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8 utilisateurs inconnus

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Auteur
 Sujet :

Un monde sans école?

 
n°3202
minod
Posté le 09-01-2008 à 15:01:31  profilanswer
 

L’école. Institution indispensable. Institution modèle. Modèle de la surenchère productiviste, modèle de la société telle qu’elle veut se vendre. Pour laquelle elle nous forme, sans même se poser la question d’une alternative. Travaillons plus, gagnons plus, et avec tout ce fric essayons de vendre à notre tour un produit qu'on nous dit dépassé: l’utopie !  
Utopie de comptoir, mais quand même.  
Les réseaux se forment, tels aroots, ou l’échange d’idées prend la place de l’échange de monnaie. Peut être est-ce cela la nouvelle école. Une société sans école?

 

                                 http://images.amazon.com/images/P/0714508799.01.LZZZZZZZ.jpg

  


Message édité par minod le 17-02-2008 à 18:21:35
mood
Partenaire
Posté le 09-01-2008 à 15:01:31  profilanswer
 

n°3203
minod
Posté le 09-01-2008 à 15:47:55  profilanswer
 

... merci "partenaire" ... C'est vrai qu'au moins à l'école y'a pas encore de pub...


Message édité par minod le 17-02-2008 à 17:05:19
n°3230
celteja
Posté le 17-01-2008 à 22:29:14  profilanswer
 

Le rève de tout écolier est peut-être d'un monde sans école mais la réalité de tout être humain est qu'à l'école on apprend (ou devrait apprendre) les bases nécessaires pour évoluer dans ce même monde ...
 
Pour ma part, s'il y a beaucoup de choses que j'ai apprises à l'école et dont je ne me suis jamais servis -et de toute évidence je ne me servirais jamais-, force est de constater que si je connais la réponse à la question basique de combien fait  2 + 2 c'est grâce à l'école.

n°3237
minod
Posté le 21-01-2008 à 15:11:40  profilanswer
 

2+2 ...

 

C'est exactement ça. On nous apprend, à l'école, un mode d'adaptation au monde. L'exemple est foutrement bien choisi. Nous sommes focalisés.
Culture du nombre, de la logique, culture aristotélicienne en quelques sortes. Comme si il n'y en avait pas d'autres.

 


                                                http://www.artlex.com/ArtLex/m/images/mathema_harris.squaroot.lg.gif

  

Un p'tit exemple vaut mieux qu'un long bla-bla:
http://www.betesethommes.fr/75/bet [...] tkine.html

 

Avant l'expo je le connaissais pas ce type, Kropotkine. Et sa théorie de l'entraide comme facteur de l'évolution non plus. A l'école on ne m'a appris que celle de Darwin. A ton avis pourquoi?


Message édité par minod le 18-02-2008 à 10:03:38
n°3239
pol
Posté le 22-01-2008 à 15:34:21  profilanswer
 

Parce que celle de Darwin prend naissance aux temps les plus reculés!
 
Des temps ou l'école n'existait pas, où le cerveau balbutier timidement ses premières interconnextions, dont les principales à entrer en action étaient et sont " jalousie, égoïsme, domination " et cela sur les bases de deux autres données universelles " hasard et temps";  
 
Darwin n'a fait que décrire notre environnement!
 
Kropotkine décrit son idéologie, idéologie que tout le monde espère, que tout le monde veut dans son propre intérieur, en tout cas un bien grand nombre, car on pense que c'est l'assurance d'un monde meilleur, mais pour réaliser ce rêve il faut que 100% des êtres de notre terre banissent à jamais juste les trois tous petits mots cités plus haut, sinon on revient à la théorie habituelle et la boucle est bouclée!!  
 
Nous vivons dans des univers parallèles, enfin c'est ce qu'ils disent "les scientifiques", alors peut être que "moi" d'à côté est beaucoup plus peinard et vit beaucoup mieux, par exemple à s'échanger les filles contre un voir deux kg de carotte suivant la fille (mince j'ai intégrer une donnée de selection) et qu'il ya peut être aussi, obligatoirement, un "toi" minod mais qui lui est fan de Darwin et qui tape sur son clavier sa colère pour dénoncer la théorie de kropotkine, qui régit son monde!
 
Eh oui l'être vivant est ainsi fait! jamais content, alors il s'adapte à son monde qu'il croit être meilleur, mais son pote pas content va tenter de faire mieux, et ainsi de suite ...
 
C'est ce que Darwin a su brillament démontrer, donc logique que tu le retrouve dans tes bouquins.
 
C'est mon avis, mais si tu as mieux je peux essayer de m'adapter !!!!!

n°3316
minod
Posté le 14-02-2008 à 19:41:08  profilanswer
 

Allez, un p'tit tour par la philosophie en passant par la biologie.

 

Y'a un type qui s'appelle Morin, Edgar de son prénom. Ce type essaie de penser la complexité. (si tu veux y'a un tout petit bouquin de lui qui traîne en librairie (1)) Et qu'est ce que ca peut bien nous faire à nous, vas tu me dire, petit humains vivant en 2008 après la naissance de not'cher Jesus Christ, de penser la complexité?

