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Gorn | Bonjour à tous, Me voilà revenu de 2 mois au maroc, à étudier les cultures constructives locales. Comme promis, je vous fais un petit compte rendu...
L'objectif du travail était de mettre au point une méthode d'enquête sur la culture constructive : systèmes constructifs, savoir-faire, symbolique. Les enquêtes ont eu lieu surtout autour de Ouarzazate. Ce qu'il en ressort, en résumé : les systèmes anciens de kasbah et maisons ksouriennes (des villages fortifiés, appelés ksour/sing. ksar) sont laissés à l'abandon, il n'est pas envisageable de les conserver. Ces systèmes anciens, basés sur une évolution verticale et vers l'extérieur à partir d'un patio, sont remplacés par une diffusion horizontale de l'habitat, la population sortant des ksour. Les systèmes constructifs évoluent de la même manière, avec une perte de savoir-faire, de vision d'ensemble de la maison au moment de la construction : la construction commence aujourd'hui par le mur d'enceinte de la parcelle, à l'intérieur duquel la maison va se construire progressivement (en fonction des moyens/du temps), jusqu'à se refermer sur un patio, ou plutôt une petite cour couverte qui n'a pas été projetée au début de la construction. On observe de plus en plus l'intégration de béton armé (de mauvaise qualité : pas de connaissance du matériau) dans les structures en pisé et adobe. Cette arrivée massive du béton constitue selon moi un danger majeur pour le bâti marocain : affaiblissement des structures (les éléments BA ne sont PAS fondés.... aucune maîtrise du matériau), coût prohibitif du matériau qui "pompe" au loin (j'ai vu beaucoup de sacs de ciment Lafarge entre autre ) de l'argent qui aurait pu rester dans la région (il y en a besoin), perte d'une qualité paysagère qui attire le tourisme et donc peut constituer une source de revenus importante, etc.
Quelques photos pour vous donner une idée |