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babelle Profil : aRootsien(e) de verre | Bonjour, je suis nouvelle sur ce forum, donc bonjour à tous, je suis vraiment ravie de pouvoir débattre avec vous tous.
Une question qui me préoccupe : coment construire pour des gens que l'on ne connait pas ? Ne va-t-on pas se contenter de recopier des plans "qui marchent" car on ne sais pas sur quoi d'autre se baser ? Ne sommes nous pas dans le flou de construire pour "les gens", sans savoir quelle est la vie de ses personnes. Nos références ne sont donc que, soit des idées reçues ("les gens" vivent comme ci ou comme ça) soit des enquêtes sociologiques plus ou moins interressantes sur les modes de vie. Que pensez vous de la place de l'habitant dans la formulation de son logement ? Est-il possible d'offrir des surfaces que les habitants sauront transformer et formuler en fonction de leurs vrais désirs et non des à priori du constructeur ?  |
poxis Profil : aRootsien(e) de bronze | Bonjour babelle et bienvenue à toi.
Alors de tte façon, en tant qu'architecte tu ne construits pas pour toi mais pour les autres. Alors certe il existe des références en matière d'organisation de plan, mais rien ne t'empêches d'inventer d'autres types de planification. Je ne me souviens plus du nom de cet architecte, mais il a réalisé un projet ou tous les appartements étaient modulables en fonction de la façon de vivre des uns et des autres. Dans l'absolue, un plan n'est jamais fixe, rien ne t'empêches de démolire une cloison d'en refaire une ailleurs, tout dépend de si tu es proprio ou pas d'une part et de si tu comptes y rester un petit bout de temps d'autre part. Donc de croire que l'architecte reproduit bêtement des plans existant est faux. Il n'y a pas de reproduction systématisée. Alors oui ces plans sont en général ni tout à fait les mêmes, ni tout à fait autre. Ca me fait penser à un sujet de philo que j'avais eu à traiter en archi sur "l'oeuvre d'art à l'époque de sa reproduction mécanisée"? On peut toujours dire qu'un courant a préexisté à une époque donnée mais ce qui revient en général, c'est la reproductibilité des techniques, par la suite, il y a toujours adaptation de l'oeuvre à son époque, marquant ainsi une évolution dans les pensées. Les plans seront toujours différents de par le fait que nous sommes des individus, donc 1 et indivisible, avec des systèmes de pensées différents. Il y a toujours plus ou moins interprétation du plan, se qui engage une part infime de notre personnalité. En gros, l'architecture à ceci pour elle d'être un bien collectif en constante évolution, se posant sans cesse la question de l'usage que l'on en fait en fonction de nos nouvelles habitudes. Et je pense que la véritable question a se poser est : Est ce que finalement l'essence de l'art de bâtir et de construire n'est pas d'être reproductible, mais bien d'être perfectible?
Poxis toujours prête à faire un laius imbitable........  |
babelle Profil : aRootsien(e) de verre | Bien sur, on repense les plans à chaque intervention, mais le fait même de formuler des plans n'est -il pas contradictoire avec la diversité des modes de vie ? On met toujours (j'éspère) la meilleure volonté dans la création d'espace domestique mais comment peut-on définir (assez précisément : superficie de telle pièce, relation entre les espaces...) des espaces pour des gens en se basant sur un archétype ? Ne fabrique--on pas l'archétype en imposant ce cadre domestique ? PS. si le nom de l'architecte dont vous parlez vous revient, merci de me le signaler. |
poxis Profil : aRootsien(e) de bronze | Rien n'est imposé car s'il on se réfère à des données purement sociologiques, on voit bien que les gens s'approprient ou pas les lieux. Je comprends cette idée d'archétype. Mais je ne pense pas que l'architecture ai pour volonté première de créer un archétype précisément du fait que la sociologie et l'anthropologie sont deux matières indissociables de l'architecture. Je pense que lorsque l'on parle d'archétype, on se réfère plus aux constructions de l'opac, ou bien des grands groupes immobiliers comme vivendi ou bouygue, oui il est question d'une norme, une chambre c'est tant de m², un salon etc..Normes basées sur une analyse plus ou moins approfondie des besoins l'ambda, c'est à dire, des besoins minimums. Mais dans l'absolu, je persiste à penser qu'à un espace donné, il est possible de transformer, précisément parceque le projet n'appartient pas à l'architecte, mais aux usagers. |
poxis Profil : aRootsien(e) de bronze | Mais au fait pourquoi cette question dans l'absolu? C'est par curiosité ou autre chose? |
babelle Profil : aRootsien(e) de verre | Je suis étudiante (et je travaille en agence) et ce type de question sur la théorie de l'architecture me semblent importantes, pour avoir du recul sur notre activité. Il s 'agit de questionner les principes élémentaires de toute action architecturale avant de s'y lancer. Ca me semble essentiel. Sinon, il y a aussi que ça saoule mes camarades, qui ne veulent pas se poser trop de questions!!