 

Ca nous apprend, un peu, à nous enlever nos oeillères. Je récapitule: D'abord y'a le monde qui vit sa vie. Apres y'a  les humains qui commencent à penser, c'est à dire vivre leur vie en se créant un monde propre, celui de la pensée. Avec la jalousie, l'égoïsme, la domination. On en est plus ou moins là. Mais ces notions que l'on met si facilement en avant ne sont pas les seules. Il y a aussi l'amour, l'altruisme, le partage. C'est ça la complexité. Penser que le monde n'est pas régi par une loi, par mille lois, mais par des relations entre ces lois. - y' pas de haine sans amour qu'on dit -

 

Darwin a raison, pas pour tout, mais en tout cas en mettant en avant la lutte pour la survie en tant que combat, entre le plus adapté et le moins adapté.
Kropotkine a raison, pas pour tout lui non plus, mais en tout cas en mettant en avant la lutte pour la survie en tant qu'entraide, entre le plus adapté et le moins adapté.

 

Franchement, un bébé oiseau, sans l'aide apporté par sa mère et son père, il vit comment?
Et nous, les p'tits humains, sans les autres amimaux, on fait comment? On fait comment pour bouffer? Et les vieux humains, ils font comment? Ils donnent le susucre à leur plante plutôt qu'à leur chien?

 

C'est pas si simple tout ça. Ca se résume pas à une pensée, à une théorie unique, fût-ce-t-elle élégante comme celle de Darwin ou celle de Kropotkine.

 

                              http://www.cine-files.com/cinemaniacs/photos/2002/oct/dictat1.jpg

 

Par contre, là où ça bloque, c'est quand des types comme toi et moi sommes convaincus que l'un ou l'autre a raison, et que les autres ont tort. La seule chose qui pourrait être unique, c'est dieu. Et encore, ils le déclinent en filiales.... Même quand je prends le minod que je suis, je n'existe pas en tant qu'unique (c'est a dire dissocié de tout autre), car je suis de toutes façons raccordé au monde qui m'entoure (ca c'est pour la notion de complexité).
C'est comme les mathématiques, qui ne forment pas seulement une discipline en elle et pour elle, mais se rapportent a tout un tas d'autres disciplines, et donc au monde. Et ainsi de suite, jusqu'à la peinture. Jusqu'à l'architecture.

 

Revenons en à notr'cher Darwin. Et pourquoi, à ton avis, sommes nous sûr de la théorie de Darwin, comme si c'était la seule théorie valable? Et bah parce qu'on nous l'a dit à l'école. On ne nous a pas dit: Darwin a fait une découverte, qui comme toute découverte peut être sujet à réflexion, à contre analyse, à contre découverte. On nous a dit que c'était la seule théorie valable. Ça c'est l'école telle qu'elle est. Elle nous dit ce dont les gens qui ont pensé avant nous étaient sûrs. Peu importe que ce soit vrai ou non. Nos ancêtres les gaulois tu te souviens? Elle nous dit ce que l'on doit savoir. Et pas ce que l'on pourrait savoir, ce que l'on voudrait savoir. Sauf quand on tombe sur un professeur qui donne exactement ce qu'on voulait.... (2)

 

Un petit tour par la philo donc. Commençons par poser des problemes avant de chercher des solutions. Quel problème soulève notre discussion sur Darwin? Une interrogation sur la pensée unique peut être. Mais la pensée unique, franchement, ça ne m'interresse pas beaucoup. C'est à ses antipodes, au niveau de la mise en commun que je concentre mes recherches. Au niveau des réseaux de connaissances, d'échanges, comme aroots peut en faire partie. Et des liens qui existent entre de tels réseaux et l'école.

 

La question pourrait être, s'il faut la formuler, l'école peut elle fonctionner comme un réseau, ou les réseaux sont-il autant de contre pouvoirs face à l'école institutionnalisée? Et, pour aller un peu plus loin, l'architecture est elle plus du domaine de l'école, c'est à dire du savoir-faire, du travail, du monde tel qu'il est, plutôt que du domaine de l'université, c'est à dire du savoir, de la recherche, du monde tel qu'il pourrait être? Les deux mon général. Le but de nos institutions archi-scolaires n'est il pas, pourtant, de faire sortir un quota de jeunes diplomés en architecture, plutôt que de les pousser à réinventer une pratique qui ne demande que cela?

 

                                             http://www.le-quebecois.com/cartes/images/diplome.jpg

 

A l'heure de cette trop fameuse mondialisation, qui s'est déjà amorcée avec l'empire romain, l'empire napoléonnien, et toutes les autres tentatives restées sur la touche, notre fonction d'architecte n'inclut elle pas la prise de conscience de ces notions de mise en commun? Car la mondialisation, c'est bien une mise en commun de notre patrimoine mondial. A tort ou raison d'ailleurs. Et cette mise en commun, c'est tout aussi bien apprendre à travailler avec l'ingénieur qu'avec le maçon. Apprendre à travailler avec le simple boulanger qui veut une maison, avec une ville de vingt millions d'habitants comme Sao Paulo. Et  c'est même apprendre à travailler avec d'autres architectes, pour régler des problèmes comme le plus gros mouvement migratoire contemporain, ces deux cents mille personnes qui affluent chaque jour, dans le monde entier, de leur campagne vers les villes... (3)

 

L'interdisciplinarité qui m'est si chère, et cette notion de complexité citée plus haut, reflètent un peu ce questionnement. Mais seulement si on prend ces notion échelles multiples. Travailler ensemble. Ensemble c'est à dire en se comprenant, en s'entraidant pour reprendre notr'cher Kropotkine.

