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2 utilisateurs inconnus

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Auteur
 Sujet :

Un monde sans Ecole?

 
n°2960
minod
Posté le 30-07-2007 à 17:51:19  profilanswer
 

L’école. Institution indispensable. Institution modèle. Modèle de la surenchère productiviste, modèle de la société telle qu’elle veut se vendre. Pour laquelle elle nous forme, sans même se poser la question d’une alternative. Travaillons plus, gagnons plus, et avec tout ce fric essayons de vendre a notre tour un produit bientôt vintage : l’utopie !  
Utopie de comptoir, mais quand même.  
Les réseaux se forment, tels aroots, ou l’échange d’idées prend la place de l’échange de monnaie. Peut être est-ce cela la nouvelle école. Une société sans école.
 

mood
Partenaire
Posté le 30-07-2007 à 17:51:19  profilanswer
 

n°2961
ntwoone
Posté le 30-07-2007 à 18:24:20  profilanswer
 

De quoi parle tu?
De l'école dans laquelle on t'enleve toutes tes intuitions humaines sous couverts d'acceptation d'un soit disant "contrat-sociale" (je vois bien le contrat mais le social), ou de celle que plus grand, tu choisis et dans laquelle tu as peut etre mis plus d'espoir qu'elle ne pouvait en supporter.
L'école qui efface la mémoire ou celle qui ne fais que te montrer ton esprit, en miroir, face a celui des autres?

n°2962
demian
Posté le 30-07-2007 à 20:29:18  profilanswer
 

Ni tout à fait cette institution  qui nous apprend à être, à consommer, et à la consommer elle même, ni cette bête Lynchéenne (pas lycéenne!) qui prend des bouts de nos cerveaux pour en faire des crayons gomme ( cf: Eraserhead), l'Ecole dont je voudrais parler est bien d'avantage cette fontaine dont on nous dit non seulement qu'elle est, si ce n'est la seule potable, du moins la meilleur pour notre santé et la plus désaltérante, mais qui nous est en plus rendue obligatoire pour abreuver nos jeunes années d'un certain savoir. La question n'est alors pas de réveiller en soi la bête anarchiste qui ne dort que d'un œil, et de remettre en question le bien fondé de l'école obligatoire (quoiqu’Ivan Illich arrive tout à fait à défendre cette idée. Cf: Une société sans école), mais d'avantage de s'interroger sur ce système éducatif unilatéral qui n'accepte que lui même pour se développer, et qui, s'il est en permanence repenser, ne l'est que par lui même et ses propres consommateurs (ou ex-consommateurs, ce qui revient au même), et dont nous sommes. Là dessus, Illich (toujours lui), dirait que l'unique moyen de réformer l'université serait que cette action soit le fait de la première génération de citoyens issus d'une société sans école. Evitons de nous mordre la queue, mais essayons tout de même d'envisager l'Ecole dotée de cet ingrédient essentiel qu'elle se refuse à elle même: la Transgression. Peut être faut-il parler enfin, d'alter-scolarisme, et bien que le mot soit un peu barbare, puisque décidément, d'autres écoles sont possibles!
Une question me vient avant de finir: parlons-nous de l’institution scolaire, des Ecole d’ Architecture, ou de tout autre chose encore?

n°2963
minod
Posté le 30-07-2007 à 20:37:17  profilanswer
 

Citation :

L'école qui efface la mémoire ou celle qui ne fais que te montrer ton esprit, en miroir, face a celui des autres?

 
 
Ah monde cruel….  
Ecole cruelle. Ecole faite de désenchantements. Ecole ou l’on efface les mémoires. Ecole ou l’on se regarde. Ou l’on se place, l’un par rapport à l’autre. L’un devant l’autre. Ou derrière pour ceux qui boivent plus d’apéros et qui s’en foutent de prendre une place.
J’te parle de l‘école où l’on est acteur plutôt que spectateur. Où l’on parle plutôt que de se regarder. Fût-ce dans un miroir.  J’te parle d’une école ou l’important n’est pas de s’insérer dans le monde bien rangé, mais de faire des propositions. Et tant pis si elles ne sont pas novatrices. Et tant pis si elles ne collent pas avec le marché, avec cette soif incessante de nouveautés. Avec ces créanciers qui se foutent pas mal du boulot que tu fais.
Mais là faudrait vraiment un comptoir pour trinquer à l’architecte superstar salvateur possible de tous les maux du monde ! :non:  

n°2964
ntwoone
Posté le 31-07-2007 à 01:16:25  profilanswer
 

Bien, peut etre me suis je fais mal comprendre. La faute m'en incombe, j'aurais du parler plus clairement. Merci donc de se rappel aux ordres. Je deserte a nouveau.
Partons donc du postulat suivant: L'école obligatoire, et son pendant directe, le lycée, forme des individus, un peu éclairé, socialement stables (ou presque) et pré-accepteur du "contrat-social" dont je parlais. Si l'on accepte se mensonge, et que l'on se demande comment atteindre l'objectif de créativité qui est un passage obligé vers l'excellence, je soutiens l'idée que l'on doit laisser la plus absolu liberté aux étudiants (cette regle ne souffrant aucune derogation). Je ne puis garantir que nous reduirons le nombre de "dechets" mais je suis certain que nous ameliorerons considerablement la qualité de l'élite. C'est de cela finalement dont nous avons besoin, une élite si nombreuse qu'elle deviennent peuple.

n°2965
minod
Posté le 10-08-2007 à 12:06:51  profilanswer
 


Citation :

De quoi parle tu?


