Ooops! Alors là, bravo pour le concours d'idée Al ! Vraiment ! Difficile de faire plus actuel et surtout essentiel. Pour ma part j'estime que l'on pourrait écrire un bouquin en 15 tomes sur le sujet. En même temps je l'ai déjà un peu abordé dans mes messages précédent (donc évidemment je me jette sur l'apat comme un piranha sur un animal blessé) et je n'ai pas envie de passer pour un em.....eur. Je vais juste essayer d'apporter ma pierre (mon béton banché !!!) à l'édifice.
Citation :
Al: "Etre moderne aujourd'hui est indéniablement différent d'être moderne dans la première moitié du XXème siècle."
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Bon et bien essayons déjà dans un premier temps de définir la modernité dans sa pureté originelle.
Je vais essayer d'être le plus objectif possible. Plusieurs choses me viennent à l'esprit; en bloc:
- culture occidentale
- universalité
- rationalité, cartésianisme
- idéologie
- progrès
.....
Je pense qu'avant tout la modernité représente l'état de la culture après les boulversements scientifiques, techniques, politiques qui ont eu lieu en Europe depuis le XVIème siècle. Elle correspond à un mode de civilisation caractéristique englobant la totalité des savoirs, qui s'est mis en place suivant un schéma long et rationnel. Notamment grâce à ses principes politiques et philosophiques établis au cours du siècle des Lumières à travers la mise en pratique de la pensée rationaliste et individualiste cartésienne et l'abandon du système féodal au profit d'un état démocratique.
La modernité s'appuie sur les sciences et les techniques dont l'avancé exponentielle au XIXème et XXème siècle à créer un situation de changement permanent dans les rapports sociaux et une mutation des moeurs issues des modes de vie traditionnels. La modernité devient petit à petit un mode de vie basé sur le changement et l'innovation mais également d'incertitude et de crise.
Érigée en modèle par l'Europe, la modernité ambitionne une expansion rapide auprès des sociétés traditionnelles, développant un mode de pensée qui prétend à l'universalité et dont la spécificité est de propager un discours salvateur d'idéal progressiste; le futur, grâce notamment aux avancées scientifiques, va permettre d'améliorer les conditions humaines pour que souffrances morales et physiques soient progressivement écartées au profit de l'émancipation, la paix et le bonheur universel.
Les critères d'universalités sont:
- la science: système objectivable, quantifiable, rationnel, qui appartient à l'ensemble de l'humanité (chaque homme en face d'un énoncé est capable de reproduire la méthode qui à permis son élaboration s'il a auparavant reçu la formation adéquate).
- les techniques: représentent les procédés qui permettent de mettre en pratique la science unique. Elles ont comme bases les outils originels de l'homme qui ont été améliorés au cours des inventions et innovations.
- l'expérimentation politique: dès qu'un peuple atteind un certains niveau d'instruction, il tend à s'orienter vers un système démocratique à la place de l'autocratie.
et plus proche de nous.
- l'économie: au-delà des idéologies divergentes (capitalisme / socialisme autoritaire) il existe des vecteurs universels: planification, techniques de régulation, études etc.
- la société de consommation de masse: elle s'appuie sur une harmonisation et une obsolescence de plus en plus forte des biens qu'elle produit.
Voilà qui pourrait être un début de définition. Maintenant qu'elles ont été les implications sur l'architecture ?
Rationnalisation généralisée (conceptuelle, constructive, productive, économique, perceptive...), industrialisation du bâtiment, purisme formel, harmonisation programmatique... En toute logique l'architecture moderne prétendait à l'universalité développant des valeurs, principalement formelles et esthétiques pouvant être reconnues par tous. Et surtout la philosophie cartésienne à permis aux architectes modernes d'inscrire le lieu dans une étendue spatiale objective et neutre (donc universelle). La chose construite prend alors place dans un espace physique continu indépendant de tout contexte. Pour faire simple il devient possible de totalement décontextualiser le projet amené à être construit (soit une solution formelle unique pour un programme doné).
Bon je crois que je vais m'arrêter là et laisser la place à d'autres...