Je suis d'un autre pays que le votre, d'un autre quartier, d'une autre solitude ... c'est peut-être pour ça que je ne comprends pas (encore?) le point de vue de di cinarca, ayant "étudié" l'architecture pendant deux ans dans cet autre pays dont je tairai le nom pour lui épargner mon mépris public, j'ai un point de comparaison qui me fait apprécier ce que je découvre ici... apprécier, que dis-je ?! qui me fait tomber en extase ! car oui, ma vie en est bouleversée ... C'était evidemment mon objectif lorsque j'avais décidé de quitter cet ersatz d'apprentissage de l'architecture pour venir le vivre réellement et pleinement en France, mais j'ai du, avant de l'atteindre, courir aprés la montre et dans le sens inverse de la file de cette putain de préfecture pendant un certain temps, ce qui m'a permis de recommencer seule mon initiation, entre autre par le biais d'aROOTS.
Quel bonheur de vous lire! grace à vous, pendant plus d'un an, tous les soirs je me plongeais dans un bain brulant d'architecture, d'art et de litterature, j'en suintais par tous les pores de ma peau !! mais malgré toute l'exhaltation que vos débats et théories m'ont inspirée, vos avis sur l'enseignement de l'architecture, légerement nuancés mais allant quasiment tous dans le même sens, m'ont effrayé ... surtout qu'un mois avant la rentrée, mis à part les posts désésperés et désespérants des futurs étudiants en quête de renseignements insignifiants sur leurs écoles respectives, et de vagues post de Beb Phil195 et Toku (je crois) sur l'école que j'allais intégrer (celle de Strasbourg), ceux de Guidu devenaient de plus en plus véhéments, de plus en plus effrayants. Grande était donc ma surprise quand enfin à l'école j'y étais !!! j'ai vite réalisé que ce que j'avais appris la première année à Alger (vendue), je l'ai réappris en le comprenant cette fois, en deux semaines à l'EAS, et que ce que j'avais appris pendant la seconde année, il fallait que je l'oublie, que je reformate mon DD, que je nettoie, que je change de système d'exploitation, que je fasse le vide pour accueillir le trop plein qui m'attend. Je savais que j'aimais l'architecture, maintenant je sais que c'est ma passion, j'aime la façon dont on me l'enseigne, j'aime que tous mes modules soient liés, et que tous ils me lient à la vie, j'aime la façon dont on éduque mon oeil, mon regard, ma main, ma créativité, ma reflexion... depuis que je suis à l'école, je mange, je bois, je dors, je rêve, je baise ...réflexion faite... il n'y a que qd je baise que je ne pense pas à l'archi ! je suis constamment, quoique je fasse, en toile de fond, à la recherche d'une idée, d'une matiere, d'une forme, d'une inspiration pour tel exercice d'archi, ou telle sculpture pour le cours d'art plastique, mon regard sur les choses a changé, mon regard sur la vie s'est aiguisé. C'est comme si j'avais vécu jusque là le terrible ennui de la chasteté et qu'enfin l'architecture me déflore... avec le temps je me rendrais peut-être compte que le premier coup n'est jamais le meilleur, mais le rôle de l'école n'est-il pas celui de dépuceler pour donner le meilleur élan possible à l'expression architecturale ?
Donc pourquoi Guidu méprises-tu à ce point l'enseignement de l'architecture ?