Tres interessant Guidu , Merci pour la recherche!
In particulier:
Le Plan organique
Johan van de Beek (2), en choisissant, en opposition à l'architecture de Loos, l'exemple de la maison traditionnelle japonaise associait aussi à celle-ci, les maisons dans la prairie de Frank Lloyd Wright.
Il est vrai que les plans de Wright, de par leur composition, reprennent l'idée japonaise de l'organisation de l'espace.
Dans sa description de ces plans élaborés par Wright, Michel Ragon fait ressortir des notions aussi particulières que celles des pièces communiquant directement les unes avec les autres sans espace servant, d'une croissance organique du plan ainsi que d'une relation privilégiée au site.
"Les maisons de Wright étaient en effet, alors, d'une absolue nouveauté. Ne serait-ce que leur plan intérieur dessiné comme si la maison ne constituait qu'une seule pièce. (...) Puis il fit partir ses plans du centre de l'habitation, les pièces rayonnant du coeur de l'habitat vers l'extérieur. (...) Autant que le terrain le permettait, Wright étalait ses maisons. Au lieu de protéger la maison contre la nature, ce qui était la tendance des hommes depuis l'origine de l'architecture, Wright noyait son architecture dans la nature, faisait pénétrer celle-ci dans la maison, supprimait l'hiatus entre intérieur et extérieur."(6)
Ces mêmes notions appartiennent également à l'architecture japonaise (voir La Place du Japon dans l'Activité architecturale en Occident - La Mouvance américaine - notes 27 et 28 - illustrations 90 et 91).
D'ailleurs, Wright lui même, dans l'une de ses conférences données à Londres en 1939, explique que l'idée du plan organique s'applique précisément à l'architecture traditionnelle du Japon.
"(le terme "organique" ) s'applique aux anciennes constructions japonaises; L'architecture domestique japonaise était réellement de l'architecture organique"(7)
Wright avait bien trouvé dans l'architecture japonaise la représentation de l'idée de l'architecture organique qu'il avait, lui-même, développée.
Et, le plan organique de Wright accordait toute son importance à la nature environnante, en privilégiant les relations au site et l'interpénétration intérieur-extérieur.
- Relation au site - L'une des propriétés du plan organique est "d'estomper" la limite, jusqu'alors fortement affirmée, entre l'espace intérieur de la construction et l'extérieur.
Wright, dans deux passages relevés de ses réflexions écrites, reprend cette même idée, à propos de l'architecture organique et de l'architecture japonaise, qu'une limite qui serait franche et nette entre l'intérieur et l'extérieur de ces constructions est impossible à fixer.
Tout d'abord, toujours au cours de la même conférence donnée à Londres en 1939, Wright, à propos de l'architecture organique fait la remarque suivante:
"Le jardin et la construction ne doivent désormais faire qu'un. Dans n'importe quelle structure organique de qualité, il est difficile de dire où le jardin finit et où la maison commence, ou où la maison finit et où le jardin commence - et c'est exactement comme ça devrait l'être, car l'architecture organique assure que nous sommes par nature des animaux amoureux du sol, (..)."(8)
Et, le parallèle est fait avec le jardin japonais, lorsqu'en 1955, dans un chapitre entièrement consacré à son expérience japonaise, de An American Architect, il écrit:
"On ne peut pas dire où le jardin finit et où le jardin commence. J'ai vite cessé d'essayer de le dire, trop séduit par le problème pour le résoudre. Il y a des choses si parfaites que rien ne justifie une telle curiosité."(9)
- Interpénétration intérieur-extérieur - Cette idée d'interpénétration de l'intérieur et de l'extérieur n'est pas réservée à Wright.
Plus généralement, les projets modernes ont exploité l'idée d'une ouverture maximale sur l'extérieur, rendue possible par de nouveaux modes de construction (structure poteaux-poutres).
Mais ces ouvertures maximales procurent à la construction différentes qualités qui ne sont pas exploitées de la même façon et pour les mêmes raisons en Occident et au Japon.
Cette large ouverture de l'habitation moderne sur l'extérieur se limite bien souvent aux somptueux projets, comme ceux de F.Ll.Wright, mais aussi ceux de L.Mies van der Rohe, de R.Neutra, de C.Scarpa..., qui bénéficient de sites privilégiés. En fait, la grande majorité des murs-rideaux de l'architecture moderne, situés dans un environnement plus sobre, répondent moins à ce besoin de contact avec la nature, qu'à celui d'une recherche de luminosité maximale avec une liberté totale de composition de la façade.
A l'inverse, dans la maison japonaise, la qualité qu'apporte l'interpénétration de l'intérieur et de l'extérieur, prend toute sa valeur, si l'on sait l'attachement que les Japonais ont pour la nature.
"Le jardin japonais, prolongement de la maison, est conçu pour aider la méditation par un jeu de plans et d'éléments de conception souvent très abstraite.
Sans doute semblons-nous loin de l'habitat moderne, mais tous le efforts en urbanisme et en architecture ne tendent-ils pas à la création d'un habitat permettant à l'homme de vivre en harmonie, isolé au maximum et profitant de la nature au moyen d'une façade largement ouverte sur les jardins ou sur le ciel."(10)
Et, ces grandes ouvertures ne sont pas conçues pour apporter de la lumière à l'intérieur de la maison; au contraire (voir La Place du Japon dans l'Activité architecturale en Occident - La Mouvance américaine - notes 21 et 22 - illustrations 81 et 82):
"(...) en supprimant les derniers coins d'ombres, l'on tourne le dos à toutes les conceptions esthétiques de la maison japonaise."(11)
Si l'on doit justifier d'un rôle effectif dans la construction de cet important rapport entre les ouvertures et la surface des pièces (1/5), il serait alors plutôt celui de l'aération des habitations dans des régions tropicales humides.
FONTE CITAZIONE : http://perso.wanadoo.fr/laurent.buchard/Japonisme/