En un mot, forme-t-on des architectes capables de poser ces problèmes d'entraide nécessaire?

 
_____________________________________________

 

(1) Edgar Morin, introduction à la pensée complexe, Paris, ESF, 1990, 158 p.

 

(2) " Un véritable système éducatif devrait proposer trois objectifs. A tous ceux qui veulent apprendre, il faut donner accès aux ressources existantes, et ce à n'importe qu'elle époque de leur existence. Il faut ensuite que ceux qui désirent partager leurs connaissances puissent rencontrer toute personne qui souhaite les acqérir. Enfin, il s'agit de permettre aux porteurs d'idées nouvelles, à ceux qui veulent affronter l'opinion publique, de se faire entendre. "
Ivan illich, Une société sans école, Paris, Ed. du Seuil, 1971, 187 p.

 

(3) Visionary Power, producing the contemporary city, catalogue de l'exposition de la biennale d'architecture de Rotterdam, NAi Publishers, 2007, 295 .p


Message édité par minod le 18-02-2008 à 10:05:53
n°3317
maraud
Posté le 14-02-2008 à 21:28:41  profilanswer
 

Citation :


. Apres y'a  les humains qui commencent à penser, c'est à dire vivre leur vie en se créant un monde propre, celui de la pensée. Avec la jalousie, l'égoïsme, la domination.


 
Et la  transformation de son milieu ,non ?
 

Citation :

. Même quand je prends le minod que je suis, je n'existe pas en tant qu'unique (c'est a dire dissocié de tout autre), car je suis de toutes façons raccordé au monde qui m'entoure (ca c'est pour la notion de complexité)


 
Et votre "moi",vous y renoncez ?
 
 

Citation :

Revenons en à notr'cher Darwin. Et pourquoi, à ton avis, sommes nous sûr de la théorie de Darwin, comme si c'était la seule théorie valable?


 
Bah! c'est çà ou le " créationnisme" ( 7 jours ? ....)
 
Je trouve quand même dommage que vous n'ayez pas fait allusion à l'Art pour ce qui est de l'architecture.
 
Et à l'Ethique pour ce qui intérresse notre rapport à l'autre.
 
 
je vous taquine. ;)

n°3318
minod
Posté le 14-02-2008 à 22:57:21  profilanswer
 

Citation :

Et la  transformation de son milieu ,non ?

 

Si, biensur. Bizarre que je n'en parle pas.   :heink:

 
Citation :

Et votre "moi",vous y renoncez ?

 

Non, biensur. Un peu moins bizarre que je n'en parle pas vu ma tendance, fâcheuse s'il en est, à m'eparpiller dans tout autre chose que mon moi.  :pt1cable:

 


Citation :

Je trouve quand même dommage que vous n'ayez pas fait allusion à l'Art pour ce qui est de l'architecture.

 

Alors là oui. Et trois fois oui. D'ailleurs si vous pouviez m'en parler de ce rapport entre art et architecture, et arriver à mettre ça en lien avec toute cette question sur l'école, j'avancerai bien plus vite dans ma pensée. Et je vous remercierai mille fois, en plus.

  


Citation :

Bah! c'est çà ou le " créationnisme" ( 7 jours ? ....)

 


Non pas du tout. Faudrait r'garder un peu les posts précédents, et leurs liens (voir la vidéo!) :

 

http://www.betesethommes.fr/75/bet [...] tkine.html

 

(là c'est moi qui joue l'taquin...)

 


Quand à ce qui est de l'éthique, parlons en, mais un peu, la discution sur l'art et l'archi m'interessant beaucoup  plus. Franchement, avoir besoin de l'éthique pour régler les problèmes insolvables, genre le clonage ou pas, ça je peux comprendre. Mais pour ce qui est de notre profession c'est quoi? Faire ou non une architecture pourrie? Ta ta ta. Y'a pas un type sur terre qui rêve de faire une architecture pourrie. C'est faire ou non une architecture pourrie parcequ'on a pas d'autres moyens, ou même pire parcequ'il faut bien faire bouffer ses gosses? Moi je vois pas le problème d'éthique de l'architecte (en tant que professionnel et non en tant qu'homme), voire d'éthique de l'architecture, je vois plutot un problème d'éthique personnelle. Que je peux très bien comprendre d'ailleurs. Mais ça ça reste du ressort de chacun, personne n'ira demander à un architecte de crever la dalle parcequ'il faut arrêter d'engraisser les poches de tous ces promotteurs et autres faiseurs d'argent. Ca marche pas comme ça.

