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Un monde sans école?| Bas de page | |
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| Auteur | Sujet : Un monde sans école? |
Partenaire | Posté le 09-01-2008 à 15:01:31 ![]() ![]()
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minod | ... merci "partenaire" ... C'est vrai qu'au moins à l'école y'a pas encore de pub... Message édité par minod le 17-02-2008 à 17:05:19 |
minod | 2+2 ... C'est exactement ça. On nous apprend, à l'école, un mode d'adaptation au monde. L'exemple est foutrement bien choisi. Nous sommes focalisés.
Un p'tit exemple vaut mieux qu'un long bla-bla: Avant l'expo je le connaissais pas ce type, Kropotkine. Et sa théorie de l'entraide comme facteur de l'évolution non plus. A l'école on ne m'a appris que celle de Darwin. A ton avis pourquoi? Message édité par minod le 18-02-2008 à 10:03:38 |
minod |
Si, biensur. Bizarre que je n'en parle pas.
Non, biensur. Un peu moins bizarre que je n'en parle pas vu ma tendance, fâcheuse s'il en est, à m'eparpiller dans tout autre chose que mon moi.
Alors là oui. Et trois fois oui. D'ailleurs si vous pouviez m'en parler de ce rapport entre art et architecture, et arriver à mettre ça en lien avec toute cette question sur l'école, j'avancerai bien plus vite dans ma pensée. Et je vous remercierai mille fois, en plus.
http://www.betesethommes.fr/75/bet [...] tkine.html (là c'est moi qui joue l'taquin...)
Ce dont on parle (ce dont Je parle, mon Moi est revenu), c'est de l'architecte en tant que personne capable de faire de l'architecture. Ce à quoi nous forme une école en somme. L'école ne peut pas nous imposer une éthique, elle en serait incapable. Par contre elle peut nous enseigner une maniere de voir, de sentir, de faire de l'architecture. Et c'est là l'objet de ma question. L'école peut elle fonctionner comme un réseau, comme celui-ci, où les profs, les élèves, et les autres, soient conscients que l'entraide est nécessaire, tout comme la compétition l'est? Message édité par minod le 18-02-2008 à 10:06:52 |
pol |
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minod | Pour la physique quantique, on est deux à se poser des questions... Le seul mec qui a pu me dire simplement ce que c'était, un chercheur de je ne sais plus trop où, me l'a expliqué comme ça: prends un verre de vin, celui que tu es en train de boire. Celui que tu bois tous les jours, que tu connais si bien... Maintenant pose le sur la table. Il est posé, voilà. Il est posé et il ne t'est même pas venu à l'esprit qu'il en puisse être autrement. Maintenant, mets toi dans la peau du physicien quantique. Là le type se ressert un verre de vin, et continue. Voilà, je me sers un verre, je bois un peu, et je le repose. Je m'attends, bien sur, à ce qu'il reste bien tranquille sur la table, mais mon âme de physicien attend autre chose. Elle attend que ce verre passe à travers la table. Moi, incrédule. Lui, de reprendre. Ce verre est formé de matière, et de non matière. On le voit avec les microscopes électroniques. Cet agencement, pour reprendre un terme cher à Deleuze, de matière et non matière, fait que tu vois un verre, une forme, une matière. Maintenant imagine que toute cette matière et cette non matière, du verre et aussi de la table, s'agencent de telle sorte que le verre traverse la table. Physiquement, c'est probable. Personne ne l'a jamais vu, peut être même que personne ne le verra jamais tant la probabilité est faible. La physique quantique, c'est ce raisonnement là. Et le type de finir son verre en riant.
