Toute l'histoire de l'architecture est faite sur des Palais et des édifices religieux érigés à la gloire des Dieux, de Roi ou d'un +++ puissant...avez-vous vu le long métrage : Le Roi et l'oiseau (1979) de Paul Grimault (textes de Jacques Prévert), belle métaphore qui relève cette "omniprésence symbolique du roi, exp :le fait qu'il soit l’unique modèle des arts suggère un despote incarnant l’État à lui tout seul et le caractère absolu de son pouvoir l’amène à s’isoler de tous. De fait, la ville semble étrangement déserte, privée d’habitants en dehors du roi et de ses sbires". (à voir), ça me fait penser à la tour de + d'un kilomètre qui va se construire dans l’isolement au milieu de la mer et sur une île artificielle de luxe. Et puis, si on remonte aux civilisations anciennes, il y a les totems (et tabous, Freud), les temples incas, etc...que de montées vers le ciel et verticales pour traduire grandeur et domination de la nature...
Seulement ne pensez-vous pas que notre société actuellement référencée sur les logiques de marché, l'information virtuel, la puissance de nos technologies et les réussites individuelles, que tout cela génère une certaine défiance, une certaine forme d'héroïsme et de barbarie qui veut faire fi de la condition humaine et qui s'armature du sentiment de toute puissance en tant que spectaculaire? Finalement pour caricaturer, ces tours qui poussent comme des champignons un peu partout, ne rivalisent elles pas dans une course folle à une démonstration de toute puissance, face à la mondialisation, à la concurrence, au temps? Et dans le fond, n'évoquent t-elles pas la peur de se voir engloutir, façon de se surestimer pour masquer leur propre défaillance, manque et incomplétude, enfin, pour parer à la peur de leur propre finitude disparition?
Ses représentations, fantasmes et symboles phalliques, nous ramène subito à l'originaire et la crainte de castration, vous me suivez..
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Entre rêve et cauchemar, au loin un grondement :
Bref, dans cette course folle, l'homme, que veut-on? les tours ne sont pas à l'abri de destruction : les mouvements sismiques, climatique, etc.. qui s'accroitront inévitablement, quiz du réchauffement de la planète et bien d'autres pbs encore comme les attaques terroristes (feu les Twins) ou tout simplement d'énormes pannes techniques... Et au lieu de réaménager ou sauvegarder son propre espace, on cherche déjà à se tirer sur d'autres planètes... Voulez vous d'une terre poubelle? La terre n'est elle pas le propre de notre condition humaine? L'humain est terrestre.(A.Harendt). En croyant s'émanciper, l'Homme court à sa propre perte, vous me suivez, c'est dramatique...ces tours gigantesques babéliennes explosent toutes échelles humaines, c'est comme une déshumanisation, loin de la terre = loin du coeur terrestre
Pour autant, je suis fascinée par le spectacle qu'offrent ces nouvelles formes hautes, aux technologies avancées, mais si cela va aux dépend de notre planète ou de l'humain à cause d'un coût (qui ne va ni à l'environnement, ni aux sans toits -crèves la dalle-la soif, ni à la réhabilitation, ni aux réfections, etc.), ou bien, à cause des déchets (ruineuse en énergie) ou des destructions qu'elles peuvent faire subir, il n'y a rien à faire, je préfère les troglodytes...
Alors a t-on réellement bien estimé tout ça ou bien la vil orgueilleuse, égotique narcissique humaine est-elle à nouveau en branle bas de combat?
Pour finir, je me demande pourquoi, il y toujours répétition, passage à l'acte aux motifs du pouvoir, de la puissance, de la performance jusqu'à la destruction et tutti frutti, comme le démontre les neurologues, on est en bien en deçà des possibilités de nos neurones et j'ajoute bien au delà de l'expression légitime de nos moyens, n'y aurait il pas une fixation quelque part??
La tour Agbar, haut lieu de symbole phallique, siège d'un grand groupe catalan par un grand architecte star : Jean Nouvel, a t-il vraiment sublimé (fait acte de création)? Son concept d'obus est gonflé de mou, dans le roi et l'oiseau (j'aime bien la référence), les obus sont construits à la chaine et marque la volonté de régner que dire de plus, tout est flagrant. Peut-être est-ce une ironie de sa part mais, déjà, la forme n'est pas originale (voir la tour de Foster à Londres) et puis, le clinquant lumineux qui passe du bleu au rouge, notamment durant la nuit, accentuent le côté, "godemiché gadget"(excusez l'image) de la chose. Est-ce réellement ce qu'on peut attendre d'un symbole pour nouveau quartier d'affaire, celui de Barcelone, le "@" (oui, oui c'est son nom).
Soit, pour le goût catalan, peut-être (les gouts et les couleurs, ...) mais justement, ça colle trop tout ça, la forme du pouvoir en tant que tour phallique et le gout clinquant catalan représenté en tant que gadget cliquant, je ne vois vraiment pas où il y création, je vois surtout, un arlequin sortit de sa boite
et vous?
Donc peut-on parler d'Agbar en tant que chef d'oeuvre? avant garde?? symbole qui met en valeur une ville??? Sachant que Nouvel a reçu comme grand prix, la clé de la ville, distinction qui n'avait jamais été, jusqu'alors, accordé à un étranger de la ville. Pourquoi, une telle ovation de ce gros ouvrage planté là ? La ville a t'elle été prise de fantaisie pour ce nouveau gigantesque projet jouet...c'est sur, il y a eu du spectacle, les engins surdimensionnés qui envahissaient la ville pour ériger cette forme érectile qui petit à petit prenait corps, du jamais vu en pays catalan et de quoi, ranger son viagra, pour un temps :-)
Ce que j'en pense, ça m'amuse beaucoup tout ça et les espagnols sont aussi parfois, des grands enfants, mais dites moi, ne sommes nous pas là en pleine régression? et la régression annonce quoi? Un changement vers ou une défense contre, ce qui nous dépasse?
Message édité par Danskyline le 21-06-2007 à 14:50:06