 

                              http://www.ldesign.com/KGLPhoto/Photos/OnEthics/Cut-Ethics.jpg

 

Ce dont on parle (ce dont Je parle, mon Moi est revenu), c'est de l'architecte en tant que personne capable de faire de l'architecture. Ce à quoi nous forme une école en somme. L'école ne peut pas nous imposer une éthique, elle en serait incapable. Par contre elle peut nous enseigner une maniere de voir, de sentir, de faire de l'architecture. Et c'est là l'objet de ma question. L'école peut elle fonctionner comme un réseau, comme celui-ci, où les profs, les élèves, et les autres, soient conscients que l'entraide est nécessaire, tout comme la compétition l'est?


Message édité par minod le 18-02-2008 à 10:06:52
n°3319
pol
Posté le 15-02-2008 à 01:07:58  profilanswer
 

Citation :

[quote][/Et qu'est ce que ca peut bien nous faire à nous, vas tu me dire, petit humains vivant en 2008 après la naissance de not'cher Jesus Christ, de penser la complexité?


Point de jésus ou de dieu, dans mon cerveau le premier est à la rubrique "mensonges" et l'autre aux "affaires non classées"
 

Citation :

Avec la jalousie, l'égoïsme, la domination. On en est plus ou moins là. Mais ces notions que l'on met si facilement en avant ne sont pas les seules. Il y a aussi l'amour, l'altruisme, le partage. C'est ça la complexité. Penser que le monde n'est pas régi par une loi, par mille lois, mais par des relations entre ces lois. - y' pas de haine sans amour qu'on dit - "


 
Jalousie, égoïsme, domination sont les bases même du monde qui nous entoure, pas uniquement humain, ils raisonnent dans le monde microscopique comme à l'échelle de l'univers et amour, altruisme, partage ne sont que des sous-menus et s'il n'y a pas de haine sans amour,comme tu dis, il ya toujours de la haine avant l'amour car l'indifférence est pour moi une haine passive.
 

Citation :

Un petit tour par la philo donc. Commençons par poser des problemes avant de chercher des solutions. Quel problème soulève notre discussion sur Darwin? Une interrogation sur la pensée unique peut être. Mais la pensée unique, franchement, ça ne m'interresse pas beaucoup. C'est à ses antipodes, au niveau de la mise en commun que je concentre mes recherches. Au niveau des réseaux de connaissances, d'échanges, comme aroots peut en faire partie. Et des liens qui existent entre de tels réseaux et l'école."


 
Penser, réfléchir, imaginer, s'inventer un ? ... mais c'est le propre de l'homme, tu n'es pas le premier et tu ne seras pas le dernier!!
 
Pour confidence, quand tu as posé ton sujet, je n'ai pu m'empêcher de faire un parralèle avec une autre interrogation qui m'avait et me pose encore problème de compréhention, qui est la physique quantique.
Dans le même esprit que ton exercice de pensée sur l'évolution, à une époque je m'étais interrêssé à l'expérience de pensée d'un physicien nomé Edwin Shrodinger, qui, par ses idées nouvelles, bousculait et bouscule certaines idée reçues apprissent dans nos écoles, l'idée qu'une énergie énorme existait dans un espace que nous appelons communement vide, ben... c'est pas facile à imaginer encore moins à comprendre et le seul moyen c'est un retournement complet du cerveau, d'ailleurs il image sa théorie de probabilité avec un certain chat mort ou vivant ou les deux à la fois en superposition...bien plus compliqué que les pinsons de Darwin.
 
Pour moi, ton Kropotkine c'est mon Shrodinger, je veux bien mais faut du temps, j'ai beau chassé mes bases rationnalismes inculquées en écoles par la porte, elles reviennent toujours par la fenêtre, comme d'hab...
 
 
 
 

n°3320
minod
Posté le 15-02-2008 à 04:12:37  profilanswer
 

Pour la physique quantique, on est deux à se poser des questions... Le seul mec qui a pu me dire simplement ce que c'était, un chercheur de je ne sais plus trop où, me l'a expliqué comme ça: prends un verre de vin, celui que tu es en train de boire. Celui que tu bois tous les jours, que tu connais si bien... Maintenant pose le sur la table. Il est posé, voilà. Il est posé et il ne t'est même pas venu à l'esprit qu'il en puisse être autrement. Maintenant, mets toi dans la peau du physicien quantique.

 

Là le type se ressert un verre de vin, et continue. Voilà, je me sers un verre, je bois un peu, et je le repose. Je m'attends, bien sur, à ce qu'il reste bien tranquille sur la table, mais mon âme de physicien attend autre chose. Elle attend que ce verre passe à travers la table.

 

Moi, incrédule. Lui, de reprendre.

 

Ce verre est formé de matière, et de non matière. On le voit avec les microscopes électroniques. Cet agencement, pour reprendre un terme cher à Deleuze, de matière et non matière, fait que tu vois un verre, une forme, une matière. Maintenant imagine que toute cette matière et cette non matière, du verre et aussi de la table, s'agencent de telle sorte que le verre traverse la table. Physiquement, c'est probable. Personne ne l'a jamais vu, peut être même que personne ne le verra jamais tant la probabilité est faible. La physique quantique, c'est ce raisonnement là.

