Je ne connais ni ton âge ni ton expérience, mais je trouve que tu as un trait très mûr, un vocabulaire graphique déjà assez sûr...Maintenant, si c'est une analyse graphique du paysage que tu comptais faire, on en est encore assez loin. Souviens toi En tant que technicien de l'analyse, tu dois montrer plusieurs vérités du territoire. Toi, en tant qu'indécrotable artiste, tu nous montre une vérité sensible, celle qui a découlé de ton cheminement. Hé oui mais,le regard de l'architecte sur le paysage, ce ne peut être QUE ça. Expliciation:
Mettons nous d'accord pour dire qu'un paysage est animé en permanence par des composantes physiques (cractères topographiques, géographiques...), culturelles (manière qu'une société a pour répondre aux contraintes de son environnement) et sensibles (substances des choses (matières, valeurs, couleurs), évaluées par l'expérience). Convenons ensuite que tu n'as qu'un crayon et un carnet pour montrer tout ça, et admettons que c'est quand même bien mince comme outils. Au fait, l'objectif, c'est quand même de trouver les potentialités du territoire: Savoir que protéger, que développer, que valoriser. Pour ça, le dessin présente l'intérêt d'obdserver, de retranscrire (en sélectionnant) et d'analyser en un seul geste: beaucoup plus efficace qu'une simple photo.
Alors avec tout ça, il faut bien te débrouiller mais heureusement, le crayon n'est pas vraiment ton outil principal: ton outil principal, c'est ton imagination.
- c'est ton imagination qui sélectionne et retranscrit en formulant des "élipses" dans le paysage réel. Tu sais, les nuages évanescents dans la peinture chinoise: la même chose, pas moins, tes blancs sur ta page sont des élipses du paysage réel. Donc, travaille ton élipse et quand tu éludes un élément pour en valoriser un autre avec ton crayon, trouve la raison: les potentialités du paysage commencent là. Le peintre chinois couvre de nuages ce qui n'a pas provoqué sa médiation. Toi, c'est différent mais...Pas tant que ça, non?
- c'est ton imagination qui te permet d'alterner le point de vue égocentral (ce que je vois depuis mon point de vue de péquin) et le point de vue global (ce que je vois en prenant de la hauteur, le regard carthographique). C'est en alterant les deux regards en permanence que l'importance, par exemple d'un paysage de bocage, se fait jour: en dessinant l'organisation d'une haie pour la comprendre, et en regardant l'implication de cette petite organisation à l'echelle du grand paysage tu saisis l'implication physique, culturelle et sensible de la haie dans le paysage de bocage. N'hésites pas à redessiner des cartes IGN en faisant le même travail de croquis que celui qui t'occupe devant un paysage. Toujours alterner la vue de la carte au territoire et au sein de ce territoire, alterner du focal au global.
-c'est ton imagination qui te permet de prêter des symboles à des formes. Symbolique dans le paysage physique (le clocher comme point focal) ou dans le paysage culturel (le clocher comme identité d'une commune). Là, tu touches aux limites du dessin alors: flèche et annotes. et puis c'est une deuzième vertu du dessin: en dessinant tu peux montrer, faire parler, remuer les mémoires, les secrets, bref, aller à la rencontre des habitants pui, bien évidemment: retranscrire.
Voilà voilà. Tu remarque que je n'ai pas parlé de technique graphique. Là: chacun la sienne.
Bonne ballade.