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Ripoliner: c'est d'abord la réponse qu'ont trouvée les pouvoirs publics et les offices de HLM pour tenter de régler tous les problèmes. Il y a moins de dix ans, on a réhabilité des centaines d'immeubles, grâce aux aides de l'Etat. Couleurs et fantaisie: les architectes s'en sont donné à cœur joie pour faire oublier la laideur du béton et redonner un coup de jeune aux logements vétustes. Des rénovations souvent utiles, d'autant que certains bailleurs ont préféré laisser pourrir la situation plutôt que de pourvoir aux travaux minimaux d'entretien: «Au bout de dix ans, la barre est dans un état lamentable», souligne Alain Chosson. Cependant, même peinte en rose, une barre mal conçue reste invivable. «Au bout d'un certain temps, l'acharnement n'a plus de sens», explique un bailleur. Il faut alors opter pour une solution extrême: la démolition. Ce procédé spectaculaire peut donner une nouvelle chance à la cité. Mais la décision ne se prend pas aisément: «Seuls 5 000 bâtiments sont démolis tous les ans, alors qu'il en faudrait au moins 20 000», regrette ce directeur de HLM, qui se plaint de la mauvaise volonté de la Direction départementale de l'équipement (DDE). «Le projet est d'autant plus lourd à mener qu'il coûte cher: pas moins de 20 millions de francs, sans compter le désamiantage (entre 1 et 5 millions de francs). Enfin, un calcul purement financier encourage certains bailleurs à y renoncer totalement. «Loger les pauvres, ça rapporte, lance, cynique, un patron de société HLM, car les immeubles à abattre sont souvent des barres des années 60 déjà amorties, donc rentables.» Et quand la tour n'est pas totalement remboursée, la décision est encore plus douloureuse, comme c'est le cas pour les ensembles des années 70.
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