Un article du parisien sur le lycée en péril de Frédéric Borel. Dans tous les cas, il semblerait que l'on recherche un coupable, l'architecte, avec ses assurances est la cible idéale. Le débat est lancé sur la responsabilité de l'architecte.
Le scandale financier du lycée
LA FACTURE s'élève à plus de 26 millions d'euros, et Lognes n'a toujours pas son lycée. Lundi, Jean-Paul Huchon a visité le bâtiment provisoire, qui a coûté la bagatelle de 5,6 millions d'euros, et a qualifié la situation de « catastrophe industrielle ». Le président de la région a annoncé, enfin, un horizon de livraison : « Le lycée ouvrira dans deux ans, dans trois ans si ça se passe mal. » Plus personne n'ose promettre de date fixe, car, jusqu'à présent, tout se passe mal dans cette affaire.
Digne de l'émission "Combien ça coûte ?" » Le lycée du Cours-des-Lacs aurait dû accueillir ses élèves à la rentrée 2001. Il est aujourd'hui couvert de tags, vandalisé et souffre des intempéries. L'architecte, en conflit avec la région, estime le coût du nettoyage du bâtiment à 305 000 €. Le bras de fer engagé entre les deux parties se réglera devant le tribunal administratif. Les élus UDF (opposition) de Torcy crient au « scandale, digne de l'émission Combien ça coûte ? » dénonce Gégard Jeffray. Ils ont d'ailleurs demandé à la région d'organiser une visite du chantier du Cours-des-Lacs pour constater les dégâts du bâtiment inachevé. La malédiction du lycée a démarré en mars 2001, quand la société de bâtiment Bec, en charge des travaux, manifeste des difficultés financières. Elle ne parvient plus à régler ses sous-traitants, lesquels, profitant d'une bonne conjoncture économique, gonflent leurs prix de 10 à 15 %. Bec abandonne le chantier en juillet 2001 et, pendant dix-huit mois, c'est l'inertie. « Nous avons perdu beaucoup de temps parce que nous avons essayé de nous entendre avec l'architecte. Pour relancer le chantier, il fallait qu'il régularise les modifications de ses travaux de façade et nous transmette le décompte général définitif, c'est-à-dire le coût de tous les travaux effectués. Il l'a fait très tard. » L'architecte, Frédéric Borel, rétorque qu'une inclinaison de fenêtre ne nécessitait pas de dépôt de permis de construire et qu'il lui a fallu un an pour rendre un décompte détaillé et juste de la situation. Quant au bâtiment laissé sans protection, c'est aussi la faute à l'architecte, estime la région. « Il a refusé de s'engager sur les délais et le coût des mesures conservatoires ! » Frédéric Borel, lui, assure que cette « obligation incombe à l'entreprise ». Bref, le dialogue de sourd qui a persisté entre les deux parties depuis deux ans s'est trouvé dans l'impasse. La région a renvoyé tous les intervenants et reprend l'affaire de zéro.
MAIL DU CORBUSIER, LUNDI, 16 H 30. Jean-Paul Huchon a fait une visite express au lycée provisoire et a annoncé l'ouverture de l'établissement en dur dans trois ans au plus tard.
Valentine Rousseau
Le Parisien , mercredi 14 mai 2003