 
 
Définir le champ de l’architecture : l’architecture ne se limite pas à son champ artistique. Technique.  L’architecte a un rôle social. Et cette prise de conscience passe par la redéfinition du champ de ses activités. Prenons par exemple l’étude sur l’enseignement de l’architecture que nous menons en ce moment. Elle montre les liens possibles entre le projet d’architecture et les différentes « matières »de l’architecture. Elle montre aussi le lien possible entre la pédagogie et l’architecture.  
 
 
Prenons Illich. Un monde sans écoles. On pourrait très bien trouver des projets d’écoles, issus de cette pensée, ou l’école primaire, secondaire, l’école même d’architecture, serait pensée dans cette optique. A nous autres architectes de relayer ces pensées. A nous autres architectes de construire la réalité de ces pensées. Leur matérialité. L’architecte se doit de penser, avec d’autres, l’avenir de notre société, puisqu’il en bâtit son avenir physique. Il ne peut pas rester en dehors de la pédagogie, de la philosophie, de la sociologie, et toutes ces disciplines en –ie qui secouent le monde humain.  
 
L’esthétique est importante. La beauté. Le physique du bâtiment. Le caractère unique de l’œuvre. Mais si on s’en tient a l’esthétique, on aura tôt fait de voir se redessiner des académismes. Bien sûr il y en aura plusieurs, au sein même d’une école, les tentatives de 68 nous auront au moins donné cela. Il n’y aura plus de pensée unique au niveau académique.
 
La construction aussi est importante. La technique. La physique du bâtiment. Le caractère scientifique de l’œuvre. Mais si l’on s’en tient a la physique, on aura tôt fait de voir se redessiner des écoles d’ingénieurs, écoles polytechniques. Bien sûr elles pourront intégrer quelques matières dites humanistes, pour coller a l’image d’un architecte-artiste qui sait dealer aussi bien avec l’art qu’avec la science.
 
On en revient toujours à la même chose. L’architecte artiste ? L’architecte constructeur ? Les deux mon capitaine. Le rêve de chaque école est de pouvoir mêler ces deux aspects. L’architecte serait le trait d’union entre l’art et la science. Il serait le lien entre un monde artistique et un monde scientifique, qui soit dit en passant, va bientôt devenir un monde entrepreno-scientifique si on en croit certains…
 
Mais on passe a coté d’une problématique essentielle. En restant la a se quereller entre architectes artistes et architectes ingénieurs, on tombe dans une facilité déconcertante qui n’a rien de bénéfique. L’architecte a une troisième corde a son arc. Et pas des moindres. Il possède la faculté de penser. Penser les problèmes qu’on lui pose. Les synthétiser. En prendre toute la mesure, pour ensuite y répondre. Il y est maintenant tenu. On voit ce que l’on attend de l’architecte. Penser les problèmes, comme celui des banlieues par exemple. On rejette la faute de ces ghettos sur qui ? Sur l’architecte. Il prendra bientôt des assurances contre les plaintes probables que les gens feront contre lui pour négligence. Et non pas négligence de construction, comme c’est le cas maintenant, mais de conception. Et ce sera pire. Car il est très facile de se cacher derrière la construction, du moins pour sauver son amour propre. Mais on ne peut pas se cacher derrière la conception. Ce serait s’humilier, dire haut et fort que notre travail a été mal fait, que notre travail a été mal pensé. Car il s’agit bien de pensée ici.  
 
 
Loin de voler le travail du philosophe, l’architecte devrait s’en nourrir. Il devrait travailler avec lui pour penser l’avenir construit. On appellerait cela l’architecture de la pensée. Comme on a l’architecture des réseaux, l’architecture de l’informatique, on aurait l’architecture de la pensée. Le travail consisterait a résoudre des problèmes, et c’est en cela qu’il diffère de la philosophie, de la sociologie, ou de toutes ces disciplines en –ie qui font peur car elles en savent trop. L’architecte se doit de trouver des solutions aux problèmes qu’on lui donne. Mais pour trouver une solution, il faut d’abord comprendre le problème. En comprendre ses tenants et aboutissants. En comprendre ses enjeux. En comprendre ses causes, en projeter ses conséquences. L’architecte est un artiste. L’architecte est un ingénieur. L’architecte est un penseur. N’en déplaise à ceux qui voient en lui le bouc-émissaire idéal sans lui donner les moyens de faire son travail.

n°2975
demian
Posté le 06-09-2007 à 14:16:28  profilanswer
 

Ainsi, ne créons pas une école d'architecture, créons une école d'architectIE. Alors, nous accéderons nous aussi à l'exception et au prestige des disciplines en -ie. Bien à vous et à un zinc prochain sur lequel faire pousser ces belles idées... et d'autres encore.

n°2976
demian
Posté le 06-09-2007 à 23:03:57  profilanswer
 

Citation :

toutes ces disciplines en –ie qui font peur car elles en savent trop....


 
...

n°2977
minod
Posté le 09-09-2007 à 15:48:01  profilanswer
 

Ou pas, je suis bien obligé de l'avouer...


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