 

Et le type de finir son verre en riant.

  
Citation :

Jalousie, égoïsme, domination sont les bases même du monde qui nous entoure, pas uniquement humain, ils raisonnent dans le monde microscopique comme à l'échelle de l'univers et amour, altruisme, partage ne sont que des sous-menus et s'il n'y a pas de haine sans amour,comme tu dis, il ya toujours de la haine avant l'amour car l'indifférence est pour moi une haine passive.

 


Bien d'accord avec toi sur l'indifférence. Mais par contre avec ce qui devance, un peu moins. La jalousie, l'égoïsme, la domination sont les bases même du monde qui nous entoure. Jusqu'ici tout va bien. Pas uniquement humain, ils raisonnent dans le monde microscopique comme à l'échelle de l'univers. Là aussi, on se comprend, mis à part le fait que je vois mal une planète être jalouse d'une autre. La domination, à la limite, de la terre sur la lune, je peux l'entrevoir, même si c'est plus de l'antropomorphisme que du constat. Et l'égoïsme, c'est ce que notr'cher Darwin montre et démontre avec ses petits oiseaux. Chacun pour soi!

 

C'est à dire que le problème, la question, plus que la méchanceté, la jalousie, la domination, est pluôt l'égoïsme. La place que j'occupe. Mais la place que j'occupe par rapport aux autres. Car ne peut être égoïste que celui qui vit avec d'autres. Si on vit tout seul, vraiment tout seul, sans parents ni enfants, sans amis ni amour, la on n'est plus égoïste. On est, c'est tout. Mais ça pour nous les humains, c'est pas possible.

 

Tout cela me fait penser à ce bon vieux Krisnamurti. Un livre, tiens, la première et la dernière liberté, préfacé par Huxley. Il nous dit dans ce bouquin que la seule chose que l'on ait, c'est nous. Nous par rapport à nous, nous par rapport a notre femme, nous par rapport à notre chien, notre enfant ou notre collègue, notre dieu (le type est athée, voire agnostique, je me demande toujours). Et qu'avant de penser à bâtir un système il vaudrait mieux qu'on pense à nous bâtir nous. Il ne le dit pas comme ça, car il ne veut pas que l'on soit d'accord avec lui, mais seulement qu'on pense à ce qu'il est en train de nous dire. L'égoïsme peut parfois avoir du bon. Penser à soi avant de penser à tout autre chose, se comprendre soi avant de vouloir comprendre les autres. Voir en soi la part d'égoïsme, car il y en a toujours une, et l'accepter. Et pareil avec la jalousie. Et pareil avec la domination. Ca paraît, et ça me paraît toujours, impossible. Mais je m'en souviens souvent, et ça m'aide à vivre.

 

Mais parlons un peu des sous-menus. La jalousie, l'égoïsme, et tous ces autres trucs si débiles, ça existe, on est d'accord la dessus.
                                         http://didier.huard.free.fr/Chanel-egoiste-355.jpg

 

La question du sous-menu est de savoir si ça existe avant ou après l'amour, l'altruisme, et tous ces autres trucs si mièvres.

 

Prenons maintenant la questions dans un autre sens, dans le sens de la complexité par exemple. La question devient alors: existe-t-il de la jalousie sans amour, de l'égoïsme sans altruisme? Et, de là, quels sont les relations que l'égoïsme entretient avec l'altruisme.

 

Maintenant, passons à une autre manière de voir: Deleuze, dans son abécédaire, à la lettre A comme animal, nous parle ainsi de la philosophie (décidemment): c'est le moment où tu es à la limite entre la pensée et la non pensée (1). Parler pour les animaux en quelques sortes. Parler non pas pour que les animaux comprennent, ça serait stupide, mais à la place des animaux. C'est à dire essayer de mettre de coté tout cet optimisme, ce pessimisme, cette pensée incessante qui fait de nous des humains, pour voir les choses en face, et en sortir des concepts. Voir les choses en face, c'est voir le monde à travers des yeux nouveaux. C'est le propre de l'artiste, du philosophe (ce cher Deleuze pense la philosophie comme un art), et de l'architecte pardi!

 

Donc, si on suit Deleuze, penser l'égoïsme c'est penser l'égoïsme comme un animal vit l'égoïsme. Un animal sauvage pour l'exemple, les autres sont délà trop embarqués dans nos histoires d'humains. D'abord, un animal ne pense pas l'égoïsme. Nous on pense qu'il agit en égoïste, lui il agit, c'est tout. Le lion agit en égoïste, pense-t-on, parcequ'il vole la part de viande à sa compagne qui l'a pourtant rapportée. Il agit comme ça parcequ'il doit être fort. Le plus fort, au cas ou un autre lion voudrait sa place, voire sa mie. Et la lionne dans tout ça? On pourrait penser qu'elle agit sous une espèce de domination masculine, ou par bêtise qui sait, ou même par altruisme. Mais non, elle aussi, elle agit, et c'est tout. Comme quand elle garde un peu de viande pour ses enfants. Elle ne se pose pas toutes ces questions d'humains bien, ou mal, pensant. Penser l'égoisme, c'est à dire penser la question de l'égoïsme n'est pas si facile. C'est sûrement, comme un peu tout, une histoire complexe.

