Merci Al de tes impressions de Firenze .
Très beau oui …
Je vais très souvent en Italie, j’y ai beaucoup d’amis : des Archis cultivés et sans commandes … Ils connaissent aROOTS et l’apprécient … Ils sont sur Internet tous très actifs… bien plus qu’en France …
Je me suis rendu en Toscane pour la première fois en 1975. De cette époque j’avais ramené les impressions qui suivent, elles figurent dans le roman dont j’ai parlé dans ce forum. En voici quelques extraits … de ce voyage je n’ai pas gardé de photos tu les a faites à ma place trente ans après … merci car mes émotions de jeunesse sont intactes … vive les racines de l’Architecture !
"... A Florence, le taxi après avoir fait le tour de la Piazza Della Liberta les déposa au 58 Borgo Pinti. Derrière le porche à arcades blanches, un jardin intérieur baignait de lumière une fontaine claire. Sur la droite par une porte basse on entendait Gato Barbieri. Philippe reconnut "Caliente", les violons langoureux contrastaient avec la colère du saxophone. Sur la porte une plaque de cuivre indiquait : Gruppo Fiorentino d'Architterura Szperimentale. Quand Anne Marie pressa le bouton de la sonnette, Gato Barbieri se mit en sourdine et une jeune femme ouvrit….
Le soir même, ils allèrent au restaurant. Tout le groupe attablé avait commandé une infinité de variété de pâtes, c'était la spécialité du restaurant. Il y avait une multitude de sauces différentes, et un excellent vin blanc très léger comme boisson. Tout le monde était joyeux et buvait beaucoup. Philippe qui comprenait mal l'italien, était assis en bout de table et observait ses amis. Ils étaient très volubiles et parlaient fort. Par instant, Donatello à côté de lui essayait d'engager la conversation, mais aussitôt les autres l'interpellaient. Ces sollicitations en fait, traduisaient le rôle prépondérant que Donatello jouait au sein du groupe. On réclamait son avis à tout propos, cela coupait court à tout embryon de discussion intime avec Philippe. Eloigné d'Anne Marie, il savourait ses cannelloni et la regardait tendrement. L'italien de son amie était, excellent, il lui sembla que leur conversation tournait autour des rapports de l'architecture avec la photographie. Philippe en fait s'ennuyait. Le dîner dura longtemps, puis ils allèrent se coucher. Donatello les raccompagna. Ils s'arrêtèrent d'abord chez Vivoli, ils prirent des glaces, Anne Marie un sorbet à la poire, Philippe une crème à la straciatella.
Ils arrivèrent enfin à leur hôtel, Piazza Santa Maria Novella. Anne Marie était fatiguée et très préoccupée, sans doute la discussion qu'elle avait eu au restaurant. Elle annonça à Philippe que le lendemain ils iraient visiter le chantier de l'école. Elle s'endormit très vite. Longtemps Philippe contempla son sourire endormi. Puis tendrement blotti contre elle, il s'endormit aussi.
Il faisait très froid mais un grand soleil d'hiver caressait les toits rouges de Florence, le dôme en dominant la ville rivalisait avec le campanile de Giotto. La brume du matin ne s'était pas encore complètement dissipée et en s'attardant l'humidité fonçait plus que d'ordinaire l'ocre des pierres vieillies depuis la renaissance.
A la hauteur du parapet les brumes de l'Arno tissaient un voile lâche sur la terre de Sienne du fleuve. Esthétiquement sans doute, Donatello regardait le mélange de gris des lambeaux des nuages se superposer avec le jaune boueux des eaux, il admirait le contraste entre le magenta du ciel et le Belvédère en haut dans le contre jour. Brunelleschi l'oeil au ciel, le compas à la main regardait, l'orgueil intact, sa coupole immobile… "
Les voyages forment la jeunesse et les Architectes aussi …