on peut réellement parler de paysage, lui reconnaitre réellement les qualités d'un paysage, que lorsqu'on à un espace réellement ouvert et une forme d'horizon, une certaine "naturalité" (pas forcément la nature en tant que telle), un cadrage : grands fleuves en ville, terrasse de Meudon... (clin d'oeil à P. Aubry).
 
Pour vous, quand tel ou tel lieu en ville vous évoque un paysage ? et quelles sont les conditions à cela ?
 
 
 


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