 

Un autre exemple, floral celui là, encore plus loin de la pensée pour le coup. Il existe des espèces d'arbres, dans la stèpe africaine, qui agissent par cet altruisme dont tu sembles revenu. Evidemment, ils n'agissent pas en fonction de la pensée, ils ne se disent pas, tiens je vais aider mon pote Roger, l'arbre d'à coté, quelquechose me dit qu'il a besoin de moi. Non, c'est purement chimique. Quand une girafe vient bouffer un de ces arbres, qui sont toujours en bande, il émet alors des substances chimiques qui rendent ses feuilles non comestibles. Ces substances se baladent alors dans l'air avec le vent, et voilà que tous les arbres d'à coté se mettent à produire eux aussi cette substance. Pas question de copyright, de copyleft, ou de toute autre type de compétition là dedans. Et bâ la girafe, même si elle a déjà bouffé la moitié du bosquet, se casse quand toutes les feuilles de tous les arbres sont recouvertes de ladite substance. C'est pas l'altruïsme ça? C'est pas de l'entraide ça?

 

      http://www.zombiemedia.org/IMG/gif/amour_hum_materi.gif

 


Non, bien sur que non, parce que l'entraide est une notion qui vient de la pensée. Tout comme la compétition d'ailleurs. La nature est. La animaux, les fleurs, les planètes n'agissent pas en fonction de quelque chose. La nature agit par ce qu'elle est. Et nous aussi, les p'tits humains, parce que nous aussi on fait partie de notre mère nature, comme disent certains.

 

C'est là que je voulais en venir (je parle trop, c'est p't'être vrai, mais j'aime bien. En tout cas ça me sert, à moi). On agit donc par ce que l'on est. Ce que l'on été. Ce que l'on va être. Petit grand, gros, jeune, vieux. En cela on est nature. Mais on agit aussi sur ce que l'on voudrait être, ce que l'on pense pouvoir devenir, ce que l'on pense avoir été. (2) Et le problème qui se pose de lui même.

 

On ne nait pas architecte. On le devient. On l'apprend. Tout comme une lionne ne naît pas chaseuse. Elle devient chasseuse parce que c'est son rôle. Et elle apprend à chasser, et même, ce qui fait partie de son rôle, à laisser la part belle au lion. Elle n'a pas conscience de tout cela. Nous, les humains, on en a conscience. C'est pour ça qu'on a fait le féminisme, pour lutter contre ce système de domination. C'est pour ça qu'on a fait l'école aussi, et entre autres!, parcequ'au delà de lutter contre la domination, nous voulons dire à nos enfants que le monde existe sans cette domination. Mais l'école sert aussi à choisir, dans le meilleur des cas, à choisir la fonction. Chasseuse pour lion, ou architecte!

 

On commence (Je commence, merci maraud), à y voir plus clair. L'école est un moyen par lequel l'homme montre à ses enfants sa manière de voir le monde, mais c'est aussi un moyen qu'il donne à ses enfants de choisir la manière dont ils veulent le voir. Paradoxal tout ça. Donc, dire que l'entraide fait partie du monde tout autant que son corolaire, la compétition, signifierait montrer à nos enfants cette manière de voir le monde. Qu'ils en fassent leur base. Mais alors, me diras tu, les laissera-t-on libres de choisir leur propre manière de voir? Dans la mesure où l'entraide et la compétition sont comprises comme les deux faces d'une même pièce, l'enfant, ou l'élève, restera libre de choisir, et même, ce qui est encore plus fou, de ne pas choisir entre les deux.

 

                                                    http://www.eriding.net/images/thinkers_cartoon.jpg

 

Mais alors, doit-on leur donner cette vision à nos pauvres petits élèves tout naïfs? Et là, je me réfèrerai à notre discipline, l'architecture. Est il possible, est-il souhaitable de faire de l'architecture sans cette compréhension de l'entraide? Je vois pas bien comment. Tu dois aider le maçon, lui faire des plans, et même lui expliquer quand tu les a mal dessinés. C'est ton rôle. Tu dois aussi aider le type qui veut construire sa baraque, lui dessiner des plans, c'est pour ça qu'il te paye. Notre rôle c'est donc d'aider les gens à construire des choses, avec ce que l'on sait faire, le dessin de lieux, la création d'espaces même si je n'aime pas trop ce mot. Question d'entraide ou je n'y comprends rien.