Nb. Si la question avait un sens caché, ce n'est pas un mémoire!! |
poxis Profil : aRootsien(e) de bronze | En ce qui concerne le sens caché, il n'y en avait pas. Je me posais simplement la question dans l'absolu à savoir si tu étais étudiante en archi ou en sociologie anthropologie. Ou même encore une autre activité. Non parce que c'est rare de voir les personnes se poser la question. |
noffo Profil : aRootsien(e) PlatiniumNote : 4.4/5 pour 16 votes | Pour donner un espace d'autonomie à un groupe d'individus il faut désigner cet espace d'autonomie. pour le désigner tu le limite. Pour le limiter tu le dessine. Maintenant, tu peux raisonner avec un ensemble d'individus indiférencié, en capacité d'investir un ensemble d'espaces indifférencié. Tu considères alors un espace idéal et hautement maléable qui s'adaptera naturellement aux besoins et à l'organisation de la société. Plus la société grandit, plus l'espace s'étend. Quand la société se recompose, son espace se recompose avec elle spontanément (Dark City !). Mais si les organsiations de la société viennent à se corrompre ton espace sans limite qui se fondait sur les ordres et les classes devient un chao sans fin. Ou bien, si ton espace se voit finalement limité par rapport au développement de la société, il peut être générateur de tension entre les différentes libertés revendiquées...Et contradictoires. Il semblerait donc nécessaire d'intercaler entre une sphère sociétale et l'espace de son épanouissement un "modérateur" qui permet d'associé les contraintes des espaces (limités, rarement superposables) à celles de l'organisation sociale. Il faut ensuite organiser ces espaces entre eux pour permettre à chaque fonction sociale de s'exprimer. En recherchant le meilleur dénominateur commun, cette pratique tend à gommer l'autonomie et le libre arbitre mais permet de respecter les fondements de la société. Ca n'est pas l'idéal...Mais l'idéal appartient au champs de l'utopie, et il n'y a pas d'utopie plus difficile à formaliser que dans le domaine du logement ! |
poxis Profil : aRootsien(e) de bronze | Décidément noffo tu m'étonneras toujours......
Vous avez dit architecte? Je dirais poète......
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DUKE'S Profil : aRootsien(e) de marbre | Bonjour à vous, il me semble que la question initiale sous entend que tu désires trouver une solution donnée au problème du logement collectif, (arrête moi si je me trompe). Hors nous pouvons partir du principe qu'on choisit son logement (plus ou moins je sais que ce n'est pas toujours le cas) donc il existe une offre differenciée dans laquelle, normalement tu es censé trouver ton bonheur, comme un bien de consommation lambda. Il parait ainsi illusoire de vouloir trouver une réponse unique à la question du logement collectif, une réponse générique. Partant du principe que nous sommes une société d'individus, nos besoins, envies, désirs en matière de logement sont différents, donc des réponses multiples doivent être offerte à la population.
Maintenant, il est clair que les investisseurs désirent rentabiliser leur bien, donc il est normal qu'ils veuillent que l'offre soit la plus adaptée à la demande. Comment parvenir à cela: en s'approchant au maximum d'une offre satisfaisant les désirs du plus grand nombre.Donc il existe bien une démarche économique qui pousse à la création d'une offre générique.
Alors, me concernant, je pense qu'il faut que nous soyons capable d'influencer les maitrises d'ouvrage à multiplier l'offre, à la diversifier, à ne pas s'enfermer dans des archétypes qui "fonctionnent", mais pour cela il faut que tout les intervenants du projet le désirent.
Je pense que c'est l'economie qui pousse l'architecture vers le génerique mais cela créer de nouveaux terrains d'investigation pour notre activité qui se doit de réagir aux préoccupations contemporaines, même d'ordre économique.
PS: Dark city très bon film.  |
nada Profil : aRootsien(e) d'acier | |
docpsyko Profil : aRootsien(e) d'or | Citation :
Je pense que lorsque l'on parle d'archétype, on se réfère plus aux constructions de l'opac
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Attention, Poxis, ce n'est pas toujours le cas! Dans ma ville, l'opac construit des logements intéressants et innovants, et les promoteurs privés font de la merde.
En France, le logement dit "social" a été historiquement un champ d'expérimentation et de nouveauté très actif, rendons-lui cette justice! 8) |
DUKE'S Profil : aRootsien(e) de marbre | Salut doc, pour lui rendre justice peux tu nous donner quelques exemples de ces réalisations innovantes, une sorte de compilation subjective.
Ce n'est pas dans le but de dire c'est bien pas bien mais justement pour définir les éléments mis en oeuvre dans une réalité, à une certaine époque, pour trouver des solutions interressantes en matière de logement social.
Pour inicier cela, la première réalisation qui me vient à l'esprit est Nemausus de jean Nouvel. (futur président )
Volonté d'augmenter la surface de chaque logement
Offrir des logements traversants
Attribuer à chaque appartement des surfaces extérieures.
Tout cela pour un prix de construction identique à l'archétype du logement social.
Il en existe d'autres, mais là, pour le coup nous ne sommes pas dans le génerique. .
