, L’ENVIRONEMENT NON PLUS.
A chaque époque ses thèmes. La fin du vingtième siècle a vu l’émergence de l’écologie. Avec les années 7 apparaissent les premiers candidats à des élections nationales en Europe. Puis le mouvement s’amplifie, et se détache du’ politique ‘ pour devenir un état d’esprit qu’aujourd’hui personne ne contredit. Les catastrophes environnementales (Tchernobyl, Toulouse,marées noires etc.…), les dérives agroalimentaires ( vaches folles, O.G.M.) ont fini le travail, nous interpellant tous dans nos consciences : Dans quel état sommes nous en train de mettre la planète ?
Tout ceux qui peu ou prou interviennent sur les processus d’encrassement et d’épuisement de la planète se sentent responsables et se sont mis au travail pour limiter, stopper ou inverser la tendance. Les voitures essayent de moins polluer, certains fruits redeviennent plus sains au détriment de leur design.
Quand est-il de la ville, de l’aménagement du territoire, de l’habitat, du cadre de vie ?
Monde aux décisions complexes et laborieuses il n’est pas rester en reste. Depuis 1980 se formalise la Haute qualité environnementale (H.Q.E.). Présentée comme une alternative aux attitudes habituelles elle propose d’aborder la conception et la réalisation architecturale avec une démarche prenant en compte 14 cibles :
-1- la relation harmonieuse du bâtiment avec son environnement immédiat.
-2- le choix intégré des procédés et produits de construction.
-3- les chantiers à faibles nuisances.
-4- la gestion de l’énergie.
-5- la gestion de l’eau.
-6- la gestion des déchets d’activité.
-7- l’entretien et la maintenance.
-8- le confort hydrothermique
-9- le confort acoustique.
-10- le confort visuel.
-11- le confort olfactif.
-12- les conditions sanitaires.
-13- la qualité de l’air.
-14- la qualité de l’eau.
Instinctivement , pour ceux qui ne pratique pas le métier d’architecte deux réactions naissent à la lecture de cette liste : ces cibles ne sont elles pas le B.A.-BA du métier d’architecte? Et en découlant : ces points sont-ils novateurs au point d’être l’actualité récurrente des revues spécialisées et des colloques contemporains ?
De partout s’enchaînent les rencontres professionnelles autour du développement durable, de l’architecture bois, des écobilans,de la bioclimatique…
Le 17 octobre à l’ENSAIS ( Strasbourg) autour d’architectes, la réflexion portera non pas sur la Haute Qualité Environnementale (H.Q.E.) mais sur la Haute Qualité ARCHITECTURALE (H.Q.A.).
Jargon de signes et querelles de chapelle ? Peut-être pas. Les architectes ont toujours étés inventifs et porteurs de réflexions. Ce sont eux qui imaginent l’espace, sa mise en forme et son ambiance. Ce sont eux aussi qui innovent et apportent les solutions aux nombreuses questions qui jalonnent l’acte de bâtir. Ils ne sont pas seuls à le faire, financés par des maîtres d’ouvrage, épaulés par les nombreux corps d’état qui fabriquent les bâtiments,avec les produits de l’industrie et sous le contrôle des règlements et des lois. De tout temps ils ont donné des réponses aux questions qui leur étaient posées avec les moyens de l’époque.
Aujourd’hui la cause environnementale est noble et il n’est pas question de ne pas la prendre en compte. Pourtant, face à l’invasion médiatique autour du sujet, il semble important de hiérarchiser le débat. La H.Q.E. ne doit pas devenir dogmatique. Elle n’est pas une préalable à la qualité l’architecturale mais un de ses outils. Les exemples ne manquent pas où les raisonnements pour répondre à de vraies demandes ont inversé l’ordre de la pensée. La reconstruction de l’après guerre, face à l’urgence et avec la réorganisation de l’industrie, à organisé l’urbanisme avec des règles d’apparence sages mais qui finalement ont fabriqué les banlieues que l’on décrie. Pour répondre au demande de la société d’automobilistes/consommateurs on a mité les périphéries urbaines de bidonvilles commerciaux. La nouvelle organisation du temps libre est en train de conquérir les sites les plus émouvants pour loger ces afflux de touristes en quête de cultures, de paysages, d’émotions.
Face à ces problèmes non résolus, il nous faut d’abord répondre à des questions qui dépassent la H.Q.E. :
l’aménagement du territoire passe t’il forcement d’abord par le développement et la croissance économique ?
La permanence et la durée ne sont-elles pas des préalables à l’acte de batir ?
Le confort que procure la qualité spatiale, l’atmosphère qui s’en dégage, l’ambiance qui y règne, ne sont-ils pas les premiers objectifs à imaginer et mettre en œuvre ?
Le débat aura lieu. Planera la sagesse de Glenn Murcutt, Pritzker Price 2002. Ce que la profession considère comme le prix Nobel de l’architecture récompense cette année un sympathique Australien qui contrairement aux starchitectes des années précédente, pratique une architecture de terrain, respectueuse des conditions d’insertion et de leur analyse. Ses maisons sont en accord avec le paysage et le climat avec un extrême souci d’économie de la matière.