 

Apres ça viennent évidemment les modalités de l'entraide. Est-ce que j'ai envie d'aider le maçon, est-ce que j'ai envie de faire la maison de ce type. Et puis après les envies viennent les questions d'argent. Est-ce que je vais aider ce type à faire sa baraque huit heures par jours pendant un an, ou seulement une fois par mois parcequ'il faut bien gagner des ronds avec d'autres projets? Mais ça c'est une question personnelle, à laquelle on répond par choix, un peu, ou par contrainte le plus souvent. Ça n'a rien à voir avec la fonction d'architecte (non pas le fait d'être architecte, toi, moi, nous les humains pensant au bien et au mal, à l'argent et au bonheur... La fonction en tant que telle), ce métier où il faut en permanence jongler avec ses capacités de constructeur, d'analyste, d'artiste ou de philosophe. Jongler avec les autres, car on est en permanence au contact de gens qui ont besoin de nous, au sens strict du terme, pour faire un édifice. Et, pour moi, cette question des modalités, ça a encore moins à voir avec l'école d'architecture.

 

___________________________________________

 

(1) L'abécédaire de Gille Deleuze, entretiens menés par Claire Parnet, produit et réalisé par Pierre-André Boutang, tourné en 1988, à Paris, diffusé pour la première fois en 1996 sur Arté, au moins quatre heures.

 

(2) L'homme est un animal amphibie qui vit simultanément dans deux mondes : celui du milieu familial et social, de la vie matérielle, de la conscience des choses, et le monde des symboles. Dans notre pensée, nous nous servons d'une grande variété de systèmes de symboles verbaux, mathématiques, plastiques, musicaux, liturgiques, sans lesquels nous n'aurions ni arts, ni sciences, ni lois, ni philosophies, bref, pas même l'embryon d'une civilisation : nous serions des animaux.
Haldous Huxley, préface de La première et dernière liberté, par Krishnamurti, éd. Stock, 1966, 294 p.


Message édité par minod le 17-02-2008 à 18:50:09
n°3321
celteja
Posté le 15-02-2008 à 17:32:05  profilanswer
 

C'est un forum d'architectes ou de philosophes ?

n°3322
maraud
Posté le 15-02-2008 à 17:39:40  profilanswer
 

L'architecture sans philosophie ...?
 
C'est la construction de cabanes ?... non ?
 
Si l'architecture est une activité culturelle d'une part et :[" ce qu'il reste une fois la pierre otée"] que reste-t-il ?
 
mais bon ! je ne suis pas architecte,je peux me tromper.

n°3323
maraud
Posté le 15-02-2008 à 18:31:20  profilanswer
 

Citation :

Alors là oui. Et trois fois oui. D'ailleurs si vous pouviez m'en parler de ce rapport entre art et architecture, et arriver à mettre ça en lien avec toute cette question sur l'école, j'avancerai bien plus vite dans ma pensée


 
 
Vrai ...! J'ai été un peu trop prompt à répondre,je me suis donc pris les pieds dans un "persepctivisme" improbable
 
Vous êtes un peu fautif aussi,à citer  Kropotkine  sans précaution !  :pt1cable:  
 
 

Citation :

Jalousie, égoïsme, domination sont les bases même du monde qui nous entoure, pas uniquement humain


 
Dans le "monde" non humain,cela semble être la règle qu'aucune norme ne puisse s'installer,remarquez comme la nature est une suite d'exorbitations,de ruptures de normes,en ce sens la norme absolue est "une certaine harmonie" dans l'expenssion généralisée.La stagnation est alors une prémisse de la mort Darwin a "tout bon"
 
Chez l'homme ,c'est "la volonté de puissance",c'est-a-dire le même scénario,mais saisie par une conscience
 

Citation :

Il nous dit dans ce bouquin que la seule chose que l'on ait, c'est nous. Nous par rapport à nous, nous par rapport a notre femme, nous par rapport à notre chien, notre enfant ou notre collègue


 
"Nous" comme principe de toutes méditations.Ah...là ! c'est vous qui revenez au "moi".  :lol:  
 
 

Citation :

Et qu'avant de penser à bâtir un système il vaudrait mieux qu'on pense à nous bâtir nous.


 
Nous faisons pourtant l'inverse,car hélas la connaissance de soi implique un "retournement de l'esprit qui se saisi de lui-même",seulement juger d'une chose c'est la poser comme objet de réflexion,donc s'en extraire pour le coup .On obtient donc une projection de son intériorité dans la réalité (transformation de son environnement que l'on batit à l'image confortable et rassurante de notre monde intérieur,intime .Humm! encore de l'exorbitation...)
 
Mais la transformation de la réalité en un nouvelle agencement née d'une "contorsion mentale" est bien plus proche de la production artistique que philosophique .On dit que la raison mène le monde,mais on prie Saint "principe de précaution" de venir à notre secours... :cry:  
 

Citation :


Mais parlons un peu des sous-menus. L'amour, l'altruisme, et tous ces autres trucs si mièvres. Ca existe, on est d'accord la dessus. La question du sous-menu est de savoir si ça existe avant ou après la jalousie, l'égoïsme, et tous ces autres trucs si débiles.  :hello:


 
Oui, après les pulsions et désirs,viennent les valeurs Ethique,devoirs que l'on se donne pour règles,et qui se justifient par le respect,la dignité (comme possibilité d'élévation personnelle façon Kantienne) :sleep:  
 
 
Pour la suite de votre reflexion,je citerais Schopenhaueur ( aphorismes sur la sagesse dans la vie) au PUF (se lit d'un trait)
 
Ainsi que Boris "Cyrulnik" (orthographe ?) (L'ensorcellement du monde) un traité éthologique très frais et enrichissant.
 

n°3324
pol
Posté le 15-02-2008 à 23:06:14  profilanswer
 

Citation :

C'est un forum d'architectes ou de philosophes ?