Merci d'avance. |
silverphoenixx Profil : aRootsien(e) d'orNote : 3.5/5 pour 26 votes | le budget de construction, d'un logement de promoteur et d'un logement social sont différent:
promoteur: autour de 1000 euros/m²
social: autour de 1200-1400 euros/m²
promoteur: bcp de contraintes de rentabilité
social: plus de libertés, fait par des architectes
promoteur: sans qualité
social: de grandes qualité, souvent louer à des personnes qui n'en on pas besoin (joueur de foot, prefet en visite, etc..)
vive la france...
le seul moyen, c'est que les architectes, qui travaillent avec les promoteurs, réussissent à faire un peu changer leurs façon de penser: $$$
voila  |
Naya Profil : aRootsien(e) Platinium | Citation :
Pour inicier cela, la première réalisation qui me vient à l'esprit est Nemausus de jean Nouvel. (futur président )
Volonté d'augmenter la surface de chaque logement
Offrir des logements traversants
Attribuer à chaque appartement des surfaces extérieures.
Tout cela pour un prix de construction identique à l'archétype du logement social.
|
Oui mais malheuresement le prix de vente à fini par etre celui classiquement appliqué...par m² et non en relation au prix de construction. C'est l histoire du "comment utiliser l intlligence d un concepteur pas bete du tout à son avantage et surtout à son profit".
Je m egare du sujet je sais... |
docpsyko Profil : aRootsien(e) d'or | Citation :
Salut doc, pour lui rendre justice peux tu nous donner quelques exemples de ces réalisations innovantes, une sorte de compilation subjective.Merci d'avance.
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Ouais, je vais plutôt vous renvoyer vers les bibals de vos écoles... pour ce qui est de l'historique, et pour ce qui est du récent, voyez "une année d'architecture", disons les 10 dernières années. Où on voit au passage que l'intérêt est maintenant plus porté vers la façade et le global que vers le plan de la cellule...
Et si je n'avais à citer qu'un seul plan innovant pour son époque, je dirais l'UNITE D'HABITATION. Ceci sans aucune provocation. A voir en plan et coupes superposées, bien entendu. 8) |
docpsyko Profil : aRootsien(e) d'or | Citation :
le budget de construction...social: autour de 1200-1400 euros/m²
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Wouaouh! donne moi vite l'adresse de ces maîtres d'ouvrages, que je leur envoie mon book (parce que les miens, ils sont pas si riches...)
8) |
silverphoenixx Profil : aRootsien(e) d'orNote : 3.5/5 pour 26 votes | les mairies de paris...plaines st denis, en pleine restructuration...sa construit à tour de bras, sans compter les 100 aines de projet de logement tout autour de paris...
http://www.pavillon-arsenal.com/ed [...] edition=77
le bouquin, qui presente ces projets  |
DUKE'S Profil : aRootsien(e) de marbre | salut tout le monde,
Citation :
Oui mais malheuresement le prix de vente à fini par etre celui classiquement appliqué...par m² et non en relation au prix de construction. C'est l histoire du "comment utiliser l intlligence d un concepteur pas bete du tout à son avantage et surtout à son profit". Je m egare du sujet je sais...
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Je ne pense pas que tu t'égares du sujet au contraire, cela nous indique un élément de réponse à la question du générique et du particulier, l'identitée particulière de Nemausus provient de recherches d'abord économiques, donc en rapport direct avec la maitrise d'ouvrage, celle-ci à trouver des gens intéressés pour louer ces logements, les habitants n'appartiennent pas pour la plupart aux destinataires visés au départ, mais ils éxistent, et cela nous montre bien qu'il existe une demande pour le différent, le particulier... que le générique n'est pas une fatalité. La démarche du projet n'était pas à la base, nous allons réaliser des logements sociaux qui possèderont une image industrielle, inovante plastiquement, mais bien nous allons offrir plus de surface pour le même prix, donc ici c'est l'économie du projet qui l'a éloigné du générique. On peut donc proposer autre chose en intéressant les commanditaires sans forcément leur faire peur. |
DUKE'S Profil : aRootsien(e) de marbre | Merci pour tes réponses doc,
Citation :
Où on voit au passage que l'intérêt est maintenant plus porté vers la façade et le global que vers le plan de la cellule...
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Justement, penses tu que ce sont les architectes qui ne voient plus l'intérêt de travailler sur ces plans (tout a déjà été tenté, il n'y a plus rien à inventer, c'est pas avec ça que je passerais dans les revues....) ou la maîtrise d'ouvrage qui incite fortement les archis à travailler sur l'image extérieure de leur projet pour mieux les vendres.(comme tu dis travail sur la façade, le global...). |
docpsyko Profil : aRootsien(e) d'or | je pense qu'il y a encore des choses à inventer : les modes de vie évoluent, donc les logements DOIVENT forcément évoluer.
Le blocage c'est 80% à cause d'une maitrise d'ouvrage bourrée d'a-prioris et frileuse, et 20% à cause d'architectes nuls ou fainéants qui veulent pas se donner la peine de proposer autre chose...  |
DUKE'S Profil : aRootsien(e) de marbre | dur dur le bilan... mais bon il existe des brèches dans lesquelles s'engoufrer donc il y a de l'espoir, alors tous au boulot!!!  |