L’influence négro-africaine dans les œuvres du Professeur Oscar Niemeyer est incontestable et évidente, car ses œuvres à Brasilia sont sobres, vigoureuses et d’un vocabulaire sain. La finesse des formes se rapproche de la noblesse du style musulman qui, pendant longtemps, a fleuri dans la péninsule ibérique. Ces œuvres restent purifiées de toute influence de la renaissance et du style baroque qui marquèrent en profondeur l’Italie, ainsi que du style rococo qui se développa en France et en Allemagne au XVIIIème siècle.
Résidence présidentielle
L’architecture de Brasilia représente le pôle d’irradiation parfait de l’art négro-africain. Tant d’impertinentes créations, libérées de tout compromis avec l’expression classique, par leur caractère spatial et leur plasticité, leur liberté et leur spontanéité sont autant de gestes créateurs qui surgissent d’une virulente impulsion. Il y a là un exemple magnifique du retour à l’intuition d’un géomètre naturelle qui s’exprime spontanément et qui permet des courbes et tangentes dans la forme plastique de l’art nègre qui se manifestent dans les travaux sur métaux et dans la taille du bois, contrairement à la géométrie cartésienne, dirigée et dominée par le formalisme algébrique.
C’est dans cette intuition divinatrice nègre que dérivent les œuvres de Brasilia avec leur modelage intrinsèque, les superficies et les volumes massifs, rythmés etbrutaux constituant l’espace architectonique. Les œuvres de Niemeyer contribuent efficacement à l’émergence d’une nouvelle architecture appropriée à la culture brésilienne moderne : architecture caractérisée par son allure authentique et originale, celle des formes libres, inattendues et surprenantes, par ses voiles de béton en mouvement dans l’espace. Et pendant cette période, en comparant les œuvres de Niemeyer dans leur forme plastique aux autres ouvrages réalisés à travers le monde, on remarquera réellement un pas novateur d’une avancée contre le fonctionnalisme orthodoxe lequel, en plusieurs pays et longtemps, a bloqué l’architecture et le progrès culturel, accusant les œuvres nouvelles d’utopie, de naïveté, de futurisme, de constructivisme, etc. en condamnant l’architecture à n’être qu’une mélancolique répétition, la privant des facteurs de création qui constituent son essence. Ainsi, les œuvres de Niemeyer ébauchent un nouveau chemin d’expression architecturale et contribuant énormément à la création d’une architecture nouvelle et différente, mettant en relief le résultat exemplaire d’un métissage culturel et de la prédominance d’un art transplanté. Les formes de cette architecture nouvelle développées en centaines de solutions par le même architecte, intégrées aux formes initiales, ont déjà donné au Brésil un vocabulaire plastique plus libre, plus direct et singulièrement caractéristique.
Malgré les doutes et les critiques provoquées par les initiatives de cette nouvelle architecture, son évolution, grâce à l’intérêt enthousiaste manifesté à travers le monde, par nombre de jeunes architectes. Cet accueil donna aux Brésiliens la certitude que le chemin pris par cette nouvelle architecture était radicalement juste et que la période du fonctionnalisme imposé en de nombreux pays était terminée. Il fallait donc conduire l’architecture dans le chemin de la création, de l’innovation, de la surprise et du lyrisme. Dans ce même sens les possibilités constructives du béton armé incitèrent les architectes brésiliens à travailler ce matériel en recherchant toutes ses virtualités créatrices. Il est normal qu’il y ait toujours tendances à se reposer, et donc à se figer dans des doctrines et des théories qui ont le caractère de l’académisme, comme pilier fondamental, mais rien n’a pu arrêter ou déformer le chemin pris maintenant par l’architecture brésilienne moderne. Pour étayer cette thèse visant à mettre en images les étapes de purification et la naissance des formes nègres dans l’architecture de Brasilia, nous avons préféré le faire à l’aide de croquis d’éléments architecturaux de la Cathédrale de Brasilia, du Palais de l’aurore, du Planalto, du Tribunal suprême et des auditoria semisphériques concaves et convexes de la place des trois pouvoirs.
Place des trois pouvoirs.
