Etude de l'architecture et architecture des études...
http://www.dna.fr/dna/jour/interna [...] 946_0.html
si lien brisé ( archives payantes d'un hebdo régional, je me marre !)
Le génie est dans l'escalier
La belle architecture d'un centre de recherche stimule-t-elle les savants qui y travaillent ? Une Académie de neurosciences pour l'architecture (ANFA) vient d'être créée en Californie pour le vérifier, et comprendre comment en général le cerveau réagit à l'environnement.
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L'attention nouvelle portée à l'architecture des centres de recherche scientifique trouve ses origines dans l'Institut Salk, situé en bordure du Pacifique, à La Jolla, près de San Diego (Californie). Il porte le nom du bactériologiste Jonas Salk (1914-1995), qui mit au point en 1954 un vaccin contre la poliomyélite. En 1992, recevant une distinction de l'Institut américain des architectes, il raconta comment, alors qu'il travaillait à la recherche du vaccin, il visita une abbaye à Assise, en Italie ; il suggérait que cette expérience esthétique l'avait aidé à dépasser les impasses qu'il rencontrait à ce moment-là...
Attirer les chercheurs
Après le succès de son vaccin, Salk avait voulu fonder un Centre indépendant de recherche biologique avec la conviction que son succès dépendrait de son architecture. A la fin des années 60, il travailla avec l'architecte Louis Kahn pour concevoir un environnement qui soit source d'inspiration. Le Salk innovait. Plus de laboratoires conçus comme de mornes salles de classes, sans fenêtres, alignés le long d'un corridor. Les quatre murs extérieurs des étages du laboratoire sont en verre, d'où un environnement ouvert et aéré. " Le design extérieur est très esthétique. Certainement inclassable, mais d'un effet puissant ", selon Fred Gage, chercheur à l'Institut Salk. Le bâtiment est source de fierté pour ceux qui y travaillent, un aspect que les universités, dans le souci d'attirer les chercheurs, prennent désormais en compte.
Lieux de rencontre
Beaucoup ont voulu imiter le Salk. L'important est de favoriser le " brassage " des chercheurs, leur rencontre, de permettre aux idées de circuler, surtout quand de nouveaux champs de recherche font travailler ensemble plusieurs disciplines. D'où par exemple des " niches " spéciales avec tableau blanc, favorisant les discussions à bâtons rompus loin de la table de travail. La plupart des architectes estiment que la distance verticale fait plus barrière que la distance horizontale. Les atria ou les escaliers ouverts sont une solution. A l'Institut Max Planck (génétique et biologie moléculaire) de Dresde (Allemagne), construit en 2001, l'atrium occupe toute la hauteur et la largeur de l'immeuble de quatre étages. Les laboratoires et bureaux rayonnent à partir de cet atrium et sont reliés à son escalier central par des passerelles de béton. Même approche à l'Institut Nanosystems de l'Université de Californie à Los Angeles, livrable fin 2003. Le défi était de construire trois niveaux de laboratoires autour d'un parking existant. Le projet incorpore une série de rampes zigzaguantes reliées entre elles à travers et entre les étages. Pour les institutions multidisciplinaires qui abritent des centaines de chercheurs et où il est facile de se perdre, on conçoit des architectures sur le modèle de villes, avec des espaces-rues pour faciliter les rencontres et des micro-quartiers où les chercheurs s'isolent en petits groupes. Ce sera le cas du Ray and Maria Stata Center, réalisation de Franck Gerhy qui ouvrira l'hiver prochain au Massachusetts Institute of Technology (MIT).
Dans le cerveau
Mais on ne sait rien sur la façon dont le design affecte le système nerveux. La nouvelle Académie de neurosciences pour l'architecture prévoit de recourir à l'imagerie à résonance magnétique pour voir si les régions du cerveau qui sont activées lorsqu'on regarde des monuments anciens sont les mêmes que celles qui réagissent à l'architecture contemporaine. On cherchera aussi en quoi éclairage et acoustique affectent l'activité cérébrale, ou comment le cerveau permet à certaines personnes, et pas à d'autres, de s'orienter dans un bâtiment complexe.
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