C'est à dire que le problème, la question, plus que la méchanceté, la jalousie, la domination, est pluôt l'égoïsme. La place que j'occupe. Mais la place que j'occupe par rapport aux autres. Car ne peut être égoïste que celui qui vit avec d'autres. Si on vit tout seul, vraiment tout seul, sans parents ni enfants, sans amis ni amour, la on n'est plus égoïste. On est, c'est tout. Mais ça pour nous les humains, c'est pas possible. Tout cela me fait penser à ce bon vieux Krisnamurti. Un livre, tiens, la première et la dernière liberté, préfacé par Huxley. Il nous dit dans ce bouquin que la seule chose que l'on ait, c'est nous. Nous par rapport à nous, nous par rapport a notre femme, nous par rapport à notre chien, notre enfant ou notre collègue, notre dieu (le type est athée, voire agnostique, je me demande toujours). Et qu'avant de penser à bâtir un système il vaudrait mieux qu'on pense à nous bâtir nous. Il ne le dit pas comme ça, car il ne veut pas que l'on soit d'accord avec lui, mais seulement qu'on pense à ce qu'il est en train de nous dire. L'égoïsme peut parfois avoir du bon. Penser à soi avant de penser à tout autre chose, se comprendre soi avant de vouloir comprendre les autres. Voir en soi la part d'égoïsme, car il y en a toujours une, et l'accepter. Et pareil avec la jalousie. Et pareil avec la domination. Ca paraît, et ça me paraît toujours, impossible. Mais je m'en souviens souvent, et ça m'aide à vivre. Mais parlons un peu des sous-menus. La jalousie, l'égoïsme, et tous ces autres trucs si débiles, ça existe, on est d'accord la dessus. La question du sous-menu est de savoir si ça existe avant ou après l'amour, l'altruisme, et tous ces autres trucs si mièvres. Prenons maintenant la questions dans un autre sens, dans le sens de la complexité par exemple. La question devient alors: existe-t-il de la jalousie sans amour, de l'égoïsme sans altruisme? Et, de là, quels sont les relations que l'égoïsme entretient avec l'altruisme. Maintenant, passons à une autre manière de voir: Deleuze, dans son abécédaire, à la lettre A comme animal, nous parle ainsi de la philosophie (décidemment): c'est le moment où tu es à la limite entre la pensée et la non pensée (1). Parler pour les animaux en quelques sortes. Parler non pas pour que les animaux comprennent, ça serait stupide, mais à la place des animaux. C'est à dire essayer de mettre de coté tout cet optimisme, ce pessimisme, cette pensée incessante qui fait de nous des humains, pour voir les choses en face, et en sortir des concepts. Voir les choses en face, c'est voir le monde à travers des yeux nouveaux. C'est le propre de l'artiste, du philosophe (ce cher Deleuze pense la philosophie comme un art), et de l'architecte pardi! Donc, si on suit Deleuze, penser l'égoïsme c'est penser l'égoïsme comme un animal vit l'égoïsme. Un animal sauvage pour l'exemple, les autres sont délà trop embarqués dans nos histoires d'humains. D'abord, un animal ne pense pas l'égoïsme. Nous on pense qu'il agit en égoïste, lui il agit, c'est tout. Le lion agit en égoïste, pense-t-on, parcequ'il vole la part de viande à sa compagne qui l'a pourtant rapportée. Il agit comme ça parcequ'il doit être fort. Le plus fort, au cas ou un autre lion voudrait sa place, voire sa mie. Et la lionne dans tout ça? On pourrait penser qu'elle agit sous une espèce de domination masculine, ou par bêtise qui sait, ou même par altruisme. Mais non, elle aussi, elle agit, et c'est tout. Comme quand elle garde un peu de viande pour ses enfants. Elle ne se pose pas toutes ces questions d'humains bien, ou mal, pensant. Penser l'égoisme, c'est à dire penser la question de l'égoïsme n'est pas si facile. C'est sûrement, comme un peu tout, une histoire complexe. Un autre exemple, floral celui là, encore plus loin de la pensée pour le coup. Il existe des espèces d'arbres, dans la stèpe africaine, qui agissent par cet altruisme dont tu sembles revenu. Evidemment, ils n'agissent pas en fonction de la pensée, ils ne se disent pas, tiens je vais aider mon pote Roger, l'arbre d'à coté, quelquechose me dit qu'il a besoin de moi. Non, c'est purement chimique. Quand une girafe vient bouffer un de ces arbres, qui sont toujours en bande, il émet alors des substances chimiques qui rendent ses feuilles non comestibles. Ces substances se baladent alors dans l'air avec le vent, et voilà que tous les arbres d'à coté se mettent à produire eux aussi cette substance. Pas question de copyright, de copyleft, ou de toute autre type de compétition là dedans. Et bâ la girafe, même si elle a déjà bouffé la moitié du bosquet, se casse quand toutes les feuilles de tous les arbres sont recouvertes de ladite substance. C'est pas l'altruïsme ça? C'est pas de l'entraide ça?