 
Ok parlons architecture!
 
Pourquoi ne pas être resté aux bases de l'habitat; cylindre / cône ou au carré / triangle ?  :jap:  
 
C'est quoi qui vous pousse à triturer à tout rompre ces figures si parfaites ?  :fou:  
 
Sur quel imaginaire de construction fonctionnez-vous ?  :whistle:  
 
Quelle partie interne de votre client vous interrêsse le plus ?? ( j'ai dis interne  :pfff: )
 
Ma petite idée  :??: : Un architecte est tout simplement pas un philosophe de la ligne mais son problème s'est qu'il s'ignore ! :lol:  
 

Citation :

mais bon ! je ne suis pas architecte,je peux me tromper.


 

n°3325
minod
Posté le 16-02-2008 à 13:04:57  profilanswer
 

Citation :

Oui, après les pulsions et désirs,viennent les valeurs Ethique,devoirs que l'on se donne pour règles,et qui se justifient par le respect,la dignité (comme possibilité d'élévation personnelle façon Kantienne) :sleep:


 
Ouais ouais ouais. Kant et sa morale. Kant et sa raison. Kant et son éthique... Pour le coup ce type a compris des choses vraiment interessantes, mais ce ne sont pas celles la pour moi. Franchement, cette vivion du jugement perpétuel, et tout ce qui en découle, le bien et le mal, le bon et le mauvais, la pulsion et la morale, le désir et l'éthique, ça me saoule un peu à force. Ces antagonismes existent, d'accord, mais y'a pas que ça. Ce n'est pas l'unique grille d'analyse des comportements humains. Tout comme la psychanalyse n'est pas la seule grille de lecture des pathologies mentales. Tout comme le modernisme n'est pas la grille de lecture unique des problèmes architecturaux. Complexité je disais.
 
Mais là où Kant nous apporte un changement radical, c'est dans la vision du temps qu'il nous apporte. Pour faire simple, avec Kant, le temps devient linéaire (1). Késako? Le temps cyclique est le temps en dehors de nous les p'tits humains, le temps des saisons par exemple. Et le temps linéaire c'est le temps en nous. Le vision d'un temps subjectif. Genre, une demi heure heure dans le métro à écouter de la musique n'est pas la même demi heure dans les montagnes à écouter le bruissement du vent dans les mélèzes.
 

Citation :

C'est un forum d'architectes ou de philosophes ?


 
Et en archi ça veut dire quoi tout ce bla-bla pseudo-philosophique va me demander celteja ?  
 
On connait tous Le Corbusier, même les non architectes. Et qu'est ce qu'il dit ce type sur l'architecture? Il dit, entre autres, que l'archi doit se comprendre comme un parcours (2). Et il n'est pas le seul à l'avoir dit d'ailleurs. L'architecture en tant que parcours, c'est l'architecture qui s'intéresse au temps. Mais au temps subjectif, car le parcours est fait par un sujet.  
 
                         http://www.xltblog.net/images/time.jpg
 
Voilà donc ce qui m'intéresse, Pol, dans l'architecture. Tous ces liens avec les autres choses que l'architecture, qui vont m'aider dans sa compréhension, et par la même dans sa pratique. L'architecture est au centre de mes préoccupations, mais pour qu'il y ait un centre, il faut qu'il existe une périphérie (encore cette fameuse notion de complexité!). Périphéries qui sont elle même des centres. Et cela vaut autant pour la philosophie, pour la biologie qui sont des centres pour leurs chercheurs, et des périphéries pour moi, que pour une banlieue parisienne, qui est elle aussi un centre pour les gens qui y habitent (même si on veut à tout prix les stigmatiser comme banlieusards)!
 
__________________________________
 
(1) " Le temps n’est pas quelque chose qui existe en soi, ou qui soit inhérent aux choses comme une détermination objective, et qui, par conséquent, subsiste, si l’on fait abstraction de toutes les conditions subjectives de leur intuition ; dans le premier cas, en effet, il faudrait qu’il fût quelque chose qui existât réellement sans objet réel. Mais dans le second cas, en qualité de détermination ou d’ordre inhérent aux choses elles-mêmes, il ne pourrait être donné avant les objets comme leur condition, ni être connu et intuitionné a priori (…) ; ce qui devient facile, au contraire, si le temps n’est que la condition subjective sous laquelle peuvent trouver place en nous toutes les intuitions. Alors en effet cette forme de l’intuition interne peut être représentée avant les objets, et par suite, a priori ".
Emmanuel Kant, Critique de la raison pure, Esthétique transcendantale, 1781
 
(2) La villa Savoye en est un exemple.


Message édité par minod le 17-02-2008 à 19:04:49

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