Ce sont là des œuvres surprenantes et différentes, des formes audacieuses de grande valeur plastique qui impressionnent, non seulement par leurs formes extérieures, mais encore par la résonance de leurs cris et l’intensité de leur force d’expression. Œuvres saines et sobres, belles de la beauté d’une perle précieuse lapidaire. Œuvres résultant de la simplicité de leur thème et du pouvoir de synthèse de l’artiste et traduisant la marche d’un esprit artistique vers un classicisme neuf, différent et plus sain. A propos de la Cathédrale de Brasilia, le professeur Oscar Niemeyer disait : « je n’ai pas voulu répéter les vieilles cathédrales sombres comme si elles étaient faites pour rappeler le péché et la pénitence ; je l’ai préférée différente. Les fidèles y accédant par une galerie souterraine et obscure arrivent à la nef illuminée par un contraste de lumière et de couleurs, formant ainsi une ambiance de défi et de bonne nouvelle. »
Cathédrale de Brasilia
Dans ce monde de rêve et de conquête, la Cathédrale de Brasilia représente le point culminant de la plasticité du béton armé, une expression architecturale délirante, presque une récupération symptomatique du meilleur de notre siècle. Cette œuvre est le triomphe du béton, avec les audacieuses colonnes qui surgissent, aspirent à l’exploration des espaces, avec leur courbure ; tout cet ensemble démontre de façon éclatant comme le béton s’adapte avec docilité à toutes les fantaisies de l’architecte et à tous ses désirs d’expression. Une telle œuvre, avec ses colonnes monumentales de 27 mètres de haut et pesant chacune 26 tonnes de ciment et de fer, formant des courbes ascendantes comme des mains qui se tendent vers l’espace sans se toucher, une telle forme peut être révélatrice d’intuitions insoupçonnées.
Pour ma part, le premier jour de ma visite des œuvres de Niemeyer à Brasilia, en observant la Cathédrale à 5 mètres, j’ai d’abord été bouleversé par la violence et la brutalité de ces colonnes gigantesques qui s’appellent comme pour un geste noble de communion dans l’espace. On rejoint ici la mission que Sa Sainteté le Pape Pie XII assignait à l’art quand il disait : « La fonction de tout art est en effet de briser le cercle étroit du fini dans lequel l’homme est enfermé tant qu’il est ici bas et d’ouvrir comme une fenêtre aspirant à l’infini ».
Sur la Societe Africaine du Patrimoine, African Heritage Society
La SAP est une organisation internationale non gouvernementale dotee du statut consultatif general aupres du Conseil économique et social (ECOSOC) de l’ONU et agree par l`Union Africaine.
Les missions premières de l’Organisation sont :
1. l’étude, l’expertise et les diagnostics afin de proposer les solutions lesmieux adaptées pour la conservation du patrimoine architectural del’Afrique ;
2. la formation d'équipes spécialisées à la conservation préventive, lamaintenance et la restauration des musées, des sites et des monumentshistoriques lors des missions techniques ;
3. l’organisation, en relation avec les institutions spécialisées de l’ONU, desfondations internationales,… des séminaires et colloques pour desformations destinées aux spécialistes africains de la préservation du patrimoine ;
4. l’assistance aux Etats africains dans la conception et la mise en applicationdes politiques de protection, de promotion et d’intégration de leursmonuments dans la vie économique, culturelle et sociale;
5. les activités de plaidoyer auprès de la Communauté internationale desprojets de classement et de sauvegarde des éléments représentatifs du patrimoine africain en péril.
Représentée dans toute l’Afrique, tout en tenant compte de la variété des aires culturelles, des antennes ont été établies dans le Maghreb (Algérie,Tunisie, Maroc), en Afrique du Nord-Est (Libye, Egypte, Soudan), de la Corne de l’Afrique (Ethiopie, Somalie, Djibouti), en Afrique Sahélo Soudanienne (Mauritanie, Mali, Gambie, Burkina Faso, Cap-Vert, Niger, Sénégal), dans le Golfe du Bénin (Guinée Bissau, Guinée, Sierra Leone, Libéria, Cote d’ivoire, Ghana, Togo,Bénin, Nigeria), en Afrique centrale (Cameroun, Tchad, Gabon, Centrafrique, Congo, République Démocratique du Congo, Burundi, Guinée Equatoriale, SaoTomé et Principe), des Grands Lacs (Kenya, Ouganda, Tanzanie, Zambie, Malawi), en Afrique Australe (Angola, Mozambique, Afrique du Sud, Namibie, Zimbabwe,Lesotho, Swaziland) et l’Océan Indien (Madagascar, La Réunion, Maurice, Les Comores, Les Seychelles).
Outre le Président, institution exécutive qui, avec le conseil executif, fixe les orientations stratégiques de l’institution, le Vice President, directeur des relations internationales, assisté des responsables de programmes et des représentants auprès des Nations Unies à Genève, New York, Vienne exécute la politique extérieure.