C'est là que je voulais en venir (je parle trop, c'est p't'être vrai, mais j'aime bien. En tout cas ça me sert, à moi). On agit donc par ce que l'on est. Ce que l'on été. Ce que l'on va être. Petit grand, gros, jeune, vieux. En cela on est nature. Mais on agit aussi sur ce que l'on voudrait être, ce que l'on pense pouvoir devenir, ce que l'on pense avoir été. (2) Et le problème qui se pose de lui même. On ne nait pas architecte. On le devient. On l'apprend. Tout comme une lionne ne naît pas chaseuse. Elle devient chasseuse parce que c'est son rôle. Et elle apprend à chasser, et même, ce qui fait partie de son rôle, à laisser la part belle au lion. Elle n'a pas conscience de tout cela. Nous, les humains, on en a conscience. C'est pour ça qu'on a fait le féminisme, pour lutter contre ce système de domination. C'est pour ça qu'on a fait l'école aussi, et entre autres!, parcequ'au delà de lutter contre la domination, nous voulons dire à nos enfants que le monde existe sans cette domination. Mais l'école sert aussi à choisir, dans le meilleur des cas, à choisir la fonction. Chasseuse pour lion, ou architecte! On commence (Je commence, merci maraud), à y voir plus clair. L'école est un moyen par lequel l'homme montre à ses enfants sa manière de voir le monde, mais c'est aussi un moyen qu'il donne à ses enfants de choisir la manière dont ils veulent le voir. Paradoxal tout ça. Donc, dire que l'entraide fait partie du monde tout autant que son corolaire, la compétition, signifierait montrer à nos enfants cette manière de voir le monde. Qu'ils en fassent leur base. Mais alors, me diras tu, les laissera-t-on libres de choisir leur propre manière de voir? Dans la mesure où l'entraide et la compétition sont comprises comme les deux faces d'une même pièce, l'enfant, ou l'élève, restera libre de choisir, et même, ce qui est encore plus fou, de ne pas choisir entre les deux. Mais alors, doit-on leur donner cette vision à nos pauvres petits élèves tout naïfs? Et là, je me réfèrerai à notre discipline, l'architecture. Est il possible, est-il souhaitable de faire de l'architecture sans cette compréhension de l'entraide? Je vois pas bien comment. Tu dois aider le maçon, lui faire des plans, et même lui expliquer quand tu les a mal dessinés. C'est ton rôle. Tu dois aussi aider le type qui veut construire sa baraque, lui dessiner des plans, c'est pour ça qu'il te paye. Notre rôle c'est donc d'aider les gens à construire des choses, avec ce que l'on sait faire, le dessin de lieux, la création d'espaces même si je n'aime pas trop ce mot. Question d'entraide ou je n'y comprends rien. Apres ça viennent évidemment les modalités de l'entraide. Est-ce que j'ai envie d'aider le maçon, est-ce que j'ai envie de faire la maison de ce type. Et puis après les envies viennent les questions d'argent. Est-ce que je vais aider ce type à faire sa baraque huit heures par jours pendant un an, ou seulement une fois par mois parcequ'il faut bien gagner des ronds avec d'autres projets? Mais ça c'est une question personnelle, à laquelle on répond par choix, un peu, ou par contrainte le plus souvent. Ça n'a rien à voir avec la fonction d'architecte (non pas le fait d'être architecte, toi, moi, nous les humains pensant au bien et au mal, à l'argent et au bonheur... La fonction en tant que telle), ce métier où il faut en permanence jongler avec ses capacités de constructeur, d'analyste, d'artiste ou de philosophe. Jongler avec les autres, car on est en permanence au contact de gens qui ont besoin de nous, au sens strict du terme, pour faire un édifice. Et, pour moi, cette question des modalités, ça a encore moins à voir avec l'école d'architecture. ___________________________________________ (1) L'abécédaire de Gille Deleuze, entretiens menés par Claire Parnet, produit et réalisé par Pierre-André Boutang, tourné en 1988, à Paris, diffusé pour la première fois en 1996 sur Arté, au moins quatre heures. (2) L'homme est un animal amphibie qui vit simultanément dans deux mondes : celui du milieu familial et social, de la vie matérielle, de la conscience des choses, et le monde des symboles. Dans notre pensée, nous nous servons d'une grande variété de systèmes de symboles verbaux, mathématiques, plastiques, musicaux, liturgiques, sans lesquels nous n'aurions ni arts, ni sciences, ni lois, ni philosophies, bref, pas même l'embryon d'une civilisation : nous serions des animaux. Message édité par minod le 17-02-2008 à 18:50:09 |
celteja | C'est un forum d'architectes ou de philosophes ? |
maraud | L'architecture sans philosophie ...?
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Message édité par minod le 17-02-2008 à 19:04:49 |
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